SYSTEM OF A DOWN : Mezmerize (chronique)

Publié le par systool

2005. SYSTEM OF A DOWN décide, après trois ans d'absence, de sortir un double album : la première partie, MEZMERIZE, au mois de mai, la suite, HYPNOTIZE, à la fin de l'année.

Justifié ou non? En d'autres termes, Serj Tankian et ses amis n'auraient-ils pas mieux fait de procéder à un tri plus méticuleux parmi leurs nouvelles compositions et choisir une quinzaine de titres plutôt que de nous proposer 2 x 11 morceaux?

Eh bien... suffit d'écouter attentivement pour juger...



1. Soldier Side (intro)

Mezmerize débute avec des arpèges de guitare et les voix doublées de Serj Tankian et Daron Malakian. Cette dernière caractéristique sera souvent présente tout au long de l'album. Le guitariste Daron Malakian prend en effet de plus en plus de place dans le chant et sa voix plus haute que celle de Serj Tankian donne souvent un bon contraste.

 
 

Par rapport à l'orientation de Hypnotize, le prochain album, les spéculations vont bon train sur les sites spécialisés. Car si Mezmerize nous invite du "côté des soldats" (Welcome to the Soldier Side), on peut imaginer que le prochain album nous conviera du côté du "peuple" par exemple...


2. BYOB (Bring your own Bombs)

Le premier vrai titre de l'album démarre en trombe avec un bon gros riff à la System. Le couplet est également dans la veine classique du groupe : déjanté et rapide. Après un pré-refrain expéditif et vindicatif, on enchaîne avec un chorus à l'ambiance pseudo-insouciante (everybody's going to party have a real good time, dancing in the desert blowing up the sunshine).
On a également droit à un pont bien punky qui sied bien au sujet traité : la politique de la guerre en Iraq.


3. Revenga

Ce morceau comprend aussi certaines spécificités de SOAD : un couplet avec des paroles débitées rapidement, un refrain mid-tempo ironique, un solo. Très semblable à Needles (2001).


4. Cigaro

un petit brulôt punk pour se faire plaisir.
On retrouve le phrasé rapide de Serj Tankian (il a l'ADSL vocal, c'est clair) et les piaillements de Daron Malakian qui ferait mieux parfois de se concentrer sur sa guitare et nous pondre des riffs plus originaux.
Expéditif et aux vibrations arabisantes, c'est peut-être le titre qui se rapproche le plus des anciennes compositions.


5. Radio/Video

Au contraire, ce Radio/Video se place comme le titre le plus original de l'album.

Si l'on excepte un refrain tout ce qu'il y a de plus conventionnel pour System of a Down, on enchaîne allègrement sur un couplet aux accents cosaco-jamaïcains et aux harmonies vocales inspirées des inséparables Tankian/Malakian.Très bonne surprise.

6. This Cocaine makes me feel like I'm on this Song

Le sixième morceau de Mezmerize traite un autre cheval de bataille de SOAD : les drogues. Comme pour Psycho (2001), c'est à la première personne et sur le ton de la dérision que Tankian déblatère à la vitesse grand V des stupidités comme Killing never hurt feelings, gonorrhea gorgonzola...Marrant!




7. Violent Pornography

Quant à Violent Pornography, il s'agit d'une sorte de caricature d'un titre de System of a Down, sauf que les textes et la musique sont peu inspirés. Le refrain, quant à lui, est carrément gonflant. On s'en serait passé. Vite, vite, la suivante...


8. Question!

Heureusement, Tankian et ses potes se reprennent rapidement avec Question!, une bonne track dont le contraste entre le couplet aux arpèges délicats et le refrain mastoc est plutôt réussi.

Serj Tankian nous livre un très joli couplet, mélodieux et habité.On pense à Mike Patton en écoutant le bridge en 5/4 bien allumé et criard.Un autre morceau à retenir.



9. Sad Statue

Manifeste de la Génération X, Sad Statue nous emmène en terrain connu avec son riff d'intro parsemé de hammer-on et de pull-off bien retro...you and me we'll all go down in History with a sad statue of Liberty and a generation that didn't agree.


10. Old School Hollywood
Sur ce coup-là, le groupe prend des risques puisqu'il introduit des bruitages bizarres et des voix robotisées ; de plus, le refrain a un feeling très 80s. Malheureusement, le guitariste gâche un peu le morceau avec ses interventions au micro pendant le couplet. Un regard amer sur l'Amérique décadente dont Hollywood est le symbole de toutes les exagérations.


11. Lost in Hollywood

Le titre de clôture de cet album est très mélodieux, tout en retenue. Encore une fois, c'est Malakian qui se charge du couplet, avant d'être secondé par Tankian sur le refrain. Un intermède neurasthénique et de belles harmonies du chanteur nous faisant vaguement penser à Street Spirit de Radiohead. Malakian termine avec you should've never trusted Hollywood.

 
36 minutes au compteur, un peu short dirons-nous, même si System of a Down ne nous a jamais habitué à des albums d'une heure et quart... Daron Malakian, comme il est remarqué tout au long de cette chronique, prend une place centrale dans le groupe : il a composé la totalité de la musique, la majeure partie des paroles sur lesquelles il chante la moitié du temps...

On parvient à distinguer deux ambiances principales dans Mezmerize : des parties déjantées, rapides et ironiques d'un côté, des plages plus sobres, désabusées et mélancholiques de l'autre. Pour ce qui est de la production, on retrouve Rick Rubin aux manettes. Rappelons que le gourou barbu, outre le fait d'avoir produit tous les albums de System of a Down, s'est illustré en créant le label mythique Def Jam et en travaillant avec les Red Hot Chili Peppers ou encore Slayer. Daron Malakian (décidément il est partout) l'épaule à la production et autant dire qu'elle est excellente : on a opté pour un son de guitare plus clair et crunchy ainsi qu'une section rythmique moins écrasée que lors des précédents efforts du groupe.

L'alchimie de Mezmerize fonctionne finalement assez bien et certains titres se démarquent déjà...
Par contre on trouve une poignée de tracks un peu faiblardes et peu originales, ce qui pénalise passablement Mezmerize. Tout compte fait, il doit être considéré comme inférieur au premier album éponyme et à Toxicity.

 
Reste à savoir ce que Hypnotize, le deuxième volet de ce diptyque prévu pour le mois de novembre, nous réserve. On ne peut pas, en effet, juger objectivement Mezmerize sans son jumeau, car il lui apportera probablement une plus grande force à la fois thématique et musicale, via des échos et autres correspondances...


SYSTEM OF A DOWN - Mezmerize (American Rec / Columbia, 2005)
Publicité

Publié dans Metal - Hardcore

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :