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Depuis 2005, je vous expose mes passions en matière de musique, surtout rock et jazz, mais aussi mes coups de coeur cinéma et littéraires. Ce blog a une fonction de plate-forme afin que d'autres internautes partageant les mêmes centres d'intérêt (ou étant simplement curieux) puissent interagir. Bon surf, profitez bien et n'oubliez pas qu'un petit mot de votre part est toujours reçu agréablement...

 

 

 

Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /Déc /2009 08:05

Face à un individu aussi frondeur, faisant des cas concrets des généralisations, adepte du collage frénétique et des raccourcis faciles, la plupart des critiques adoptent une réaction épidermique du type « j'adore / je déteste ». Michael Moore divertit la population à sa façon depuis Roger et Moi, où il commentait la débacle de General Motors et son usine de Flint, dans le Michigan, berceau du réalisateur. Par la suite, le trublion à la casquette constamment vissée sur la tête s'est attaqué à d'autres moulins à vent : les origines de la violence des jeunes (Bowling for Columbine), le terrorisme ou plutôt ce que le gouvernement en a fait (Palme d'Or pour Fahrenheit 9/11) et le système de santé aux Etats-Unis (Sicko). Le voici de retour avec Capitalism : A Love Story, pour lequel il décrit la situation concrète de citoyens américains expropriés et de travailleurs renvoyés sans préavis de leur fabrique d'automobile. Et tout cela, nous dit-il, survient à cause du capitalisme, cette entité tentaculaire qui a bercé l'Amérique depuis près de 50 ans, faisant croire à la population que le libre marché était la solution et que l'on allait tout de même pas faire comme ces « socialistes » européens ou pire, les communistes soviétiques. Sauf qu'avec Carter et Reagan, le rêve américain s'est mis à franchement battre de l'aile quand les salaires des employés ont stagné, le chômage et la criminalité ont explosé, tandis que les grandes compagnies et les banques faisaient florès.

 


Ainsi, Michael Moore tire à boulets rouges sur Bank of America, Wall Street et les différents symboles du capitalisme, débutant sur un parallèle amusant entre l'empire romain et les Etats-Unis, puis nous déclinant certaines des aberrations du système : les assurances-vies que les grandes firmes contractent sur le dos de leurs employés, le status difficile des pilotes de ligne qui gagnent 20'000 USD par an et se voient souvent obligés de multiplier les jobs pour survivre, sans parler du cas édifiant de Chesley Sullenberger, héros national qui a posé sans pertes civiles un Airbus en 2009, mais qui dans la vraie vie reçoit 60% de son salaire d'il y a 10 ans et ne touchera pas de retraite. La récente crise économique de 2008 est abordée au mitan du film, non sans mentionner l'infiltration du ministère des finances par les magnats des grandes firmes telles que Goldman Sachs, comme l'ami Paulsen qui a géré en douce le prêt en urgence de 700 Mia de Dollar suite à la débacle de Wall Street. Oui, la capitalisme, ça craint, c'est injuste, les riches deviennent toujours plus riches et les pauvres n'ont que leurs yeux pour pleurer (et encore!). On nous a menti, on nous a vendu des assurances en tout genre, fait hypothéquer notre maison, proposer des crédits divers et cet édifice, subitement, s'est écroulé et l'on s'est rendu compte que les têtes pensantes de l'économie de marché ne savaient pour ainsi dire même pas ce qu'elles faisaient, que leur joujou pourri depuis sa conception ne fonctionnait plus.

 


Mais heureusement, des gens se mobilisent désormais, comme nous le montre Michael Moore (nettement plus discret à l'écran que par le passé) : des personnes expropriées squattent leurs propres maisons, contre l'avis des banques qui les ont mis dehors, les employés d'une usine du Michigan ont manifesté et finalement reçu leurs arriérés, on se plait à croire à un changement avec Barack Obama... Le caractère sarcastique de cette chronique ne fait que refléter mon ambivalence face à Michael Moore. Ce fils d'ouvrier de Flint sait de quoi il parle quand il évoque les affres du capitalisme et possède un certain talent pour accumuler les informations à l'écran sans que le spectateur ait véritablement le temps de tirer les conclusions qui s'imposent, mais sa façon de procéder à toujours eu quelque chose d'irritant. Dans Capitalism : A Love Story, il met en exergue uniquement les mauvais aspects de ce système (et Dieu sait qu'il y en a), laissant entendre que c'était quand même mieux avant et que les choses auraient été différentes aujourd'hui si la réforme constitutionnelle de Franklin Roosevelt garantissant un toit, un emploi et la dignité à tout citoyen avait été finalisée. Certes. Il n'empêche que ce genre de discours s'avère totalement stérile. De même, débarquer devant la Bank of America avec des sacs en toile et demander au portier de rembourser la population, entourer le bâtiment avec le ruban « Crime Scene, do not cross » devant l'oeil consterné du cerbère, c'est drôle et ça détend l'atmosphère, mais ce côté spectaculaire, populiste et rempli de bons sentiments laisse parfois un goût amer. Les intentions et les cibles sont les bonnes, mais les moyens se révèlent toujours discutables, en somme...

 


Capitalism : A Love Story

USA – 2009

réalisé par Michael Moore

 


 

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Par Systool - Communauté : Chronique de nos films
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