Up in the Air (Jason Reitman, 2009)

Publié le par Systool

J'ai de mauvaises nouvelles pour vous. Votre poste a été supprimé. En clair, la société a décidé de vous licencier. Il ne faut rien y voir de personnel. Au contraire, c'est une opportunité pour vous de prendre une nouvelle direction, de voir votre avenir différemment.


C'est avec des phrases de ce genre que Ryan Bingham (G. Clooney) doit composer quotidiennement. L'oiseau de mauvaise augure travaille pour une société qui se charge d'informer l'employé américain lambda de son licenciement à la place du patron couilles molles. Et ma foi, Bingham est dans son élément, il passe sa vie dans les aéroports, un jour à St Louis, le lendemain à San Francisco. Son QG est basé à Omaha, mais Dieu merci, il n'y passe qu'un mois par année. Pas d'attaches, pas vraiment de famille, Ryan est libre comme l'air et chacune de ses journées ressemble à une brosse à dents jetable d'un hôtel luxueux qu'il peut réserver au moyen de sa précieuse collection de cartes de fidélité. Sauf qu'un jour, Natalie Keener (Anna Kendrick), une nouvelle recrue, propose un moyen futé de virer les salariés : le faire par écran interposé, ceci évitant les nombreux aller-retours en avion. Ah, les joies d'internet! Un gain de temps et d'argent considérable en cette période de crise, mais bye bye la first class en ce qui concerne Ryan!

 

Up in the Air affiche


Jason Reitman remet les couverts deux après le succès de Juno, en adaptant cette fois-ci le roman acidulé de Walter Kirn, dans une veine finalement assez proche de son long-métrage de 2005, Thank you for Smoking : la carrière d'un employé faisant de l'hypocrisie son pain quotidien. Virer de fidèles employés qui ont près de soixante balais en leur rétorquant qu'ils ont une myriade de possibilités, c'est fort en café, mais on s'y fait. C'est un job comme un autre et Ryan Bingham a mis au point des tas de stratégies pour faire face au quidam suicidaire, colérique ou pleurant comme une madeleine. Mais comme on l'imagine, il sera chamboulé par sa rencontre avec Alex (Vera Farmiga), une business woman à la cuisse ferme. Par ailleurs, son périple avec Natalie, destiné à lui inculquer les règles du métier, l'amènera à se questionner sur son existence. Lui, le célibataire endurci qui prône la liberté et l'individualisme lors de meetings motivationnels, est-il vraiment prêt à changer de vie? UP IN THE AIR a su séduire la critique américaine grâce à son rythme soutenu, son humour bravache et un rendu épuré. Ceci permet au fiston d'Ivan Reitman (Ghostbusters, les comédies de Schwarzy) de figurer dans la cour des réalisateurs nouvelle génération, au même titre que Payne, Wes Anderson et David Russell, témoins d'une Amérique en faux-semblants et en perte de repères. Un scénariste à la fois engagé et sachant conserver une bonne louche de divertissement, en somme, qui nous livre une thèse-antithèse-synthèse assez scolaire. Après ses pérégrinations aériennes solitaires, Bingham entrevoit en effet une solution, pour le moins bancale, qui consiste à mener une vie rangée et sans saveur, à l'image de sa soeur qui se marie avec un gaillard très moyen du Midwest.


Ainsi, après une moitié de film rythmée et amusante, UP IN THE AIR s'embourbe quelque peu dans la mélasse et on a l'impression que Reitman ne sait plus vraiment comment y mettre un point final, comme s'il était tiraillé entre deux sentiments : une belle morale ou un cynisme débordant. Restent la prestation impeccable mais sans surprise de Clooney, quelques francs moments de rigolade, agrémentés par les caméos de Sam Elliott, Zack Galifianakis (le barbu de VERY BAD TRIP) et l'excellent J.K. Simmons. Trop peu pour nous faire grimper au 7ème ciel, mais face à des bonshommes bleus ou des vampires, mon choix est vite fait.

 

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UP IN THE AIR

USA – 2009

Réalisé par Jason Reitman

Avec George Clooney, Anna Kendrick, Vera Farmiga

Publié dans Movies

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SysTooL 27/02/2010 19:04


J'avoue que la 1ère moitié m'a vraiment plu, mais ensuite, j'étais mal à l'aise face à la direction que Reitman a voulu prendre...


Thierry 26/02/2010 09:06


Je suis pour ma part presque monté au 7ème ciel ^^
Que j'aime ce Clooney classieux, moderne et classique en même temps.

Et comme le disait Twist, très élégamment, chez Benjamin, ... :"Ah ! le cul de Vera !!!!".

@++