Californication (Série TV, Tom Kapinos)

Publié le par Systool


Exceptions faites de quelques immondes navets (Beethoven, Evolution), David Duchovny est resté pour moi cet agent du paranormal un peu cul serré dénommé Mulder. Il faut dire que la série X-Files, dont je n'ai jamais été très fan (et dont un deuxième film va sortir dans l'indifférence générale), a eu son heure de gloire dans les années quatre-vingt dix (pfff... difficile de ne pas écrire « nonante », en bon suisse que je suis). C'est donc avec une certaine curiosité que j'ai abordé Californication, série estampillée Showtime et produite par un certain Tom Kapinos. Le titre permet de bien situer la chose : ça se passe à Venice, CA et ça fornique sec. En bref, Hank Moody (D. Duchovny) est un écrivain dont le dernier roman God hates us all a été plébiscité par le public. On en a même fait une sirupeuse adaptation cinématographique appelée A Crazy Little Thing called Love. Sauf que le spectre de la page blanche plane dangereusement sur Hank qui émet de sérieux doutes quant à ses capacités à être plus qu'un simple one hit wonder (traduisons cela par pétard mouillé histoire de...). Ce dernier comble alors son ennui dans l'alcool et les histoires d'une nuit. Avouez qu'il y a pire, comme stratégie. Ce mode de vie ne semble pas enchanter son ex-copine Karen (Natascha McElhone) et sa fille Becca (Madeleine Martin) qui par ailleurs ferait mieux d'arrêter la guitare... Les choses se corsent lorsque parmi la flopée de demoiselles qu'il entraîne dans sa couche, Hank « tombe » sur Mia (Madeline Zima) qui, pour la petite histoire, vient de fêter ses 16 ans et se trouve être la fille de Bill, futur mari de Karen. Vous suivez? Un rectangle amoureux quelque peu cabossé, en somme!

 



Seul le spectateur naïf pourrait s'étonner de la prestation de Duchovny qui, en effet, navigue dans un rôle à contre-emploi, mais qui n'en est pas moins acteur et donc, par définition, un individu pouvant endosser différents costumes. Il a d'ailleurs obtenu le Golden Globe pour sa performance dans la catégorie Comédie. Hank Moody sera donc provocateur, frimeur et totalement irresponsable, des caractéristiques qui, admettons-le sans sourciller, auraient mal passé s'il s'agissait de traquer des aliens. Hank évolue tout au long de ces 12 épisodes, la clope au bec, le regard hagard et un sens du verbe appréciable, optant pour des balades nocturnes dans sa Porsche poussiéreuse. Alors évidemment, et c'est peut-être un sentiment de frustration toute masculine, il est par moments pénible de le voir lever à chaque épisode du gibier bien frais qui lui tombe droit dans la bouche sans qu'il n'ait rien à faire. On se dit qu'il a la classe et qu'au fond, on est en Californie. Ceci permet aux scénaristes de tourner en dérision les tabous américains en matière de sexualité et d'illustrer cette perte totale de repères et cette absence de sentiments qui poussent chacun à s'envoyer en l'air sans se poser trop de questions, un peu à la manière des premiers romans de Bret Easton Ellis. Les drogues (et composés affiliés) tiennent également le haut du pavé, puisque Hank n'hésite pas à se descendre une bonne bouteille dès qu'il en a l'occasion ou de se fumer des kékés avant une séance de contorsions compulsives. Comme pour clore la triade Sex, Drugs and Rock'n'Roll, on notera avec plaisir que les références musicales foisonnent : du strict point de vue de la bande-son, on a droit à du Dylan, Rolling Stones et des groupes alternatifs actuels. On se délectera aussi des clins d'oeil dans les titres des épisodes (Hell-A Woman) et les romans de Hank (God hates us all, Seasons in the Abyss et South of Heaven sont des noms d'albums de... SLAYER!), sans parler de la référence évidente à l'album des RED HOT CHILI PEPPERS qui ont sauté sur l'occasion pour coller un procès à Showtime.


Après DEXTER, WEEDS ou encore THE TUDORS, la chaine américaine montre qu'elle a encore de beaux jours devant elle en matière de séries TV de qualité. Nul doute que le parcours bukowskien de Hank saura être apprécié par les adeptes du trash et du flash.

 


Californication

USA – 2007

produit par Tom Kapinos

avec D. Duchovny, N. McElhone, M. Martin

 

 


Publié dans TV Series

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SysTooL 16/03/2009 20:43

C'est vrai que c'est bien marrant...

willycat 16/03/2009 18:32

Complètement déjanté, j'adore.

Sith 06/09/2008 13:25

Vivement la saison 2 ;)

Systool 06/09/2008 13:34


;-)


SysTooL 24/08/2008 21:10

D : Yo D! Décidément, tu es un amateur de blondes... euh, non, de rousses aussi... euh, bon... je crois simplement que tu aimes les belles femmes... en cela, nous avons un point commun ;-) (certains aiment-ils les moches?)DEXTER!!!Oui, de garde aujourd'hui... je profite enfin de ma soirée pour répondre aux commentaires :-)

D&D 24/08/2008 14:57

Salut Doc', Je m'étais finalement laissé tenter par cette série dont je ne suis encore qu'au début et, ma foi... je me marre bien.Je diverge un peu avec toi sur un point : je ne ressens pas de rapport avec BEE, mais c'est peut-être parce que j'en suis au début.Sinon, j'avoue être assez raide dingue de Natascha McElhone depuis Solaris...Ton billet me rappelle aussi que Dexter, oui, je pense que j'essaierai. C'est dimanche, alors tiens bon la garde, doc !PS : "pétard mouillé", non mais vraiment, hein, vraiment... :-)