THE DISMEMBERMENT PLAN : A Life of Possibilities (Emergency & I, 1999)

Publié le par Systool

La voix haut perchée de Travis Morrison, la basse gluante de Eric Axelson et la rythmique entêtée de Joe Easley ouvrent A Life of Possibilities, prélude à Emergency & I, fabuleux album de DISMEMBERMENT PLAN, un quartette indie-rock de Washington qui, durant sa brève carrière, a mis un point d'honneur à mêler les genres avec un bonheur inégalé. Résolument accessible parce que riche du point de vue de la musicalité pure, l'oeuvre de D PLAN navigue dans des contrées essentiellement rock, même si la section rythmique n'hésite pas à partir sur des plans jazz ou funk et que Jason Caddell, guitariste en herbe, fait preuve d'une belle inventivité, nous offrant des arpèges mélodieux à la TELEVISION, des riffs énergiques ou encore ses fameux licks que les anglophones qualifieraient de tongue-in-cheek. Morrison (aucun lien de parenté avec Jim le chaman), outre le fait d'accompagner Caddell à la six cordes, se charge du chant et des lyrics, toujours à mi-chemin entre des délires surréalistes et une vision empreinte d'auto-dérision.

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Dans le cas de A Life of Possibilities, on notera quatre parties vocales différentes, dont les paroles sont presque scandées : tout d'abord, une modulation féminine assez particulière qui irrite un peu au premier abord, puis des vers qui se concluent sur des mots presque parlés. Morrison poursuit avec un intermède assez calme, avant l'explosion finale. Alors que la rythmique est présente dès le début, la guitare de Caddell entre en jeu progressivement, sans se presser : un accord, une partie qui fait office de refrain, comme pour ponctuer le couplet de Morrison et là aussi, après environ trois minutes, une distorsion de bon aloi qui épaule le chanteur désabusé. Le musicien est prié de mettre un point final au titre, ce dont il s'occupe sans broncher en nous assénant une partie bruyante où point cependant une touche de mélancolie.

L'avantage avec DISMEMBERMENT PLAN, c'est que chaque minute est une nouvelle illustration de leur facilité à composer des chansons à la fois fraiches, exigeantes et sans prise de tête, ce qui place le groupe du côté des PIXIES et de PAVEMENT, loin de la grandiloquence parfois énervante d'ARCADE FIRE et SUNSET RUBDOWN.

 

THE DISMEMBERMENT PLAN – A Life of Possibilities


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Publié dans One Song

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