T.REX : 20th Century Schizoid Boy (chronique)

Publié le par Systool

Marc Bolan (né Marc Feld) est l’une des grandes figures du rock des années 70. On lui attribue généralement la création du glam-rock ainsi qu’une influence réciproque avec David Bowie. Son groupe, T. Rex, est l’une des forces majeures de la scène rock et il squatte les charts européens durant la première moitié des seventies. Malgré un succès plus bref outre-Atlantique, Bolan aura influencé nombre de musiciens et contribué, parmi d’autres, à la création du hard-rock autant pour sa musique que pour ses accoutrements.




 

Après une brève carrière de mannequin, le jeune homme aux cheveux bouclés débute dans la musique. Nous sommes en 1965 et la signature chez Decca lui permet de sortir un single, The Wizard. Après des tentatives avortées avec les JOHN’S CHILDREN, Bolan forme TYRANNOSAURUS REX en compagnie du percussionniste Steve Peregrine Took (les fans du Seigneur des Anneaux souriront). Leur premier album, produit en 1968 par Tony Visconti - qui collaborera par la suite avec Bowie – nous montre déjà les inclinations de Bolan pour des atmosphères aériennes et des textes teintés de figures fantastiques. Après ce premier album, sobrement intitulé My People were fair and had Sky in their Hair…but now they’re content to wear Stars, Bolan et Took continuent sur leur lancée et quelques mois plus tard paraît leur second album, Prophets, Seers and Sages The Angels of the Ages.

 

 

 

 

Dans la même ligne directrice folk-rock que son prédécesseur, ce deuxième LP développe des thématiques mystérieuses, pour ne pas dire carrément absconses. Parmi les meilleures pièces, on citera Wind Quartets, Consuela ou encore Scenes of Dynasty, séquelle de Scenescof présent sur le premier album.

 

 

Bolan en profite alors pour publier son premier recueil de poésie, The Warlock of Love, qui jouit d’un succès indéniable. En 1969, le troisième album des TYRANNOSAURUS REX est fin prêt : Unicorn se révèle par ailleurs leur premier à être distribué aux Etats-Unis. On assiste ici à une véritable transformation ; en effet, Bolan électrifie sa guitare et Took a troqué ses percussions pour un vrai kit de batterie. Parmi les perles de l’album, on citera Cat Black, She was born to be my Unicorn, The Sea Beasts et l’ouverture Chariots of Silk. voir chronique de Thom
 

 Durant la tournée américaine, Bolan et Took se prennent le bec et bien vite, le second plie bagage. Mickey Finn le remplace alors et en 1970, leur première collaboration, A Beard of Stars, se solde par un succès commercial relatif.

 

Une transformation substantielle a lieu en octobre 1970, lorsque Bolan rebaptise le groupe T. REX. Ce nouveau patronyme apparaît pour la première fois sur la pochette du single Ride a White Swan, un classique du band. Un nouvel album, simplement appelé T. Rex, voit le jour la même année. Ce cinquième LP est à considérer comme une œuvre transitionnelle, reprenant là où A Beard of Stars nous avait laissé et lorgnant déjà du côté de Electric Warrior, le chef-d’œuvre de T. REX qui sortira un an plus tard. En effet, Bolan a enrichi le son du groupe et prend un malin plaisir à revisiter certains titres comme The Wizard, une ancienne compo. Jewel et Sun Eye sont d’autres pièces majeures de cet album sensationnel.

La manœuvre suivante de Bolan – délaisser la formule duo et former un vrai groupe – portera ses fruits. Bill Legend et Steve Currie, respectivement batteur et bassiste, viennent prêter main forte à T. REX et ce n’est pas la sortie des singles Hot Love et Get it on qui nous démentira. Get it on occupera la première place des charts anglais, annonçant en trombe l’album Electric Warrior.

 

 

La métamorphose se produit alors et, de musicien folk-rock, Bolan devient le symbole du glam-rock qu’il aura contribué à créer. Il demeure dans cet album des reliques des anciens T. REX, sythétisées par des ballades acoustiques comme Cosmic Dancer, mais il convient de préciser que nous nous trouvons principalement dans un territoire où les volts sont rois. Mambo Sun, Jeepster, Bang a Gong (Get it on) et Life’s a Gas sont quelques-uns des titres les plus représentatifs de cet album somptueux. Bolan nous livre des textes toujours empreints de mythologie bizarre mais également de pulsions sexuelles assumées. La saveur immédiate des titres en fait sans conteste l’unes des grandes réussites en matière de rock.

