JETHRO TULL : Ramble in the Jingle (biographie)

Publié le par Systool

Formés en plein boom du blues-rock à la fin des sixties, les JETHRO TULL allient la puissance de ce style à un folk-rock pittoresque et la flute délicate de son leader, Ian Anderson. Ce curieux mélange en fait un groupe en marge qui a su, malgré l’indifférence ponctuelle des critiques, obtenir un statut enviable dans le paysage rock et survivre jusqu’à aujourd’hui en dépit des nombreux changements de line-up.

Ian Anderson, chanteur-guitariste-flutiste natif d’Edinbourg, débute dans les JETHRO TULL avec Glenn Cormick (basse), Mick Abrahams (guitare-chant) et le batteur Clive Bunker, après avoir joué avec d’autres musiciens qu’on retrouvera par la suite… Nous sommes alors en 1967 et sur les conseils de deux managers du nouveau label Chrysalis, on aimerait laisser la place centrale au guitariste Mick Abrahams et mettre Anderson et sa flute moyen-âgeuse sur le côté, craignant que le groupe ne puisse décoller avec la configuration du moment, trop atypique. 

 


En juin 1968, JETHRO TULL ouvre pour les PINK FLOYD lors du festival gratuit de Hyde Park et deux mois plus tard, ils signent un contrat chez Island Records. Anderson demeure la figure centrale du band et bien vite, Abrahams passe son chemin, non sans être remplacé par Martin Barre. A noter que Tony Iommi (futur BLACK SABBATH) et Davy O’List, qui jouera dans THE NICE, auditionneront sans succès. Le premier album du groupe, This Was, est très orienté blues rock en raison de l’influence encore majeure de Abrahams, mais le groupe changera alors de direction pour explorer les territoires folk chers à Anderson.

Ainsi Stand Up et Benefit, les deux albums suivants, nous montrent clairement l’orientation du groupe et des titres comme A new Day Yesterday, Bourée (composée en partie par J.S. Bach) ou Teacher sont les meilleurs exemples de la maestria d’Anderson et ses comparses, qui partagent l’affiche, en juillet 1970, avec Hendrix et BB King à Atlanta. 



Les albums suivants voient la présence de John Evan, un claviériste qui avait débuté avec Anderson en 1965, dont la précieuse contribution développera grandement le son de JETHRO TULL. On retrouve également à la basse John Hammond-Hammond, une vieille connaissance. Ainsi Aqualung et Thick as a Brick, sortis respectivement en 1971 et 1972, seront le point d’orgue de la carrière du groupe. Le premier, une perle de blues-folk, contient les hits Locomotive Breath, Crossed-eyed Mary et le morceau-titre, Aqualung. Les textes de Ian Anderson sont particulièrement marquants ; ce dernier n’hésite pas à traiter des sujets tels que la relation de l’homme avec Dieu, à son avis dénaturée par la création des organisations religieuses. Thick as a Brick, le LP suivant, mérite un commentaire en ce qui concerne sa construction. Il s’agit en effet d’un seul morceau, scindé en 3 parties, faisant la part belle à la guitare acoustique d’Anderson et l’électrique de Martin Barre. Ces deux albums bénéficient de critiques solides et d’un excellent accueil autant en Angleterre qu’aux Etats-Unis.



 

A Passion Play, leur effort suivant, remporte haut-la-main l’admiration des fans malgré des avis plutôt mitigés dans la presse spécialisée, qui blâme la longueur excessive de l’album, une autre variation sur un seul thème, ainsi que le caractère abscons des textes. En 1974 paraît War Child, un retour à des titres d’une longueur plus raisonnable, mais également un semi-échec critique malgré la présence de titres tels que Bungle in the Jungle et Back-door Angels. L’album suivant, Minstrel in the Gallery, remet les pendules à l’heure et nous ramène un groupe en santé. Preuves en sont le titre éponyme, au riff de guitare vraiment hard-rock, ou la délicate Requiem. N’oublions pas le plat de résistance, Baker Street Muse, une pièce de près de 17 minutes dans la continuité de Thick as a Brick.  



 

En 1976, un remaniement se profile : Hammond-Hammond fait ses valises et John Glascock reprend la basse pour l’album suivant, Too old to rock ‘n roll, too young to die !. Les critiques jaseront longtemps sur son aspect autobiographique mais Anderson se défendra en disant qu’il souhaitait simplement décrire les motards nostalgiques de leur jeunesse de rockers... Quoi qu’il en soit, il recèle des morceaux efficaces comme Quizz Kid ou Taxi Grab. La suite mérite également le détour, puisque Songs from the Woods et Heavy Horses sont à considérer comme d’excellents albums, mêlant à la perfection les accès rock et les parties folk délicates.

Un événement tragique aura lieu en 1979, lorsque John Glascock décèdera des complications d’une intervention chirurgicale. De nombreux changements de line-up auront lieu alors, parmi lesquels la venue transitoire de Eddie Jobson, un virtuose ayant déjà collaboré avec KING CRIMSON et Frank Zappa. Les albums suivants seront nettement inférieurs, désormais, et la carrière du groupe sera ponctuée par les sorties d’albums solo de Ian Anderson ainsi que de nombreux coffrets inédits et best of que Chrysalis et EMI s’évertueront à publier à une fréquence énervante. JETHRO TULL bénéficie néanmoins d’un bon soutien lors de ses tournées, dont la dernière se poursuit alors que nous écrivons ces lignes…

EN ECOUTE...

- "Aqualung" sur le lecteur à gauche

 

Publié dans Rock Legends

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bagheera 07/01/2006 21:46

slt systool, j'ai pas trouvé MUSE, mais c pas plus mal, je suis tombé sur Jethro tull ( que je surnomme j'ai trop de tune ) , j'ai decouvert ce groupe assez recemment, en m'interesant a la musique celtique, vu qu'ils sont d'ecosse, et le musicien/danseur dont je t'ai parlé & dont je suis fan, est flutiste lui aussi, comme Ian Anderson, et s'inspire a mon avis de lui dans ses shows mme si son style de jeu a lui est + celtique que rock. Donc, jethro forever... indemondable les vendeurs de saumons, musiciens et ecossais... Aussi celebres que le loch ness et le whisky, le 3eme meilleur produit d'ecosse, pour moi, c pas  le prince charles ( pouah ! ), c jethro tull, bien sur !  Tres bon article, et excellent hommage a une peok qui ne peut que faire rever qu'elle revienne au gout du jour ! Laura

Systool 08/01/2006 12:40

Ah Jethro mal à la tête... merci Bagheera... ;-)

jack the ripper 29/12/2005 03:10

Je viens de decouvrir "Song From The Woods" , l'un des rares qui me manquait ... eh ben , pas mal du tout ! Non c'est marrant parce que j'etais persuadé que celui là etait trés nul , je sais pas pourquoi , peut etre le titre un peu trop bucolique ! lol

Systool 29/12/2005 09:14

;-)

Alison 17/11/2005 12:50

Oh ça m'en rappelle des choses ça....

Artis 02/11/2005 21:06

Je ne compte même plus tout ces moments d'extase écoutant la Bourée. Tiens, d'ailleurs j'ai des partoches, j'ai commencé Locomotiv breath au piano ^^ pied intégral :D

Roanne 29/10/2005 14:37

Je me suis perdue sur ton blog, mais je n'ai plus envie de retrouver mon chemin ! Je suis une ignarde musicalement, et là ça me donne vraiment très envie d'aller écouter cela de plus près...

REP : Ce genre de commentaire me fait plaisir... Merci et bonnes découvertes!