Mardi 20 octobre 2009
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Difficile de taper sur CONVERGE. La formation du Massachusetts fait tellement l'unanimité que cela
semble presque suspect : pas un secoué du hardcore metal pour cracher sur la bande de Jacob Bannon. Il faut dire que le quatuor est parvenu à proposer un sans-faute
discographique depuis le lointain Halo in the Haystick datant de 1994. Certains érigeront When forever comes crashing (1997) ou You fail me
(2004) au sommet, d'autres – la majorité – ne pourront s'empêcher d'élever le sacro-saint Jane Doe (2001) au firmament d'une musique extrême et sans compromis. De toute façon,
CONVERGE met tout le monde d'accord en livrant des prestations scéniques abrasives au possible et en créant un contexte extramusical tout particulier : les accointances
straight-edge et l'iconographie réalisée avec soin par Bannon, la production signée par le gratteux Kurt Ballou ou encore le respect inconditionnel de la part des pointures du
hardcore metal ricain. CONVERGE est une institution, et en cela, ils n'ont rien à perdre.
A la différence de No Heroes, le
précédent opus datant déjà de 2006, la nouvelle galette voit la présence de nombreux invités, tels que Brodsky, McGrath et Connors de CAVE IN sur Effigy, les geeks de GENGHIS
TRON sur la crépusculaire Wretched World ou encore Steve Von Till (NEUROSIS) qui pousse la chansonnette sur Cruel Bloom. Mais
au-delà de ces collaborations diverses, il ne fait aucun doute que les véritables artisans du stratosphérique Axe to fall sont bien entendu nos quatre amis convergiens. Bannon
beugle comme un dément, et étant donné que le gaillard est tout clean (pas de drogues, ni d'alcool ou de viande), on en conclut que sa frustration bien palpable doit résulter
d'aspirations plus élevées qu'un manque patent de bibine ou de protéines. Kurt Ballou s'érige en patron du riff sanguinolent, nous gratifiant de percées plus proggy qu'à l'accoutumée, de même que
quelques soli de bon aloi. La section rythmique formée par Nate Newton et Ben Koller est toujours sur la brèche, le binôme maltraitant son instrument comme s'il
s'agissait d'une question de vie ou de mort. Koller semble particulièrement virulent sur des titres tels que Losing Battle ou l'introductive Dark Horse (une pure tuerie), ne
sachant plus où donner de la tête, un peu comme si des taupes (sic) sortaient inopinément de ses toms et qu'il devait taper dessus le plus vite possible, sauf qu'on est au niveau 8 et qu'il y a
plusieurs de ces mammifères fouisseurs qui pointent le bout de leur nez en même temps. La comparaison vaut ce qu'elle vaut et finalement, il ne tient qu'à vous de vous en faire une
idée.
Après un 4 x 100 mètres décapant (les quatre premiers titres d'Axe to fall) où la transmission du
témoin s'effectue de façon nette et sans bavure, on enchaîne avec la monolithique Worms will feed qui décline un fabuleux riff clair en fin de piste. CONVERGE excelle
dans des sonorités dissonantes et siderurgiques au possible (Damages) et dans la conception de moulinets supersoniques de six cordes (Wishing Well, Dead Beat). Ballou ne
manifeste absolument aucune pitié pour nos pauvres esgourdes, à l'image de la lame de fond sonore qui nous submerge dans Slave Driver. Les dix dernières minutes de l'album nous
permettent de reprendre notre souffle : l'acoustique Cruel Blood, où Von Till joue les Tom Waits, propose une variation intéressante et bienvenue pour un album si
agressif, même si les décibels montent fatalement sur la fin. Ce sont quatre harmoniques entêtantes qui ouvrent Wretched World, bien vite accompagnées par une ligne de basse discrète et
quelques parasites électroniques. Derrière le micro, c'est Mookie Singerman, le leader de GENGHIS TRON qui s'y colle : un chant habité et aérien empreint de
mélancolie, idéal pour conclure cet album dense et puissant. Le couperet est tombé : CONVERGE a frappé fort en cette année 2009. Très fort. On disait qu'il était difficile de
taper sur le groupe. Voilà pourquoi : au corps à corps, c'est toujours toi qui perds.
CONVERGE – Axe to fall (Epitaph Records, 2009)
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