Samedi 2 août 2008
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ONE DAY AS A LION : One Day as a Lion EP (Anti Rec., 2008)
Hormis à l'occasion de la sortie de quelques titres épars, notamment avec DJ SHADOW, on avait peu entendu parler de
Zack De la Rocha depuis le split de
RAGE AGAINST THE
MACHINE. La reformation du combo de fusion californien – pour l'instant uniquement sous forme d'une
tournée mondiale – a remis au goût du jour (?) l'amalgame rap et rock. Profitant de cette embellie commerciale, le leader de RATM nous livre donc 5 titres enregistrés avec
Jon Theodore, ancien batteur de
MARS VOLTA. Le résultat manque cruellement d'originalité, si l'on excepte un titre où De la Rocha s'essaie au chant à proprement parler
(Ocean View). Pour le reste, on a
droit à un flow toujours très incisif et revendicateur, mais dont l'accompagnement musical peine à proposer plus qu'une grosse basse et des arrangements sans cette flamme qu'apportait
Morello. Il vaut mieux vivre un jour comme
un lion que cent ans comme un mouton, certes. Peut-être que le lion De la Rocha s'est trop longtemps reposé sur ses lauriers car créativement, il semble aussi inoffensif que le chiot de ma
voisine. 3/5
le myspace de One Day as a Lion
MGMT : Oracular Spectacular (Red Ink/Columbia, 2008)
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la pochette d'Oracular Spectacular m'a laissé perplexe. Et pourtant,
j'ai persévéré, me disant qu'il s'agissait d'un mauvais goût assumé et que le contenu saurait contredire mes préjugés les plus tenaces. C'était sans compter sur les 10 titres qui composent le
premier album du duo new-yorkais comprenant Ben Goldwasser et Andrew Van Wyngarden. Claviers dégoulinants, gargouillis électroniques kitchissimes et choeurs eighties que l'on croyait définitivement enterrés, voici les
armes (fatales) de MGMT, cocktail
indigeste de Bowie
(période Let's Dance), Mika et les KINKS remixés à la sauce électro-psychédélique. Bien
sûr, on ne peut que fondre à l'écoute de certaines mélodies (Wicked Wars), mais le plus souvent, les enchainements se révèlent embarrassants, tant le duo semble vouloir en mettre plein la vue, malheureusement
sans ligne directrice et avec un goût pour le moins discutable. Alors, MGMT, nouvelle coqueluche indie? Fer de lance du néo-psychédélisme? Je vous laisse seuls juges. 2,5/5
le myspace de MGMT
SOILENT GREEN : Inevitable Collapse in the Presence of
Conviction
(Metal Blade, 2008)
Un chanteur mort dans un accident de la route, un autre emporté par l'ouragan Katrina, un bassiste assassiné. Il ne fait pas
bon trainer dans le giron de SOILENT GREEN, collectif grindcore issu de la Louisiane qui nous avait pondu un Sewn Mouth Secrets mémorable il y a de cela dix ans. Une fois recruté un
nouveau brailleur, en la personne de Brian Patton (EYEHATEGOD), la bande s'est gentiment remise en selle : guitares heavy teintées de saveurs sudistes, hurlement gutturaux et
rythmique effrénée. Pas de doute, il s'agit bien des mêmes larrons survoltés. On remarquera cependant que la modulation du chant de Patton est moins marquée que celle de Ben Falgoust qui
passait de piaillements suraigus à des beuglements d'ours mal léché. De même, la production se révèle nettement plus clean, à l'image des guitares qui n'émettent plus ce bourdonnement
d'equalizer à fond les ballons. De la belle ouvrage, malgré tout. On notera, une fois n'est pas coûtume, l'artwork assez particulier : exeunt les inclinations néo-romantiques ; cette fois-ci, on
aura droit à des personnages de comics signés John Van Fleet. 3,5/5
le myspace de Soilent Green
ERYKAH BADU : New Amerykah part 1 (4th World War) (Universal Motown, 2008)
La véritable diva de la soul des 90's est de retour cinq ans après un Worldwide Underground pour le moins méprisé par
la presse, ceci fort injustement, si vous voulez mon avis. Nous voici donc embarqués dans un train à destination de cette Amérique de tous les paradoxes et de toutes les promesses : système de
santé déplorable, société en manque de repères... Une ambiance assez désespérée qui nous poursuit d'un bout à l'autre et qui est particulièrement manifeste sur la conclusion apocalyptique de
Twinkle. On signalera également l'hommage émouvant à J Dilla, producteur de hip hop décédé en 2006, sur Telephone. Si l'on fait abstraction des textes, on est en présence
d'une musique très rafraichissante, qui mêle avec un bonheur inégalé soul, hip hop et funk, melting pot explicité par la pochette de ce New Amerykah, clin d'oeil évident à
PARLIAMENT/FUNKADELIC. 4/5
le myspace de Erykah Badu
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