HELMET : Your Contribution left unnoticed... (bio)
Groupe culte s’il en est, HELMET est à considérer comme l’alternative « East Coast » aux groupes de Seattle qui ont explosé au début des 90s (SOUNDGARDEN, NIRVANA, PEARL JAM). La bande de Page Hamilton a proposé en quelques années d’activité un rock hardcore et metal aux influences variées, allant du post-punk de SONIC YOUTH et KILLING JOKE aux arrangements et rythmiques jazzy que leur leader affectionne. On retrouve les gènes helmetiens dans le patrimoine de groupes actuels tels que KORN ou SYSTEM OF A DOWN, alors même que HELMET n’a pu bénéficié à son époque du succès escompté.
Le premier album du combo New-Yorkais s’intitule Strap it on (1991) et il se révèle d’une agressivité sonique confondante. Sa production très brute et la voix hargneuse d’Hamilton (également à la guitare) lui donnent cet aspect « coup de poing » dont peu de fans se sont relevés. Les autres musiciens, c’est-à-dire le bassiste Henry Bogdan, le batteur John Stanier (TOMAHAWK) et le guitariste rythmique Peter Mengede tirent leur épingle du jeu en nous livrant un hardcore-metal puissant mais dénué des clichés disgracieux du genre, notamment sur des titres comme Sinatra, Bad Mood ou Murder. Le deuxième LP de HELMET, Meantime, paraît l’année suivante et il est à considérer comme leur meilleur témoignage d’un rock abrasif et passionné, au son net et à la démarche novatrice. Signé sur le label Interscope, qui a produit également MARILYN MANSON, EMINEM ou encore LIMP BIZKIT, Meantime recèle des pépites comme Turned out, Role Model et In the Meantime, sans oublier Unsung, un titre plus délicat et accessible que les autres.

Cependant, il faut remarquer que les objectifs et espoirs mis en HELMET ne seront jamais confirmés au niveau commercial. Alors que Interscope se frottait les mains après avoir arraché le groupe à son petit label indépendant (Amphetamine Reptile) pour la modique somme d’un million de dollars, le groupe ne parviendra jamais à bénéficier de l’exposition médiatique d’un NIRVANA. Les raisons sont multiples, mais le son si particulier de HELMET, le manque de charisme sur scène d’Hamilton et le simple fait que la mode était au grunge déprimé sont certaines hypothèses que l’on peut avancer. Après le départ de Mengede, remplacé par Rob Echeverria, Hamilton et ses amis se lancent sur leur prochain méfait, le curieux Betty qui malgré la présence de bons titres (Milquetoast ou encore Biscuit for Smut) ne parvient pas à convaincre totalement. L’étendu éventail stylistique que Page Hamilton met en avant (il reprendra le jazzy Beautiful Love de Dizzie Gillespie) ne l’aidera pas à conquérir un public rock trop obtu pour ce genre de fantaisies.
Echeverria - qui était entré dans le groupe quelques mois auparavant - plie bagage en 1995 et rejoint les hardcore-boys de BIOHAZARD, Hamilton se chargeant de toutes les parties de guitare sur le quatrième album de HELMET, Aftertaste (1997). Reléguant l’originalité et la versatilité de Betty aux oubliettes, le groupe nous livre un disque monotone et bruyant qui ne semble s’appuyer que sur la puissance brute et instinctive, à l’image de Pure et Exactly what you wanted. Non, les amis, ce n’est pas exactement ce que nous voulions… et c’est bien dommage. Il semblerait alors que les carottes soient cuites pour la formation de Page Hamilton qui met la clé sous le paillasson en 1999. Hamilton se consacre alors à d’autres projets, notamment avec NINE INCH NAILS, et compose des musiques de films (Titus, SWAT).

Frank Bello, Page Hamilton, Chris Traynor et John Tempesta : le Helmet nouvelle mouture
En 2003, HELMET renait de ses cendres avec un line-up tout frais que l’ami Page nous a concocté : Chris Traynor à la six cordes, John Tempesta (WHITE ZOMBIE) derrière les fûts et le vétéran Frank Bello (ANTHRAX) à la basse. Sans tenir toutes ses promesses, l’album Size Matters se révèle plutôt réjouissant, notamment à l’écoute de titres comme Speak and spell et Smart, même s’il montre une progression relativement mince par rapport aux premiers jours. 2004 voit la sortie d’une compilation regroupant les meilleurs titres des quatre premiers albums du groupe ainsi que d’agréables surprises comme Just another Victim, en compagnie d’HOUSE OF PAIN, morceau que le groupe avait enregistré à l’occasion du mythique Judgement Night, battle sonore entre rockeurs et rappeurs. Ce Unsung : The Best of Helmet 1991-1997 est à considérer comme une excellente manière de découvrir les New-Yorkais et leur son si influent auprès des cadors du nu-metal.
Enfin, un nouvel album, Monochrome, est prévu pour la mi-2006...