PEARL JAM : State of Love and Burst (biographie)

Publié le par Systool

 
En cette fin des années 80, la scène rock de Seattle est en pleine ébullition. Difficile de mettre le doigt sur les motifs de cet engouement. La ville de l’Etat de Washington, à l’extrémité Nord-Ouest des Etats-Unis, au climat maussade et au taux de suicide parmi les plus hauts du pays, ne semble pas autrement se démarquer significativement d’autres centres américains.
 
La création du label SUB POP ainsi que l’émergence de certaines formations comme SOUNDGARDEN, MOTHER LOVE BONE et bientôt NIRVANA contribueront pourtant à faire de Seattle le centre névralgique du mouvement grunge.
 
 
Les PEARL JAM se forment vers 1991 et sont composés d’anciens MOTHER LOVE BONE (dont le chanteur Andrew Wood meurt d'une overdose en 1990, le reste du groupe enregistrant pour lui un album hommage, Temple of the Dog). Au chant, Eddie Vedder, à la gratte Mike Mc Cready et Stone Gossard, Jeff Ament à la basse et Dave Krusen derrière les fûts. Quinze ans plus tard, la formation est identique si l’on excepte les changements fréquents de batteur.



 
L’origine du nom PEARL JAM est sujet à controverse mais cette « confiture de Pearl » ferait référence à la grand-mère de Vedder… Quoi qu’il en soit, le groupe publie son premier effort, Ten, en 1992. La déferlante NIRVANA vient juste d’éclater et face au succès instantané de PEARL JAM, nombreux seront les journalistes à tracer des parallèles – souvent stupides – et à créer des rivalités inexistantes entre les deux formations de Seattle. Il faut bien dire qu’outre le fait de partager des textes assez désespérés et de jouer une musique dure, les deux groupes n’ont pas grand-chose en commun. Il faut aller chercher dans le punk les racines de NIRVANA, dont les compositions partagent l’urgence et la simplicité. Dans le cas de PEARL JAM, la technique bien supérieure des guitaristes et les influences du hard-rock et des RAMONES sont plus marquées.
 



Bref, ce premier album jouit d’un succès immédiat grâce aux singles Alive et Jeremy, deux très belles pièces traitant un sujet de prédilection chez Vedder : la relation parent-enfant. D’autres chansons comme Once, Even Flow, Black ou Garden valent également le détour. Propulsé au rang d’icônes du grunge, le groupe se fendra même d’un unplugged pour MTV avant la sortie de son deuxième album, le poignant VS.
 
La production avertie de Brendan O’Brien, qui ne les quittera plus, confère un son plus brut de décoffrage à l’album. Le groupe va plus droit à l’essentiel, délaissant quelque peu les rythmiques hard-rock pour nous livrer des riffs assassins et les cris rageurs de Vedder. Pour preuve les énormes Go, Animal, Dissident ou Rearviewmirror. Mais PEARL JAM excelle déjà dans un exercice où ils seront rois : la ballade rock, dont Daughter et Elderly Woman… sont deux parfaits exemples, teintés d’émotion sans jamais être mièvres.
 

 

L’année suivante coïncide avec le décès de Cobain et la sortie du Superunknown de SOUNDGARDEN. Pour PJ, il s’agit de leur troisième LP en autant d’années. Peut-être moins agressif mais plus sombre que son prédécesseur, Vitalogy se révèlera également une réussite. Encore une fois, les brûlots Last Exit, Spin the Black Circle et Whipping cotoient des titres plus soft comme Nothingman, Better Man et Immortality. Le groupe commence timidement à expandre ses territoires soniques : on a déjà eu droit à un WMA aux percussions tribales sur VS. Cette fois-ci, un accordéon mène le bal sur le délirant Bugs et des chœurs vaudous accompagnent Aye Davanita. Enfin cet album bénéficie, comme les suivants, d’une pochette soignée sous la forme d’un livret plutôt que d’un vulgaire boîtier en plastique. Ceci sera désormais une constante chez PJ dont les ventes de chaque album se chiffrent par ailleurs en millions…
 
 
La farandole des batteurs continue – Dave Abruzzese, présent sur VS et Vitalogy, avait pris la place de Krusen – et c’est alors Jack Irons qui intègre le groupe pour les deux albums suivants, No Code et Yield. Le premier paraît en 1996 et son titre en dit long…sur son caractère énigmatique. Les Américains se sont quelque peu assagis et malgré certaines pistes bien rock où l’on sent la patte d’un Neil Young, qu’ils vénèrent, on a droit à des plages acoustiques ou world telles que l’introductif Sometimes, Who are you ou Off he goes. Vedder joue moins au gueulard (quoique sur Lukin…) et sa voix chaude se pose à merveille sur les notes du duo Gossard/Mc Cready. Le bassiste Ament participe également à l’élaboration de quelques compos (Smile, Hail Hail).
 

