THE KNUX : Remind me in 3 Days (chronique, 2008)

Publié le par Systool

Je sais pas vous, mais s'il y a un truc qui me dérange avec mon ordinateur, c'est quand il m'ennuie avec des mises à jour qu'il veut m'imposer à tout prix, me laissant parfois le (maigre) choix de les faire dans 1 heure, 4 heures, 1 ou 3 jours. THE KNUX ont certainement été confrontés au même problème, puisqu'ils ont baptisé leur premier album Remind me in 3 days. THE KNUX, ce sont Kentrell et Alvin Lindsay, deux frères originaires de la Nouvelle Orléans ayant bougé à Los Angeles après l'ouragan Katrina (vous avouez qu'il y a pire, comme prétexte). On me les a conseillé en raison de mon affinité avec OUTKAST – largement chroniqués en ces murs – et force est de constater qu'il y a effectivement quelques similitudes : une attitude assez cool, l'injection de guitares et des beats plus electro, soit des éléments susceptibles de démarquer The Knuckle Heads de la mouvance majoritaire qui fait rimer le rap avec le clinquant. La couv' de l'album m'a immédiatement fait penser à une version moins proprette du premier MATTAFIX, les deux gaillards installés nonchalamment sur un canapé, UN cadavre de bière à terre (l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, rappelons-le). Néanmoins, le duo a ses entrées dans le club très fermé du hip hop qui bouge, comme on peut le constater sur The List, premier titre qui met en évidence une guitare acérée et un beat qui claque. On poursuit avec les trois singles de Remind me in 3 Days : F!RE (Put it in the Air) et son excellent solo de clavier, Bang! Bang! et sa guitare qui n'est pas sans rappeler un John Frusciante peu inspiré, disons dans le cadre des RED HOT, et enfin Cappuccino, ou comment nous concocter un hip hop à l'onctuosité et au caractère doucement factice d'un café Starbucks.

 

The Knux - Remind

Après cet apéro, il faut se coltiner Roxxanne. Déjà que j'aime pas la chanson de POLICE... On enchaîne avec les accords guillerets de Daddy's Little Girl et la voix charmeuse d'une demoiselle, mais Krispy Kream et Rah Almillio (les pseudos des frangins) ont décidé de nous proposer un parcours en dents de scie, où l'excellent cotoie le mezzo. Parmi les titres qui se démarquent, je citerai volontiers l'ambiance bizarre de Shine again et surtout Life in a Cage, qui prend le pari de mêler des keys dignes de EURYTHMICS avec un sample limite jungle, le tout ponctué d'un flow incisif à souhait. Les frères pétard s'illustrent également dans un rap de dancefloor qui peut avoir son charme (Powder Room, Wake the fuck up) ainsi que des atmosphères plus lancinantes à la CYPRESS HILL (Parking Lot). Dommage qu'ils cèdent par moments à la facilité avec par exemple les gémissements orgasmiques féminins de Hush ou le refrain tape-à-l'oeil de Playboys, mais bon, l'air californien a déjà fait des ravages dans la cervelle de nos deux compères, on est loin du crunk de la Louisiane.


Pas mal de frustration à l'écoute de Remind me in 3 Days, puisqu'on est prêt à ériger THE KNUX à l'apogée du hip hop alternatif, à la lumière de certains titres, et qu'on est immanquablement déçu quelques minutes plus tard. M'est avis qu'il faudra malgré tout compter sur eux à l'avenir, en espérant qu'ils affinent leur son et surtout qu'ils singularisent leur flow, tout en évitant de tomber dans certains travers. Remind me in 3 years, bro'! (C) Systool, 7/2009

 

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THE KNUX – Remind me in 3 Days

(Interscope Records, 2008)


(Merci Xenia)

Publié dans Hip Hop

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SysTooL 29/01/2010 21:21


;-)


Sycophante 29/01/2010 20:51


Merci c'est noté ! 


SysTooL 29/01/2010 19:30


Tu le trouveras sur Grooveshark!


Sycophante 29/01/2010 13:06


Je ne trouve cet album ni sur Deezer ni sur Spotify, snif ! (mode ouin-ouin off). Merci pour la chronique !