 

Le groupe devient un phénomène (qu’on nommera la T-Rextacy) et la prestation de Bolan, affublé de son haut-de-forme mythique et de chaussures compensées, interprétant Get it on pour la BBC restera dans les annales. En 1972, l’aventure continue avec The Slider, le témoignage suivant des T. REX. Annoncé par les singles Telegram Sam et Metal Guru, atteignant tous deux la cime des classements british, il n’a rien à envier à son prédécesseur. Bénéficiant d’une production plus directe et d’un son de guitare plus tranchant, il se place dans la continuité thématique et musicale de Electric Warrior. Bolan explore toujours des univers doucement ridicules ou à connotation ouvertement sexuelle, tout comme Bowie, qui nous livre au même moment son grand classique, Ziggy Stardust.


L’année suivante suivra Tanx, un album sur lequel Bolan a élargi ses horizons en ajoutant des cuivres et des voix soul - l’ami Bowie fera de même deux ans plus tard avec Young Americans (décidément). Composé d’excellentes pistes comme la ballade Broken Hearted Blues et le puissant Country Honey, Tanx marque en quelque sorte la fin de l’ère dorée des T.Rex, dont les singles 20th Century Boy et The Groover seront les derniers à squatter la cime des charts. On assiste à cette époque à plusieurs changements dans le line-up du groupe : Jack Green vient prêter main forte à la guitare, trois chanteuses, dont Gloria Jones – la future petite amie de Bolan – viennent remplir les rangs, et Bill Legend quitte le groupe.

 

L’album suivant (Zinc Alloy and the Riders of Tomorrow) sortira sous le nom MARC BOLAN AND T.REX et malgré quelques belles compositions, dont Teenage Dream et Venus Loon, il est inférieur aux précédents opera, tout comme Bolan’s Zip Gun (1975), Futuristic Dragons (1976) et Dandy in the Underworld (1977). Bolan comprend alors que c’est le moment de changer de direction et il parvient à créer un show télévisé sur Granada TV, Marc, qui verra comme invités Generation X ainsi que David Bowie en duo avec Bolan.

 

Malheureusement, cette émission bénéficiant d’un succès assez important ne durera pas longtemps puisqu’en septembre 1977, Bolan périt dans un accident de voiture. Une triste fin pour l’icône des années 70 que fut le chanteur des T. REX. Il n’est cependant pas trop tard pour découvrir sa musique et si vous ne souhaitez pas forcément acquérir les nombreux excellents albums du groupe, vous pouvez jeter votre dévolu sur l’une des compilations sorties ces dernières années : 20th Century Boy : The Ultimate Collection, un best of particulièrement réussi contenant 23 chansons.

 

 

Publié dans Rock Legends

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Commenter cet article

Miléna 06/11/2005 01:16

AAAAaaah ! mais voilà j'ai découvert T-Rex y'a deux semaines et j'A-D-O-R-E !

Le pire c'est que je ne savais même pas que tu avais fait un article dessus puisque c'était pendant la période où je n'avais pas internet (oui c'est pas une excuse)...
Alors donc merci la médiathèque où j'ai pris un best of "Great Hits, The B-sides 1972-1977" et où je vais me jeter maintenant sur les albums ! Et merci Systool pour l'histoire du groupe !

C'est con y'a 2 heures je me disais qu'il fallait que je fasse un article sur eux tellement ça m'a époustoufflé, mais je verrai...

Mes chansons coup de coeur sur ce best of : Jitterbug Love, Chrome Sitar, Life's an Elevator...

C'est beau le rock...

REP : Ouais T.Rex c'est sympa. Surtout ELECTRIC WARRIOR...

zordar 30/09/2005 21:17

La culture sacrifiée au nom de l'industrie automobile !!

Dominique 26/09/2005 20:45

avance *


( là je crois que c'est bon... )

Dominique 26/09/2005 20:44

rendons *



( décidement... )

Dominique 26/09/2005 20:44

vénérait *