Andrew Bird : Noble Beast (chronique, 2009)

Publié le par Systool

Perché sur mon balcon, avec la verdure, le lac et les montagnes en arrière-plan, j'écoute le dernier album d'Andrew Bird venant merveilleusement compléter ce tableau naturaliste. Noble Beast paraît en effet deux ans après l'excellent Armchair Apocrypha, le musicien de Chicago nous délivrant 14 titres (dont 3 brèves instrus) au caractère apaisé, lumineux et sublime. Rompu à la fameuse méthode Suzuki, Bird a fait germer dès son plus jeune âge ses multiples talents artistiques et s'est distingué au sein de THE BOWL OF FIRE à la fin des 90. Il a poursuivi en solo, mais bien entendu toujours accompagné de musiciens accomplis (Martin Dosh, Jeremy Ylvisaker), évoluant dans un folk-rock mâtiné d'influences jazzy ou électroniques. Oh No décline ces ambiances délicates teintées de mélancolie, Bird distillant un chant n'étant pas sans rappeler par moments l'inoubliable Everybody's talkin' d'Harry Nilsson (la BO de Macadam Cowboy). Outre la voix claire comme de l'eau de roche de Bird, on est d'emblée impressionnés par les arrangements méticuleux de l'oiseleur, comprenant notamment des violons virevoltants mais jamais poussifs, de même que des beats synthétiques (sur la magnifique Masterswarm ou Not a Robot but a Ghost). D'ailleurs, certains passages nous évoquent fatalement RADIOHEAD, que ce soit par le chant lancinant de Bird – en nettement moins geignard – ou les ambiances cinématiques. Une particularité du multi-instrumentiste, c'est qu'il sait également se servir de sa bouche, en bon folkeux, mais non pas en ressortant son harmonica poussiéreux mais pour siffloter sur la moitié des titres, ce qui apporte une touche d'insouciance bienvenue et représente un contrepoint aux paroles remplies de pathos.

 



Le Chicagoan possède ce don de proposer une musique à la fois très « pop » (dans le bon sens du terme) et ambitieuse, autant du point de vue des structures sonores que du texte. On saluera les changements de décor incessants d'un titre à l'autre ou au sein d'une même chanson (Effigy, Anonanimal), de même que ce sens de la progression, manquant à la quasi-totalité de la production musicale actuelle. On sent que ce drôle d'oiseau d'Andrew Bird prend un soin tout particulier à peaufiner ses paroles, recherchant sans cesse des sonorités intéressantes. L'inconvénient, c'est qu'il a parfois tendance à en faire trop et qu'il peut devenir épineux de suivre son propos. Il paraît peu vraisemblable que Bird puisse commettre un faux pas discographique, tant il semble à chaque nouvel album intégrer des éléments supplémentaires et gommer les petites imperfections, tel un artisan soucieux du travail bien fait, dressant une fresque que l'on ne peut s'empêcher d'admirer d'un air béat.


A noter la parution d'une version « double-album » comprenant 9 titres instrumentaux, Useless Creatures. Des créatures pas si inutiles que cela...

 


ANDREW BIRD – Noble Beast (Fat Possum, 2009)

 

 

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la chronique de Ben et celle de Thibault

 

 

 

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Publié dans Blues & Folk

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