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Je tente depuis le mois d'avril 2005 de vous exposer mes passions en matière de musique, surtout rock et jazz, mais aussi mes coups de coeur cinéma et littéraires. Ce blog a une fonction de plate-forme afin que d'autres internautes partageant les mêmes centres d'intérêt (ou étant simplement curieux) puissent interagir. Vous remarquerez qu'il existe des lecteurs qui vous permettent d'écouter gratuitement des chansons (mp3, flash) ou de visualiser des clips. Bon surf, profitez bien et n'oubliez pas qu'un petit mot de votre part est toujours reçu agréablement...

 

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Lundi 12 mai 2008

CYPRESS HILL prévoit une fin de semaine plutôt sombre avec ce deuxième album succédant à l'éponyme de 1991. Ceci peut-être en raison de la journée de repos que les dealers de weed californiens prennent le dimanche... Quoi qu'il en soit, le succès de ce Black Sunday (plus de 3 millions d'albums vendus aux USA) est amplement mérité et a permis au trio latino de figurer parmi les formations de hip hop les plus influentes de la première moitié des années 90. Plus dark que les classiques How I could just kill a Man et Stoned is the Way of the Walk, les titres de ce LP regorgent de beats qui claquent, de sonorités lancinantes laissant un peu de côté les délires plus funky des débuts. Les rappeurs B-Real (Louis Freese) et Sen Dog (Senen Reyes) sont en forme, le premier ayant pitché sa voix nasillarde encore plus haut tandis que Sen s'est spécialisé dans les back ups avec sa voix de goret, même s'il nous livre quelques excellents couplets. Les textes traitent des deux sujets de prédilection de CYPRESS HILL : leurs truculentes histoires de gangsters et l'aspect récréatif de la consommation massive d'herbe. DJ Muggs (Lawrence Muggerud), quant à lui, nous régale avec ses samples tirés de sa jolie collection de vinyles, allant du funk au rock, en passant par le jazz.


 

 


Black Sunday débute avec I wanna get high, histoire de nous plonger directement dans l'ambiance enfumée du studio. On retrouve la voix de chinois contrarié de B-Real et les cuts répétitifs de Muggs, véritables marques de fabrique de CYPRESS. L'énergique I ain't goin' out like that prend le relais, suivi par Insane in the Brain, sur lequel les vocalistes jouent les neurologues en nous faisant part de l'atteinte de la membrane synaptique de leurs neurones qui ont dû virer au vert ganja (insane in the membrane!). Inutile de mentionner son sample équin hyperconnu qui n'est pas sans rappeler le Jump Around de HOUSE OF PAIN, produit quelques mois plus tôt par... DJ Muggs! Le trio poursuit sur ces bases, avec force basses rampantes (Lick a Shot), une touche de ragga (Cock the Hammer) et leur propagande en faveur du cannabis, notamment sur l'interlude Legalize it ou l'explicite Hits from the Bong, véritable invitation au voyage avec Air Jamaica. Ce dernier titre présente par ailleurs un sample de Son of a Preacher Man de Dusty Springfield qui montre combien le groupe ratisse large en matière d'influences puisque l'on retrouvera, au détour de Black Sunday, des reprises de James Brown, BLACK SABBATH (l'harmonica de I ain't goin' out like that) ou encore Joe Zawinul. CYPRESS HILL ont mis un point d'honneur, toute leur carrière durant, à collaborer avec des musiciens issus de milieux différents, comme la scène rock (FEAR FACTORY, RAGE AGAINST THE MACHINE, DEFTONES) et des barons du hip hop tels que OutKast ou GZA, cherchant constamment à renouveler leur son, avec une réussite variable, certes. Ils ont utilisé notamment une touche plus psychédélique et doom (Temples of Boom, 1995), du rap-metal (Skull & Bones, 2000) et du reggae (Till Death do us part, 2004).

 

 



Parmi les tracks qui concluent cet album épique, on citera A to the K, sur lequel Sen et B se relaient efficacement, Hand of the Glock, une resucée de Hand on the Pump présent sur l'album précédent, mais aussi l'orgue malicieux de What go around come around, Kid. Le son CYPRESS atteint une dimension moins enjouée avec Black Sunday et la formation poursuivra dans ce sens avec III : Temples of Boom, un album un peu glauque qui a reçu des critiques mitigées tant les membres semblent parfois forcer le trait jusqu'à la caricature. Mentionnons d'ailleurs la guéguerre (passagère) qui faisait rage à l'époque entre les trois latinos et ICE CUBE pour une sombre histoire de « copiage » et qui mena à des comportements stupides sur scène, lorsque B-Real et Sen Dog exhortaient la foule à insulter l'ancien membre de NWA qui le leur rendait bien. Black Sunday demeure quant à lui un condensé de violence digne d'une bande dessinée associée à l'humour potache de ses vocalistes, le tout en 14 titres essentiels qui ont assis durablement la réputation de CYPRESS HILL.

