A. Maupin : Chroniques de San Francisco (Ed. 10/18)

Publié le par Systool

Roman initiatique mettant en scène la jeune Mary Ann Singleton, originaire de l'Ohio qui décide de découvrir la grande vie en s'installant à San Francisco, Tales of the City représente le premier volet des chroniques d'Armistead Maupin. Le récit s'appuie sur de courtes scènes au rythme enlevé, à l'humour débordant et au caractère libertin. En effet, on suit la prude Mary Ann et une ribambelle de personnages haut en couleur de Frisco, à l'orée des années 70, dans ce qui s'avère un panorama de la jeunesse post-hippie, volage et pansexuelle. Citons par exemple Mme Madrigal, sa logeuse au 28, Barbary Lane, psychédélique sur le retour qui fait pousser des plantes de marijuana, ou encore sa voisine Mona, délurée et dépressive. Sans oublier Michael Tolliver, homo maniéré qui, semblerait-il, constitue une sorte d'alter ego de l'auteur. Ce petit monde, ainsi que plusieurs personnages truculents du bureau où est employée Mary Ann (les Communications Halcyon) va évoluer tant bien que mal dans cette ville de tous les possibles, où le supermarché du flirt et les libidinages vont bon train.

 

maupin chroniques san francisco

 

On appréciera le ton relativement léger de Maupin, ainsi que ces chapitres qu'on devrait plutôt appeler vignettes, durant en général 3-4 pages, et conférant passablement de rythme au récit. Les quatre cent pages de ces Chroniques de San Francisco se lisent en effet très rapidement et on ressent une certaine sympathie pour les figures du récit, Maupin se révélant un conteur à la fois habile et sensible. Sur le fond, on peut par contre se lasser rapidement des ragots et des déboires de Mona et Michael « Mouse » Tolliver... La réputation de Maupin s'est par ailleurs faite en grande partie parce qu'il a préfiguré le mouvement littéraire gay de ces trente dernières années, ce qui lui a valu d'être quelque peu cantonné dans ce milieu, alors que l'on devrait considérer ses chroniques comme une certaine vision de la jeunesse américaine des années 70, insouciante et futile, mais certainement moins névrosée et butée que celle d'aujourd'hui. (C) Systool, 4/2010

 

Armistead Maupin – Chroniques de San Francisco

(Tales of the City)

disponible en français aux éditions 10/18

Publié dans Books

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SysTooL 18/02/2011 16:49



Je crois que je me trouvais systématiquement dans les 2 opposés que tu décris en lisant cela... ça doit être ça qui m'a saoulé, finalement!!! :-)



D&D 18/02/2011 11:54



D'un côté, je me dis que ce devait être plus rigolo d'être jeune dans les années 70 ; de l'autre, c'est la génération qui a nécessairement le plus contribué à l'état du monde à ce jour. Donc y
doit y avoir un lézard quelque part :-)))


Pas lu les "chroniques"... M'aideraient peut-être à comprendre !


Bon week, doc'.