GORILLAZ : Demon Days Live (DVD)
Qu’on se le dise d’emblée, la musique de GORILLAZ n’a jamais représenté un simple prétexte à faire chanter des personnages animés. Que ce soit sur le premier album avec Dan the Automator ou pour Demon Days avec DJ Dangermouse, Damon Albarn a su proposer des chansons intelligentes et aux influences très diverses. Le chanteur de BLUR, brusquement laissé en plan après le départ de Graham Coxon, est parvenu à rebondir grâce à ce groupe qui présente la caractéristique notable de mettre en avant quatre figures créées de toute pièce par le dessinateur J.C. Hewlett : le chanteur 2D, le bassiste Murdoc, la guitariste Noodle et le batteur Russel.
Lors de l’inauguration du Festival International de Manchester en novembre 2005, GORILLAZ a proposé cinq représentations de son deuxième album, Demon Days, dans la belle enceinte de l’Opera House de la ville mancunienne. Outre une formation musicale fixe, on a droit également à la participation de l’orchestre et du chœur gospel de Manchester, sans oublier les nombreux invités venus interpréter les différents titres de l’album (Neneh Cherry, De la Soul et Bootie Brown, parmi d’autres). Enfin, ce show de plus d’une heure était également l’occasion de mettre en valeur le travail visuel de J.C. Hewlett et la boite de production Zombie Flesh Eaters (miam), projeté durant tout le concert sur un écran géant au-dessus de la scène. La liste des morceaux de Demon Days est reprise dans son intégralité et dans le même ordre que sur le disque, ce qui nous permet de noter au passage la cohésion surprenante de l’album. Tous les titres valent le coup, tant les ambiances imprimées sont variées et entrainantes, mais on citera parmi les points forts du spectacle Dirty Harry, en compagnie de chœurs d’enfants anglais, Every Planet we reach is dead avec une intervention solo de Ike Turner au piano ou encore All Alone, mené par Roots Manuva et l’hypnotique Martina Topley Bird.
La sagacité de Damon Albarn réside dans le choix de placer tous les musiciens « officiels » à l’arrière plan et dans la pénombre, lui compris, laissant les invités ponctuels investir la scène à proprement parler, ce qui s’avère une manière judicieuse de faire parler la musique… et les images ! Néanmoins, le chanteur anglais apparaît clairement en fin de concert, lors du rappel avec le titre Hong Kong et bénéficie d’une ovation magnifique. Ce titre, par ailleurs disponible sur l’album War Child qui soutient l’initiative Help : A Day in the Life pour la protection des enfants lors de conflits, comprend une prestation exquise au sithar chinois. Ceci se révèle l’occasion de remarquer l’ouverture musicale des GORILLAZ, toujours volontaires à l’idée d’intégrer des éléments provenant d’horizons musicaux multiples, comme par exemple sur le titre de clôture, Latin Simone, transfuge cubain du premier album et hommage à Ibrahim Ferrer, décédé en 2005.
Demon Days Live représente ainsi une méthode idéale pour (re)découvrir ce groupe talentueux, coloré et engagé. Parmi les options du DVD, on remarquera la possibilité d’écouter le concert tout en admirant uniquement l’écran géant, ce qui n’est pas possible en temps normal, puisque la caméra se focalise également sur les musiciens et le public.
GORILLAZ - Demon Days Live at the Manchester Opera House (2006, EMI Records)
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- La chronique de l'album Demon Days (ici)