 

En 1998, le groupe remet ça avec Yield – « cédez le passage » – dont la pochette représente une longue route se perdant à l’horizon. Et autant dire que l’on a encore envie de faire un bout de chemin avec PJ, tant leurs compositions, éraillées ou mélodieuses, sonnent juste. A cette époque, la plupart des groupes militant sur la même scène que PEARL JAM ont disparu ou sont moribonds – NIRVANA, ALICE IN CHAINS ou SOUNDGARDEN – et la bande à Vedder semble vouloir adopter un son différent, plus mature et recherché – à l’instar de REM qu’ils apprécient – alors que leur porte-parole nous livre des textes qui, même s’ils sont personnels, ont une résonance plus universelle. D’ailleurs, le groupe n’hésite pas à offrir un morceau ou une prestation scénique en faveur des victimes de la guerre ou d’autres catastrophes.
 



Parmi les titres qui parsèment Yield, on citera Brain of J et son riff à la fois simple et stylé, mais aussi les touchantes Given to fly et MFC, les délicats Low Light et Wishlist ou encore All those Yesterdays, hommage évident aux BEATLES. Vedder semble jeter un regard sur ces années passées sur la route et en studio, routine valable pour tous mais dont il paraît pouvoir encore tirer des motivations. La même année sort Live on two Legs, témoignage live et clin d’œil au stonien Do the Evolution présent sur Yield. Il faut dire que PJ gâte ses fans puisqu’on ne compte plus le nombre d’albums enregistrés en concert. En effet, on aura droit les années suivantes à une collection impressionnante de CD live ; plus d’une trentaine pour autant de dates et de villes dans le monde entier.
 
Avec la précision d’un métronome, le groupe nous offre un nouvel album en 2000 et change par la même occasion de batteur. C’est désormais l’ancien SOUNDGARDEN Matt Cameron qui prend la place laissée vacante par Jack Irons. Binaural à la pochette stellaire est composé de titres cependant plus terre-à-terre et autant dire que PEARL JAM ne décolle pas souvent si l’on excepte les jolies Light Years, Thin Air ou un Insignificance bien senti. Un album en demi-teinte, donc, mais personne n’est parfait.
 

 

En 2002, un nouvel album studio sort dans les bacs. Et cette fois, on est plaisamment surpris par Riot Act, un disque riche, varié et fort, à l’image de Save you, I am mine ou All or none, trois excellentes pistes. Les guitares sonnent, les tambours claquent et Vedder brame plus que jamais. Enfin, l’année suivante verra la sortie d’une collection de B-Sides et de raretés, Lost Dogs, qui ravira le fan ultime mais qui présente un intérêt somme toute moyen pour l’auditeur lambda.

EDIT : Enfin, 2006 voit la sortie de l'éponyme Pearl Jam (chronique ici).
 
Près de quinze ans d’activité et PEARL JAM répond toujours à l’appel, enclin à nous livrer sa musique passionnée. L’abilité de ses membres ainsi que leur recherche de nouvelles sonorités leur a permis de ne pas sombrer dans la répétition. Ceci et l’universalité du message de PEARL JAM en font un groupe de tout premier plan dont il serait dommage de passer à côté.

Le site officiel de Pearl Jam
 

Publié dans Rock Classics

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Chtif 26/06/2006 18:11

Bonjour à tous,
je me permets de mettre un lien vers la chronique du dernier Pearl Jam que je viens de poser sur mon blog naissant: http://chtif.over-blog.com/article-3114652.html , chronique pas forcément dithyrambique d'ailleurs...  mais il faut bien donner plusieurs opinions, non?
A bientôt

Systool 26/06/2006 19:04

Ciao Chtif! ;-) cool ta chronique!!!

Bastien 06/10/2005 21:02

pearl jam....j'ai un CD (celui on l'on voit des squelettes avec des couronnes sur la pochette) et je l'ai ecouté une fois quand j'avais 12 ans, je l'ai catalogué "inecoutable"...4 ans plus tard (il y a quelques mois) je decide de refaire une descente dans les vieux CD de mon cher popa, et je retrouve cette merveille.
depuis il traine entre dionysos et les red hot sur mon ampli =D

tres bon groupe !

SaHz°Rock 02/10/2005 15:04

coucou je suis tombé o assar sur le blog en cherchent deftones mon groupe préféré franchement il est génial se blog moi je suis un fan de rock !!!!

REP : Merci pour le commentaire. Content que tu trouves ton "bonheur" ici

Caline 25/09/2005 14:58

Très très bon ça Pearl Jam, j'avais l'album No Code mais j'ai malheuresement dû m'en séparer il y a quelques temps déjà ! Il va falloir que je me l'offre à nouveau ! Sinon, que dire d'autre que...Bravo !!!! bisous Nicolas.

REP : Bon NO CODE c'est pas le meilleur Pearl Jam mais par contre je crois qu'un Best of est sorti : REARVIEWMIRROR Greatest Hits 1991-2003. C'est pas mal A+

Lélé 25/09/2005 14:33

J'accroche pas a Pearl Jam.
J'dois pas avoir écouter le bon....J'irai a o'cd demain, pour vérifier ca.

REP : je sais pas s'il y a d'autres PJ...