Fair Game (Doug Liman, 2010)

Publié le par Systool

Il y a quelques mois paraissait GREEN ZONE (de Paul Greengrass) avec Matt Damon dans le rôle d’un soldat américain pour le moins dubitatif quant aux véritables raisons de ses missions en Irak destinées à trouver des armes de destructions massives inexistantes. Et récemment, Doug Liman (qui a contribué à la trilogie BOURNE comme Greengrass, décidément !) remet les couverts en montrant une autre dimension du même problème : la justification boiteuse d’un conflit en Irak via les arcanes du pouvoir US. Il adapte à l’écran l’histoire vraie de Valerie Plame (Naomi Watts), agente de la CIA tentant d’accumuler un faisceau d’informations afin d’évaluer si l’Irak détient un programme de conception d’une bombe atomique et si oui, quel en est son avancement. Pour cela, elle fait appel à son époux Joe Wilson (Sean Penn) qui ira faire un tour au Niger, prétendu fournisseur d’uranium enrichi pour Saddam Hussein. Il semblerait que l’état africain – accablé par la misère - n’est pas disposé à fournir du yellowcake à qui que ce soit. Néanmoins, malgré des rapports plutôt rassurants, l’administration Bush mettra en avant la menace de l’Irak afin de frapper en premier, comme mentionné dans le fameux discours de W lors du State of the Union.

 

Fair Game New Poster

 

Après une première partie qui évolue dans le thriller politique de bonne facture, relativement rythmé, on est heureux de constater que Liman se concentre par la suite sur la tragédie qui s’abattra sur Wilson et Plame : aller à l’encontre du gouvernement, c’est s’attirer les foudres de la presse et l’ire des dirigeants, et Wilson passe bien vite pour un anti-américain, ou pire, un communiste. Sans vouloir dévoiler l’ensemble du récit, le couple tentera de combattre cette double injustice : celle d’un conflit injustifié mais surtout celle d’une famille trainée dans la boue. Naomi Watts incarne une femme aux nerfs d’acier, toujours en vadrouille mais qui saura trouver les ressources pour se concentrer le moment venu sur son époux, un homme buté ayant soif de justice, soit le genre de rôle que Sean Penn affectionne ces dernières années.

 

Ainsi, on est en présence d’une œuvre dans la tradition américaine, à la fois divertissante et politique, qui n’évite pas quelques faux pas lyriques, mais qui ne verse pas dans un patriotisme exacerbé pour autant. Le questionnement majeur que l’on peut soulever, c’est la raison d’être d’un tel film en 2010. Quitte à mettre en lumière une problématique aussi sérieuse (l’hypocrisie des décideurs en général), pourquoi n’en parler qu’aujourd’hui ? Cela rend FAIR GAMEpassablement inoffensif, du coup. Et même si le sujet précis importe peu (au fond, il ne s’agit que d’une illustration du fonctionnement répété des gouvernements), c’est certainement son plus gros point faible.

 

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FAIR GAME

USA – 2010

Réalisé par Doug Liman

Avec Naomi Watts, Sean Penn

 

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SysTooL 03/04/2011 16:13



Il manque de pêche, ce n'est pas assez prenant... dommage!



Thierry 22/03/2011 23:57



Enfin vu, depuis le temps qu'il trainait sur le DD.


D'accord avec toi : plutôt inoffensif, mais ma foi relativement bien joué et réalisé.



SysTooL 17/12/2010 22:06



Des idées de scénario pour... dans 5-10 ans ;-)



dr frankNfurter 17/12/2010 20:45



Par contre un film sur les sociétés de mercenariats comme Blackwater (qui a changé de nom depuis je crois) ou l'externalisation des conflits irakien ou afghan, ça resterait d'actualité.