I. Gontcharov : Oblomov

Publié le par Systool

Dans The Big Lebowski, on suit The Dude, un parangon de la glande qui passe ses journées à fumer des joints et jouer au bowling. Ce film culte n'est certainement pas la première oeuvre traitant de la procrastination intempestive. En effet, on peut volontiers citer l'essai Le Droit à la Paresse de Lafargue (1880) ou l'Eloge de l'Oisiveté de Russell (1932) ou encore (un mix des deux) L'Eloge de la paresse affinée de Vaneigem paru il y a une dizaine d'années. Mais les joies de l'un des sept péchés capitaux étaient déjà abordées dans un roman bien particulier de l'âge d'or de la littérature russe : Oblomov d'Ivan Gontcharov. Celui-ci relate dans sa première partie une journée d'Ilia Ilitch Oblomov, lascif propriétaire terrien vivant à St-Pétersbourg. C'est bien simple, le garçon passera les deux cent premières pages du récit allongé dans son lit, incapable de prendre la moindre décision. Il faut dire qu'il n'est pas aidé par Zakhar, l'archétype du serviteur russe, râleur et tire-au-flanc, qui se contente de balayer un coin de la pièce et piquer dans le porte-monnaie de son maître. Les différents visiteurs, dont le truculent Tarantiev, ne se gênent pas pour déblatérer leurs conseils et se servir également dans la caisse.

 

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Accablé par deux problèmes majeurs (libérer son appartement et mieux gérer les finances de ses terres à la campagne), Oblomov pourra bénéficier du soutien de son ami Stolz, mi-russe mi-allemand qui a fait ses classes avec Ilia et qui est bien décidé à lui secouer les puces. Sans lui, Ilia se retrouverait sans le sou et à poil dans la rue, mais les vieux démons sont toujours à la porte. Oblomov est souvent considéré comme un personnage typique de la culture russe - l'homme oisif - et le roman s'avère une satire de la société aristocratique du XIXème siècle. Dans un style qui emprunte aux Byron et autres Hugo, la plume de Gontcharov recèle les qualités (et les défauts) de la littérature russe de l'époque : de la verve, de l'ironie et une touche de lyrisme. Les saynètes entre Oblomov et ses différents visiteurs en sont des exemples parfaits. Sauf qu'à la différence d'un Gogol qui peut s'emporter tout en restant concis, Gontcharov a parfois la fâcheuse tendance à s'éterniser, même si cela peut se révéler une façon expérimentale de plonger le lecteur dans les abîmes lazy de son personnage...

 

Il y a 150 ans déjà, Oblomov se prélassait dans sa robe de chambre élimée, feuilletant nonchalamment les pages d'un roman. On appelait cela l'oblomovisme... aujourd'hui, il y a Lebowski, votre voisin no life et les otaku japonais. Autres temps, autres moeurs? (C) Systool, 12/2010

 

Ivan Gontcharov – Oblomov

disponible aux Editions Livre de Poche

Publié dans Books

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Commenter cet article

search more 11/12/2014 12:14

Ha I think this is so funny that the whole is revolving around that particular plot and I must I was pretty much impressed at first, but when we go deeper into the matter it turns out that there is not much substance left.

SysTooL 11/02/2011 16:19



Oblomov est désespérant de passivité... au moins, The Dude est marrant!!



Sycophante 11/02/2011 16:15



J'adore ce type de personnage !


Ca me donne envie de me refaire une partie de bowling...



SysTooL 10/02/2011 21:16



Ah mais en fait les 200 premières pages où il ne se passe rien sont les plus palpitantes ah ah...



caroleRxQ 10/02/2011 20:35



Ahahah! J'adore...Mais la NoLife que je suis ne lira pas ce , j'en doute pas un instant, magnifique roman car j'aurai trop peur de m'endormir à la 100em page :)