 

 


CYPRESS HILL – Black Sunday (Ruff House / Columbia, 1993)


par Systool publié dans : Hip Hop
Mercredi 7 mai 2008

J'avoue que le premier effort de Jack White en compagnie de Brendan Benson au sein des RACONTEURS ne m'avait pas transcendé, mais n'étant pas rancunier pour un sou, j'ai décidé d'accorder une seconde chance, ce par l'entremise de Rémi (PLANET GONG) et de Dom, dont le bon goût n'est plus à prouver et qui ont encensé ce Consolers of the Lonely. Et bien m'en a pris, puisque sans révolutionner quoi que ce soit, ce deuxième album des fabulateurs du Michigan décline quatorze pièces plutôt efficaces. Après un départ bluesy, toutes guitares dehors, on a droit à un titre dans la lignée d'un WHITE STRIPES Salute your Solution – puis la ballade de rigueur avec Benson au piano. You don't understand me nous permet d'apprécier un joli refrain, tandis que l'intermède aérien nous renvoie aux pires heures du rock FM. Heureusement, la conclusion tapotante et pianistique ne manque pas de style, la section rythmique des GREENHORNES (Patrick Keeler et Jack Lawrence) suivant le broussailleux leader à la trace. La country entraînante de Old Enough comprend des violons virevoltants et un clavier mutin, et il est intéressant de constater la mutation du titre à mi-course, une guitare revêche faisant son entrée de façon passagère. The Switch and the Spur représente sans doute l'un des meilleurs témoignages de Consolers of the Lonely. Des brass semblant tout droit tirés du Grand Wazoo de Zappa (entendez : grandiloquents avec cette touche d'ironie chère au Maître) cotoient la basse glapissante de Keeler. Après deux minutes empruntant un tempo de sénateur, on part dans un trip avec force trompettes et solo hendrixien. Hold up nous rappelle que les RACONTEURS viennent tout de même de la ville qui a donné naissance aux sexuels STOOGES (même si les premiers n'hésitent pas, dans ce cas, à parsemer ce brûlot de wah wah).

 

 



Top Yourself navigue sur des territoires moins urbains, avec sa slide et son chant traînant, tandis que les instrumentations fastueuses reprennent le haut du pavé avec Many Shades of Black, une nouvelle démonstration de l'aisance de ces musiciens, surtout lorsqu'on considère son refrain déchirant et sublime. White et ses potes prennent un malin plaisir à alterner des pièces montées avec d'expéditifs hamburgers parfois dispensables mais à la saveur éprouvée (Five on the Five). Attendez, la formation ne comprend pas le rockeur le plus successful de ces dix dernières années pour rien. On verrait bien Attention sur l'album Era Vulgaris des QOTSA, ce qui aurait sensiblement relevé le niveau de cette bouze (qui a dit que je n'étais pas rancunier?). On croirait entendre Jagger et ses amis sur la brève Pull this Blanket off, alors que Rich Kid Blues exhibe un curieux amalgame d'arpèges country-sants, de claviers débridés et de hurlements dignes des pires représentants du rock pompier 80's. Consolers of the Lonely se termine sur une note plus apaisée avec l'acoustique These Stones will shout, même si la deuxième partie du titre voit l'entrée de six cordes rugissantes, Benson et White reprenant en choeur le refrain. Enfin, le quatuor entonne un blues dans la pure tradition de ces conteurs nostalgiques (Carolina Drama).

 

 



En somme, les blablateurs reviennent en grande forme. On avait critiqué Broken Boy Soldier en prétextant que White n'avait pas suffisamment de place pour s'exprimer et comme ce deuxième album est quasi-unanimement considéré comme meilleur, on s'est empressé d'affirmer que c'était grâce au talent du frontman des WHITE STRIPES. Il est vrai que son influence semble prépondérante sur certains des meilleurs titres (ceux à l'instrumentation plus riche, notamment) qui nous renvoient clairement aux pérégrinations de Icky Thump. Mais il serait injuste de ne pas louer le talent de Benson qui a sans aucun doute contribué massivement à la réussite de Consolers, aussi perfectible soit-il. Et puis, comme pour les STRIPES, le quartette possède cette lucidité consistant à inclure, outre l'aspect purement musical, une thématique, un look (les bardes du XXIème siècle) et une bonne dose de perversion commerciale, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Rappelons que ce deuxième album est paru à peine quelques jours après avoir été annoncé (les coquins!). Les journalistes détestant les surprises – ils doivent se préparer psychologiquement à toute sortie – la moue était de rigueur. Mais en tant qu'auditeur, il serait tout à fait inopportun de bouder cette livraison.

 

 



THE RACONTEURS – Consolers of the Lonely (2008, Warner Bros)

 

 











THE RACONTEURS - Salute your Solution


 

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