Southland Tales (R. Kelly, 2006)

Publié le par Systool

Certains réalisateurs sont parvenus avec brio à donner une nouvelle dimension à un acteur médiocre. C'est pourquoi il peut s'avérer déraisonnable de snober un film sur la base du cast. SOUTHLAND TALES voit la présence de Dwayne Johnson (le bodybuildé The Rock, en fait), Seann William Scott, Sarah Michelle Gellar et Justin Timberlake. Franchement, les amis, je voudrais pas être défaitiste mais c'est mal parti. Sauf que le scénariste et réalisateur n'est autre que Richard Kelly, à qui l'on doit le film post-adolescent assez culte DONNIE DARKO. J'avoue ne pas avoir été aussi emballé que certains face à ce film qui aura eu le mérite de nous révéler Jake Gyllenhall, néanmoins, je le considère comme une réussite sur la condition d'ado perturbé sur fond d'apocalypse. SOUTHLAND TALES, quant à lui, a souffert d'un accueil calamiteux sur sol américain (pas même 500'000 USD de recette pour un budget de 17 mio, aïe!), sans parler de la réception au festival de Cannes 2006. Mais il n'y a pas de miracle à cela, car si vous parvenez au bout du visionnage de ce film, il s'inscrira d'emblée au sommet de votre liste des pires atrocités sur pellicule (ou sur disque dur, selon l'affinité du spectateur avec la technologie).

 

southland tales


Niveau cast, on avait de quoi se faire du souci et le moins que l'on puisse dire, c'est que les « acteurs » se sont fait un plaisir de nous rassurer. The Rock est au bas mot embarrassant : quand il ne prend pas sa pose habituelle de lourdaud qui doit toujours réfléchir trois secondes avant de répondre « oui » à une question simple, il se lance dans une curieuse exhibition où il est censé montrer qu'il a peur. Pour cela, il fait les gros yeux et, les mains jointes, se tapote le bout des doigts. Un enfant pris en flagrant délit de vol de confiture est moins ridicule. Sarah Michelle Gellar est transparente au possible, tandis que Justin Timberlake joue les défoncés. Pour cela, il boit des canettes de bière en prenant un air hagard et parfois, il en renverse un peu par terre, voire même sur sa tête. Aucun doute, ce genre de prestation va casser son image de lover (second degré inside). Mais comme personne n'a vu ce film aux Etats-Unis, il n'a pas de soucis à se faire. Seann William Scott est encore celui qui s'en tire le mieux, c'est dire. Enfin, on a même l'insigne honneur de subir quelques scènes avec l'icône française du film ringard par excellence, j'ai nommé Christophe Lambert. Il ne manquait vraiment plus que lui pour compléter ce casting éblouissant de bêtise.


Mais l'histoire, me direz-vous? Et c'est bien le problème, car si on souhaitait faire un peu d'humour, on pourrait même admettre que le jeu d'acteur est encore la meilleure portion de SOUTHLAND TALES. C'est simple : Richard Kelly est parti dans un trip embrouillé et rasoir au possible, mêlant avec une subtilité de pachyderme des versets de l'apocalypse (ben voyons) et ses fameuses histoires du Southland, c'est-à-dire le sud de la Californie. Deux attaques nucléaires vont précipiter les Etats-Unis dans un troisième conflit mondial, ce qui pousse le gouvernement à prendre certaines mesures dont le contrôle rapproché de ses citoyens via un organisme tentaculaire, USIDent. Dans ce contexte difficile apparaissent un groupe de dissidents néo-marxistes qui se coupent les phalanges pour éviter d'être fichés via leurs empreintes digitales (malin), de même que le Baron Von Westphalen (hum) qui proclame avoir créé une nouvelle forme d'énergie propre, fondée sur les courants marins. Malheureusement, le générateur va provoquer un ralentissement de la rotation terrestre et créer une faille dans le désert de l'Arizona. Et cette faille, je vous la donne en mille, c'est non seulement une brèche dans la terre, mais c'est aussi une faille spatio-temporelle. Oh My God.

 

justin southland


Ainsi, on va suivre les péripéties de... attendez, le nom des personnages vaut le détour... Boxer Santaros (The Rock), une star de cinéma, Krysta Now (S.M. Gellar) ancienne actrice de X recyclée dans une émission de télé-réalité, ou encore les officiers Roland et Ronald Taverner, deux jumeaux interprétés par S.W. Scott. Ces derniers, ainsi qu'une douzaine d'autres intervenants vont se succéder devant nos yeux ébahis, faisant fi de toute cohérence scénaristique, toute plausibilité et justesse de ton, débitant un nombre de conneries à la minute qui frise l'indécence. Bien entendu, on retrouve ici ou là une idée intéressante, quelques répliques amusantes ou encore des moments assez délirants (notamment quand la musique est intégrée à la scène), mais l'ensemble est tellement vide de sens et de substance, Kelly poussant la misanthropie au point où cela n'est même plus drôle, que SOUTHLAND TALES aurait dû rester un projet de plus dans ses tiroirs poussiéreux, plutôt que cette production indigeste et prétentieuse. (C) Systool, 8/2009 

 

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SOUTHLAND TALES

USA – 2006

Commis par Richard Kelly

Avec The Rock, S.M. Gellar, S.W. Scott


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Un article de Syco sur Richard Kelly

Publié dans Movies

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vins 08/03/2012 10:27


cette critique de ce film me parait totalement partial et inexact,il est evident que le realisateur est ds le second degré ,encore faut il pouvoir le prendre comme tel, un film honnete et sans
pretention ou je trouve que les acteurs s en sortent plutot bien.


c est une fiction,je comprends que la critique négative est plus facile et tentante que l objectivité mais force est de reconnaitre que la bande son est super et que ce film remplie sa
miussion:passer un moment agreable.


ts les gouts son ds la nature humaine.


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


é

SysTooL 06/04/2010 14:03



Cela peut jouer en faveur de SOUTHLAND TALES, comme on en avait parlé déjà une fois...



Sycophante 06/04/2010 13:57



Là où je suis blasé, c'est que la version DVD est très différente de ce que j'avais vu (par chance) à Cannes... C'est le même syndrome que pour "2046" et ses fils barbelés en guise d'effets
spéciaux (toujours à Cannes)... Le brouillon était supérieur à la version finale...



SysTooL 03/04/2010 13:45



Le "R. Kelly" m'a fait marrer, en l'écrivant, puisque j'ai évidemment pensé la même chose... oui, il s'agit donc de 2 personnes différentes, mais le résultat est un peu similaire,
c'est vrai!



Thierry 03/04/2010 13:23



EN voyant le titre de l'aticle dans la rubrique de gauche, je me suis dit : "C'est pas possible", le Doc a fait un article sur un album de R. Kelly !


Je n'en revenais pas ;-)


J'ai presque été déçu qu'il s'agisse de la critique d'un film qui, apparemment, est presqu'aussi poussif qu'un disque de l'autre R. Kelly.