Samedi 20 septembre 2008
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Avant de devenir l'une des formations les plus successful du rock alternatif actuel,
INCUBUS a bourlingué pendant de nombreuses
années dans sa vallée de San Fernando, en Californie. Le quartette formé vers 1991 par le chanteur Brandon
Boyd (alors dreadeux), Mike
Einziger (6 cordes), Alex
Katunich (basse) et José
Pasillas (batterie) intègre quelques années plus tard Gavin Koppel (DJ Lyfe puis DJ Kilmore) et envoie ses premières frappes teintées de
funk, dans la plus pure tradition d'un RED HOT CHILI PEPPERS d'antan : Fungus Amongus, une entrée en matière peu convaincante, puis un EP de six titres, Enjoy Incubus, qui reprend certains des meilleurs piste
de Fungus, dont You will be a hot dancer et Hilikus. Une tournée en compagnie de
KORN en 1996 va amener un durcissement sonore pour le groupe californien, comme on peut le noter sur le second album, l'éclectique et
électrique S.C.I.E.N.C.E. (1997) qui
comprend des éléments heavy (Redefine, A certain Shade of Green), mais également des parties plus calmes (la croonante Summer Romance) ou déjantées : le trip nocturne sous
THC de Deep Inside ou encore
la ghost track instrumentale où le
DJ fait montre de toute son adresse. Parallèlement à une orientation désormais plus mainstream, ce dernier aura d'ailleurs passablement
de peine à proposer quelque chose de valide par la suite. Citons encore New Skin, un manifeste furieux mais musical mené par la basse slappante de Katunich et une rythmique effrénée accompagnée par le djembe de Boyd,
qui aimait à l'époque jouer les rastas au coin du feu.
INCUBUS fait appel à Scott Litt (REM) pour la production de son troisième album,
l'excellent Make Yourself (1999) qui
asseoiera durablement la réputation du groupe grâce à certains singles qui tapent dans le mille (l'acoustique Drive ou encore la larmoyante I miss you). Exit les délires à la
FAITH NO MORE, Boyd s'est coupé les tifs et le quintette propose des structures plutôt carrées sans pour autant éclipser son sens du groove légendaire.
Brandon Boyd parvient à fournir une prestation aussi réussie du point de vue vocal que des textes qui se distinguent par un positivisme qui contraste avec les gueules de six pieds de long de la
plupart de ses congénères. Malgré les riffs puissants qui introduisent souvent les morceaux (Pardon
Me, Clean), la formation conserve une accessibilité manifeste sans pour autant sonner creux. L'album suivant, Morning View (2001), évolue sur un terrain similaire, faisant s'alterner des pièces rugueuses (Circles, Under my Umbrella) et des chansons plus apaisées :
les arpèges de Mexico, la
décontractée Are you In ou
encore Aqueous Transmission, aux
effluves tibétaines. Wish you were here et Nice to know you, les deux singles, remplissent honorablement leur office sans chambouler le son INCUBUS, qui lorgne finalement vers une transposition
plus musclée des RED HOT période Californication.
Avant la sortie de A Crow left of the
Murder (2004), le bassiste originel quitte le bateau. Son remplaçant est tout trouvé puisqu'il s'agit de
Ben Kenney, talentueux musicien et
partenaire de Michael Einziger chez TIME LAPSE CONSORTIUM. Le groupe assume totalement son statut et nous livre une nouvelle fois une collection de titres efficaces produite cette fois-ci
par Brendan
O'Brien (RAGE AGAINST THE MACHINE, PEARL JAM, STONE TEMPLE PILOTS). On saluera un retour à des plans guitare plus audacieux (Pistola,
Zee Deveel), Einziger
faisant preuve d'une certaine paresse depuis Make Yourself. Les ballades de rigueur sont prenantes (Southern Girl,
Agoraphobia), tandis
que la voix puissante et mélodieuse de Boyd est souvent un ravissement, malgré quelques titres irritants (A Crow left of the Murder, Leech). Le dernier album en date, Light
Grenades (2006), voit la formation s'assagir quelque peu et apporter quelques finitions à sa musique
désormais très calibrée. Anna Molly et Love hurts
en sont les deux singles.
Que de chemin parcouru en quinze ans d'activité! Il est clair que l'INCUBUS virevoltant des débuts
est bien loin (du moins sur album), mais l'orientation nettement plus « adulte » et pondérée que la formation a choisi saura être appréciée par un public adepte d'une musique plus
conventionnelle, mais ne manquant pas forcément de panache...
Rah les poseurs...
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