FRANCIS FORD COPPOLA : American graff-E.T. (bio)

Publié le par Systool

Francis Ford Coppola est considéré comme l’un des plus grands réalisateurs des années 70 : on lui doit des classiques intemporels du 7ème art tels que Le Parrain, Apocalypse Now ou encore La Conversation. Né en 1939 dans le Michigan, Francis se trouve être le fils de Carmine Coppola, un compositeur de musique. Il intègre la fameuse faculté d’arts cinématographiques de UCLA en 1960 et réalise quelques films déjà très intéressants : outre quelques réalisations érotiques (qui l’eut cru ?), Coppola nous livre pour sa thèse en 1966 la comédie You’re a big Boy now. Deux ans plus tard, il met au point son premier long-métrage en studio, Finian’s Rainbow. L’avenir semble lui sourire lorsqu’il obtient un Academy Award pour le scénario de Patton, un film de guerre de F. Shaffner sur le fameux général… Mais le placement malencontreux de ses économies dans un stupide jukebox pour court-métrage va mettre le jeune Francis dans une situation financière des plus fâcheuses…


 

Heureusement, la Paramount l’aborde pour l’adaptation d’un roman de Mario Puzo, Le Parrain, épopée de la mafia italo-américaine brillamment interprétée par Marlon Brando (Oscar au passage), Al Pacino, Robert Duvall et Diane Keaton. Le succès est instantané, autant de la part du public que des critiques - qui le considèrent toujours comme l’un des plus grands films américains de tous les temps. Cette saga, dont la célèbre musique de Nino Rota est connue de tous, se poursuivra avec Le Parrain II (1974) et Le Parrain III (1990). Entre temps, Francis Ford se révèle insatiable, puisqu’il obtient la Palme d’Or du Festival de Cannes pour La Conversation, thriller politique relatant les frasques du Watergate.

Dans Le Parrain II, on retrouve Michael Corleone (Pacino) qui prend les rênes du pouvoir mais dont la chute ne sera que plus douloureuse, ainsi que la jeunesse de son père Vito en parallèle (c’est Robert De Niro qui joue le sémillant jeune homme). D’une beauté lyrique et stylistique à couper le souffle, il égale – et surpasse peut-être – le premier volet du Parrain, se plaçant comme le modèle du film de gangster à l’instar de Il était une fois en Amérique de Leone qui verra le jour dix ans plus tard.

On retrouve Coppola au générique d’un nouveau film près de cinq ans plus tard, pour le sublime Apocalypse Now, tiré du roman culte de Joseph Conrad, Au cœur des Ténèbres, dont Coppola retranspose l’histoire au Cambodge, en pleine guerre du Vietnam. Le capitaine Willard (Martin Sheen) est censé mettre la main sur le Colonel Kurtz (Brando) après un long périple où il rencontrera une série de personnages curieux (l’ami Kilgore…) et représentatifs de la folie qui gagnait peu à peu les soldats… mais aussi l’équipe du tournage : catastrophes naturelles, problèmes de santé pour Sheen, budget largement dépassé. Le fait d’avoir pu terminer le film semble relever du miracle et comme le dit Coppola a posteriori : « little by little, we went crazy » (petit à petit, nous sommes devenus fous). Les critiques sont étonnemment mitigées lors de la sortie d’Apocalypse Now, malgré l’obtention d’une nouvelle Palme d’Or et de deux Oscars, mais avec le temps, ce long-métrage s’impose comme un paradigme du film de guerre, de par sa beauté cinématique et ses ambiances surréelles. Le film ressort d’ailleurs en 2001 dans une version rallongée, puisque cet Apocalypse Now Redux comprend près d’une heure de pellicule supplémentaire.



 

La suite de la carrière de Coppola s’avère encore plus périlleuse : après avoir produit (avec George Lucas) le magnifique Kagemusha du maître Kurosawa, Francis Ford se lance dans la réalisation de films nettement moins bien accueillis : One from the Heart, Rumble Fish, mais aussi The Outsiders, qui a le mérite (?) d’avoir lancé la carrière d’acteurs tels que Tom Cruise, Patrick Swayze ou encore Matt Dillon. Le réalisateur poursuit sa route avec la comédie musicale Cotton Club (1984), qui bénéficie de résultats désastreux au box-office, ce qui contraint Coppola à travailler dans un domaine plus « commercial » avec Peggy Sue s’est mariée et Tucker. Il ne cache d’ailleurs pas que le troisième épisode du Parrain (1990) est principalement destiné à renflouer ses caisses, cette dernière partie retraçant la recherche de la rédemption de Michael (Pacino) et la relève, assurée par Vincent Mancini (Andy Garcia). Inférieur à ses grands frères, il s’agit malgré tout d’un film passionnant et de grande qualité.

Coppola s’attaque ensuite au conte le plus célèbre de Bram Stoker, notre vampire transylvanien favori, j’ai nommé Dracula. Interprété par un Gary Oldman aux dents longues, Winona Ryder et Tom Waits, le film sera accueilli avec réserve de la part de la presse, tout comme les deux derniers long-métrages de Coppola, le navrant Jack (avec un Robin Williams atteint de Progeria, une maladie provoquant un vieillissement accéléré) ainsi que l’Idéaliste tiré du best-seller de John Grisham.



 

Ces dernières années, Francis Ford Coppola s’est principalement impliqué dans la production : Dead Man (Jarmusch), Don Juan de Marco (Depp), Sleepy Hollow (Burton) sans oublier la série Les 4400 et les excellentes réalisations de sa fille Sofia Coppola (Virgin Suicides, Lost in Translation et Marie-Antoinette), qu’on voyait déjà dans Le Parrain III (elle en pinçait pour Andy Garcia). Notons au passage que son fils Roman est également du métier puisqu’il a réalisé CQ (2001) et collaboré dans Jack, La Vie Aquatique et… Green Day : International Supervideos. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Terminons la photo de famille avec Nicolas Cage, neveu de Francis Ford (eh oui, en fait c’est Nicolas Coppola) qui a joué dans plein de films… je ne vous ferai pas l’affront de vous les citer. On ignore encore si le projet Megalopolis, rêvé depuis des années par Francis Ford l'extra-terrestre, aboutira un jour...

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Publié dans Directors

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