T.I. : King (chronique, 2006)

Publié le par Systool

Ces dernières années, T.I. - de son vrai nom Clifford Harris – s'est davantage fait remarquer par ses querelles avec d'autres rappeurs (en vrac Ludacris, Lil' Flip ou Shawty Lo) et son arrestation en 2007 pour port d'armes non enregistrées qui lui a valu une année d'emprisonnement à purger, des heures de travaux d'intérêt public et une liberté surveillée à domicile + 3 millions de Dollar de caution. C'est ce qu'on appelle passer à la caisse. Dans sa jeunesse, l'autoproclamé King of South s'était déjà illustré comme un dealer dans le quartier peu recommandable de Bankhead, près d'Atlanta. Dans le milieu, on appelle ça la Street Cred, des points qu'on ammasserait pour montrer qu'on est paré pour survivre en milieu hostile et urbain. T.I. a fait péter les scores.

 

king t.i.


Passées ces réflexions hautement philosophiques, parlons quelques instants de King, son excellent album paru en 2006 et qui voit la présence de nombreux invités tels que Pharrell Williams, Common ou encore Young Jeezy. Musicalement, il y a de quoi faire, puisque le gaillard a la bonne idée de s'entourer des pointures du coin (Just Blaze, Swizz Beatz, The Neptunes), ce qui confère à l'album une diversité appréciable. En effet, après les cuivres flamboyants de King Back, on enchaîne avec le sample syncopé de Front Back, puis la mélodie imparable de What you know, dont le clip permettait de promouvoir le film ATL. Il s'agit de l'épopée de jeunes blacks dans un quartier difficile d'Atlanta, avec en tête d'affiche Big Boi d'OUTKAST et T.I., justement. On poursuit avec le beat cinglant de I'm talkin' to you qui contraste avec l'ambiance smoothy du titre précédent, même si du point de vue des lyrics, T.I. et ses potes évoluent sans cesse dans une représentation sans compromis de la loi de la rue. Sur Live in the Sky, on la joue lover avec Jamie Foxx qui vient poser ses textes. Mais bien vite, on poursuit sur des productions très axées Southern Rap avec de grosses partitions présomptueuses et clinquantes, mais toujours efficaces (Ride wit me, Top Back), sur lesquelles l'auditeur pourra allègrement reproduire la gestuelle de circonstance, c'est-à-dire le fameux mouvement de haut en bas du bras tendu, paume vers le sol.


En alternance avec ces titres plus musclés, on retrouvera des morceaux plus légers, destinés à faire fondre le panicule adipeux fessier avec davantage de finesse (Why you wanna, I'm straight), ainsi que quelques surprises comme la musique de cirque de Get it et le sample très Jackson Five de You know who. Malgré quelques pistes un peu poussives (Undertaker), T.I. se ressaisit toujours avec promptitude, ceci également grâce à des collaborations triées sur le volet, car n'étant pas le rappeur le plus incisif, il sait jouer sur une certaine diversité à la fois stylistique et vocale en invitant ses potes du G-Unit. Délesté de 3-4 tracks, King aurait été irrésistible, mais comme souvent avec le gangsta rap, on préconise un format « plein comme un oeuf », le compteur flirtant souvent avec la limite des 80 minutes. Dommage, mais ne boudons pas notre plaisir, T.I. nous a offert un festin de roi, goûtu et roboratif à souhait. A table!

 

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T.I. - King (2006, Atlantic / Grand Hustle)

Publié dans Hip Hop

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SysTooL 20/11/2010 10:57



C'était la phrase philosophique du week-end! Merci D!! :-)



D&D 20/11/2010 10:45



La musique qui tache, ça peut le faire, comme on dit... C'est dans d'autres domaines que... :-)


 



SysTooL 20/11/2010 10:29



Es-tu prêt à sortir ta grosse chaine bling bling?



D&D 19/11/2010 20:46



Tiens, encore un truc qui pourrait bien être "mon genre"... Enfin, j'ai l'impression. A vérifier !