FUNNY GAMES (Michael Haneke, 1997)
Les films du réalisateur autrichien Michael Haneke sont d’une nature troublante : citons par exemple La Pianiste ou encore le dernier-né, Caché. Mais sa création la plus terrifiante et dérangeante demeure probablement Funny Games. Ce long-métrage tourné en 1997 a obtenu des critiques mitigées dès lors que le spectateur ne parvenait pas à voir au-delà de la violence des personnages qui atteint, il faut l’avouer, des proportions rarement égalées. De nombreuses réalisations contiennent des scènes de violences à la limite du soutenable (American Psycho) et de méchants psychopathes sadiques (Saw dernièrement), mais le traitement de Haneke, dans la veine d’un Chabrol ou d’un Ozon (entendons par là une vision « réaliste ») place Funny Games comme une composition à part.
Nous suivons une famille allemande (papa, maman, l’enfant et le chien) qui passe quelques jours dans sa maison de villégiature, près d’un lac où le père, George (Ulrich Mühe), possède un bateau. Jusque là tout va bien, sauf que la transition musicale du générique nous met la puce à l’oreille quant à la direction inattendue que la trame va prendre : on passe de Haendel et Mozart aux hurlements de John Zorn et son Naked City, groupe rock expérimental… Pendant que maman Anna (Suzanne Lothar) s’occupe dans la maison, un individu d’allure tout à fait respectable, un certain Peter (Frank Giering), vient lui demander quelques œufs de la part de la voisine. Passant petit à petit d’une attitude polie à franchement désagréable, il va mettre Anna dans une situation embarrassante d’autant que son acolyte Paul (Arno Frisch) vient lui prêter main forte… Le retour du reste de la famille dans la demeure créera une situation de tension importante : que peuvent bien vouloir ces deux lascars qui semblent bien apprécier les clubs de golf de monsieur George ?
FUNNY GAMES (Autriche – 1997)
De Michael Haneke
Avec Ulrich Mühe, Suzanne Lothar