SYSTEM OF A DOWN : Mezmerize (chronique)
Justifié ou non? En d'autres termes, Serj Tankian et ses amis n'auraient-ils pas mieux fait de procéder à un tri plus méticuleux parmi leurs nouvelles compositions et choisir une quinzaine de titres plutôt que de nous proposer 2 x 11 morceaux?
Eh bien... suffit d'écouter attentivement pour juger...
1. Soldier Side (intro)
Mezmerize débute avec des arpèges de guitare et les voix doublées de Serj Tankian et Daron Malakian. Cette dernière caractéristique sera souvent présente tout au long de l'album. Le guitariste Daron Malakian prend en effet de plus en plus de place dans le chant et sa voix plus haute que celle de Serj Tankian donne souvent un bon contraste.
Par rapport à l'orientation de Hypnotize, le prochain album, les spéculations vont bon train sur les sites spécialisés. Car si Mezmerize nous invite du "côté des soldats" (Welcome to the Soldier Side), on peut imaginer que le prochain album nous conviera du côté du "peuple" par exemple...
2. BYOB (Bring your own Bombs)
On a également droit à un pont bien punky qui sied bien au sujet traité : la politique de la guerre en Iraq.
3. Revenga
4. Cigaro
On retrouve le phrasé rapide de Serj Tankian (il a l'ADSL vocal, c'est clair) et les piaillements de Daron Malakian qui ferait mieux parfois de se concentrer sur sa guitare et nous pondre des riffs plus originaux.
Expéditif et aux vibrations arabisantes, c'est peut-être le titre qui se rapproche le plus des anciennes compositions.
5. Radio/Video
Au contraire, ce Radio/Video se place comme le titre le plus original de l'album.
6. This Cocaine makes me feel like I'm on this Song
Le sixième morceau de Mezmerize traite un autre cheval de bataille de SOAD : les drogues. Comme pour Psycho (2001), c'est à la première personne et sur le ton de la dérision que Tankian déblatère à la vitesse grand V des stupidités comme Killing never hurt feelings, gonorrhea gorgonzola...Marrant!
Quant à Violent Pornography, il s'agit d'une sorte de caricature d'un titre de System of a Down, sauf que les textes et la musique sont peu inspirés. Le refrain, quant à lui, est carrément gonflant. On s'en serait passé. Vite, vite, la suivante...
8. Question!
Heureusement, Tankian et ses potes se reprennent rapidement avec Question!, une bonne track dont le contraste entre le couplet aux arpèges délicats et le refrain mastoc est plutôt réussi.
Serj Tankian nous livre un très joli couplet, mélodieux et habité.On pense à Mike Patton en écoutant le bridge en 5/4 bien allumé et criard.Un autre morceau à retenir.
Manifeste de la Génération X, Sad Statue nous emmène en terrain connu avec son riff d'intro parsemé de hammer-on et de pull-off bien retro...you and me we'll all go down in History with a sad statue of Liberty and a generation that didn't agree.
11. Lost in Hollywood
Le titre de clôture de cet album est très mélodieux, tout en retenue. Encore une fois, c'est Malakian qui se charge du couplet, avant d'être secondé par Tankian sur le refrain. Un intermède neurasthénique et de belles harmonies du chanteur nous faisant vaguement penser à Street Spirit de Radiohead. Malakian termine avec you should've never trusted Hollywood.
On parvient à distinguer deux ambiances principales dans Mezmerize : des parties déjantées, rapides et ironiques d'un côté, des plages plus sobres, désabusées et mélancholiques de l'autre. Pour ce qui est de la production, on retrouve Rick Rubin aux manettes. Rappelons que le gourou barbu, outre le fait d'avoir produit tous les albums de System of a Down, s'est illustré en créant le label mythique Def Jam et en travaillant avec les Red Hot Chili Peppers ou encore Slayer. Daron Malakian (décidément il est partout) l'épaule à la production et autant dire qu'elle est excellente : on a opté pour un son de guitare plus clair et crunchy ainsi qu'une section rythmique moins écrasée que lors des précédents efforts du groupe.
Par contre on trouve une poignée de tracks un peu faiblardes et peu originales, ce qui pénalise passablement Mezmerize. Tout compte fait, il doit être considéré comme inférieur au premier album éponyme et à Toxicity.
