NIRVANA : Discographie commentée

Publié le par Systool

Je me suis longtemps questionné sur l'utilité d'un article au sujet de NIRVANA. Après tout, le net regorge de biographies et d'analyses sur le groupe-phare du « grunge ». Mais finalement, je me suis dit qu'une brève description des albums de Cobain et consorts pourrait être sympathique... so let's go!


BLEACH (1989)

 

Les débuts de NIRVANA chez Sub Pop, label devenu mythique et qui comptait dans ses rangs SOUNDGARDEN et MUDHONEY. Kurt Cobain et Krist Novoselic, membres fondateurs du groupe, sont accompagnés de Chad Channing (qui laissera sa place à Dave Grohl quelques mois plus tard), hormis sur trois titres (Floyd the Barber, Downer et Paper Cuts) enregistrés avec Dale Crover. On sent l'influence de formations heavy telles que les MELVINS ainsi que du punk rock (Negative Creep). Bleach comprend les singles Blew et Love Buzz, ainsi que About a Girl, un titre qui acquerra une plus grande notoriété dans sa version unplugged. Un album devenu le plus vendu pour SUB POP après la sortie de Nevermind.


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NEVERMIND (1991)

 

Tout a été dit sur cet album légendaire des 90s. Il est certainement le plus célèbre de NIRVANA, probablement le plus efficace et peut-être le meilleur – pour ma part, j'ai toujours eu un faible pour IN UTERO – et pour cause, il contient déjà une poignée de titres qui figurent dans les pages dorées du rock moderne : l'aquatique Come as you are, la désespérée Something in the Way, la rageuse In Bloom et une certaine Smells like Teen Spirit, qui incarne tout le mal-être de la génération Nirvana. La légende voudrait que Krist Novoselic ait fait les gros yeux en entendant pour la première fois le riff principal de Smells like... que Kurt Cobain venait de composer, tout fier... comme quoi... Hormis ces titres, on retrouve d'autres excellentes pistes comme Drain You, la maniaco-dépressive Lithium, la triste Polly ou encore Breed et Territorial Pissings, plus énervées. On l'aura compris, rien à jeter sur ce Nevermind dont on critiquera la production polissée de Butch Vig (futur batteur de GARBAGE) mais qui expulse toute la rage et l'angoisse de son leader, accompagné brillamment par le rythme nerveux de Dave Grohl et le discret Krist Novoselic. La naissance fracassante du grunge au niveau commercial.


INCESTICIDE (1992)

 

Une collection de B-Sides enregistrées entre 1988 et 1991 qu'il serait fort dommage de négliger, tant les perles abondent. On songe notamment à Dive, Stain et Been a Son. On remarquera le sens de l'humour absurde de Cobain qui baptise ses chansons Aero Zeppelin ou encore Hairspray Queen et qui reprend la paisible Polly dans une version électrisée. A noter une reprise de DEVO (Turnaround) et deux de VASELINES (Molly's Lips, Son of a Gun), un groupe écossais que Cobain a repris également sur son Unplugged. Sa fille, Frances Bean, aurait reçu ce nom en hommage à Frances Mc Kee, chanteuse des VASELINES.


 

IN UTERO (1993)

 

L'après-Nevermind (si l'on excepte Incesticide) se fera dans la fureur et plus que jamais dans le désespoir. On ressent davantage ces sentiments dans la production brute de Steve Albini (deux semaines d'enregistrement) et surtout dans les complaintes d'écorché vif de Cobain, au fond du gouffre. La musique de NIRVANA s'est souvent distinguée par une alternance entre de belles mélodies, généralement assez simples, et des parties plus rugueuses, comme on peut le constater sur Rape Me, Heart-shaped Box ou Pennyroyal Tea. Parmi les titres qui sortent du lot, on ajoutera l'introductive Serve the Servants, l'électrisante Radio Friendly Unit Shifter ou la conclusive All Apologies. En raison de textes passablement explicites (de quoi?) et de l'artwork torturé de Cobain, la censure s'est fait entendre, comme pour le zizi de la couverture de Nevermind. En effet, s'il s'agit de CANNIBAL CORPSE, tout le monde s'en fiche éperdument, mais lorsque des dizaines de CD estampillés In Utero trônent sur les rayons des grands magasins, c'est une autre histoire.


UNPLUGGED IN NEW YORK (1994)

 

A l'instar de PEARL JAM qui se plie à l'exercice quelques mois auparavant, NIRVANA possède un répertoire qui se prête plutôt bien à un concert acoustique, tant les ballades mélancoliques abondent sur Nevermind ou In Utero : All Apologies, Pennyroyal Tea, Something in the Way, sans oublier l'ancienne About a Girl tirée de Bleach. De plus, le choix judicieux des reprises (Meat Puppet, Bowie) fait de Unplugged in New York un témoignage essentiel du groupe qui prend véritablement une dimension supplémentaire grâce à cet album paru quelques mois après le décès de Cobain et produit par Scott Litt (REM, INCUBUS). A noter que Unplugged n'est pas synonyme de qualité, puisque récemment les vrombissants KORN ont eu la mauvaise idée d'en sortir un.


Plus de dix après le décès de son frontman, NIRVANA est définitivement entré dans la légende du rock. La disparition subite de Cobain, qui plus est jeune et dans des circonstances mystérieuses (?), lui a valu le privilège d'accéder au cercle fermé des artistes maudits tels que Hendrix ou Morrison. Un paquet de dollar est également en jeu et au nom des millions de fans désireux d'obtenir TOUT ce que Cobain a enregistré, une série incalculable de coffrets posthumes est parue ces dernières années. Il serait fastidieux de les décrire tous, d'autant que certains n'en valent pas vraiment la peine...


 

FROM THE MUDDY BANKS OF THE WISHKAH (1996)

 

Un témoignage live efficace qui contient des chansons enregistrées entre 1989 et 1994 - année du décès de Cobain - à Seattle, Amsterdam, Londres ou encore Rome. Smells like Teen Spirit, Heart-Shaped Box, Drain You, Lithium et Polly sont de la partie.


WITH THE LIGHTS OUT (2004)

 

Une quantité impressionnante de chansons pour ce joli coffret (3 CDs, 1 DVD) : des versions démos des plus grands tubes, des titres inédits et des reprises étonnantes (LED ZEPPELIN, LEDBETTER, VASELINES, VELVET UNDERGROUND).

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Publié dans Rock Classics

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