SYSTEM OF A DOWN : Toxicity (chronique, 2001)

Publié le par Systool

1998 : le metal est en sérieuse perte de vitesse. Les cadors du genre sont à la traine et proposent souvent les mêmes recettes éculées : SEPULTURA, SLAYER, FEAR FACTORY ou KORN. Un groupe de Californiens d’origine arménienne surgit alors dans le paysage moribond des metalleux : SYSTEM OF A DOWN. Alliant la puissance de feu de SEPULTURA et RAGE AGAINST THE MACHINE à la folie furieuse de FAITH NO MORE, ils cassent la baraque lors du OZZFEST 1998. Leur premier album éponyme fait l’effet d’une bombe et des titres tels que Suite-Pee, Sugar, Spiders et War ? font partie des incontournables du genre. Trois ans plus tard, Serj Tankian et ses amis doivent faire face aux attentes de la frange métallique du rock et ainsi prouver qu’ils ne sont pas le groupe d’un seul album.

 




Toxicity, dès les premières notes de Prison Song, nous montre de quel bois se chauffent les Arméniens. Un metal sans concession, aux couplets trippés et aux refrains massifs. Les riffs assassins de Daron Malakian s’enchainent avec des arpèges délicats, comme sur ATWA ou Toxicity. La section rythmique formée par Shavo Odadjian et John Dolmayan fait des ravages en martelant sans cesse les oreilles endolories du pauvre auditeur. Quant à Serj Tankian, le chanteur, il nous propose un véritable tour de force en affinant sa technique vocale par rapport au premier LP : il parvient à allier la mélodie qui manque cruellement dans le metal moderne à des beuglements de bête qui feraient passer Corey Taylor (SLIPKNOT) pour une fillette (bon, j’exagère un peu…). Daron Malakian, non content de gratouiller sa Gibson, accompagne même Serj au chant sur Needles, mais ce qui s’avère plutôt réussi dans ce cas le sera parfois moins sur Mezmerize (2005). Quant aux paroles, elles valent un commentaire puisque Tankian nous livre des textes à la fois poétiques et politiques, à l’image du magnifique Deer Dance. Des digressions sur le suicide (Chop Suey) qu’il avait déjà faites par le passé (rappelons-nous de Soil), la nature et la science, ainsi qu’une critique sur la drogue (Psycho). Un groupe intelligent, ce qui est plutôt l’exception dans ce milieu où l’on entend toujours les mêmes rengaines pour ados attardés.


Un album dense malgré ses 44 minutes, qui passe sans crier gare de la lourdeur ultime (X) aux envolées lyriques de Aerials ou ATWA, qui contient de belles surprises quand on songe aux magnifiques claviers de Chop Suey ! ainsi qu’à la plage world de Science. Et comme en 1998, une poignée de brûlots pas inoubliables mais sympathiques (Jet Pilot, Bounce et Shimmy) viennent clore ce programme alléchant. La production du gourou Rick Rubin a, de plus, le mérite de rendre le son des guitares bien plus clair qu’à l’occasion du premier effort de SYSTEM OF A DOWN, tout en conservant une pesanteur pachydermique. On l’aura compris, Toxicity demeure un album essentiel du rock dur de ces dernières années. Vous savez quoi faire…

SYSTEM OF A DOWN, Toxicity (2001, American Recordings - Columbia)



- RESPECT THE ARCHITECT!!! -


A LIRE EGALEMENT... 

- La bio du groupe

- La chronique de Mezmerize

- un article sur leur concert à Lyon, le 31 mai 2005

- La chronique de Hypnotize

 

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Publié dans Metal - Hardcore

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