Terry Gilliam : Brazil psychiatrique!

Publié le par Systool

Révéré des uns, méprisés des autres, Terry Gilliam a su créer une œuvre cinématographique unique. Ses personnages absurdes ou terrifiants évoluant dans des environnements fantastiques et burlesques ont donné vie à des films cultes tels que Brazil ou Las Vegas Parano, sans oublier sa collaboration au sein des Monty Pythons.

 



Citoyen américain émigré en Angleterre à 27 ans, en 1967, Gilliam débuta dans le milieu télévisuel en créant un show pour enfants des plus bizarres, ses dessins animés mêlant un fatras de photos, coupures de journaux et autres références pas toujours compréhensibles pour un marmot. Après quoi il est repéré par la troupe de comiques britanniques des Monty Pythons. Outre le fait de participer à l’écriture des scénarios et des sketches, on donne carte blanche à Gilliam afin qu’il crée des intermèdes animés. Il faut dire que son imagination débordante colle bien avec la verve créatrice du reste de la troupe. Leur premier film, le célébré Monty Pythons and the Holy Grail (Sacré Graal en VF) est un succès. L’humour absurde et décalé fait mouche et le film conserve encore aujourd’hui toute sa fraicheur. Il narre la légende du Roi Arthur et de ses compagnons, les chevaliers de la Table Ronde. Gilliam figure dans le cast et joue un laquais imitant le trot du cheval en tapant des noix de cocos l’une contre l’autre. Truffé d’anachronismes et de situations délirantes, Sacré Graal est un classique du cinéma britannique.

 



En 1976, Gilliam se lance dans un projet en solo, Jabberwocky, également situé à l’époque médiévale. Dennis Cooper, le héros de l’histoire, subit une suite de mésaventures qui le conduiront à se battre contre un monstre appelé justement Jabberwock. Dans la même veine que Sacré Graal, ce film peine cependant à capter l’attention en raison de certaines redondances. On saluera néanmoins l’humour grinçant et l’imaginaire visuel de Terry Gilliam.
 
Le réalisateur américain retrouve alors ses amis pythons et ils se lancent ensemble dans leur deuxième film, La Vie de Brian, l’histoire hilarante d’un type que les Rois Mages, par manque de discernement, prennent pour Jésus Christ. Le pauvre homme va subir les conséquences de cette méprise…

 



En 1981, Gilliam retente l’aventure en solitaire et cette fois, son Time Bandits attire l’attention de certains critiques et un public sensible à son esthétique commence à se former. Ce film conte le voyage dans le temps d’un jeune garçon qui rejoint un groupe de nains et va croiser dans son périple de nombreux personnages célèbres : Napoléon (interprété par Ian Holm, le Bilbon du Seigneur des Anneaux), Agamemnon (Sean Connery) ou encore Robin des Bois, qui est joué par John Cleese, l’un des Monty. La bande originale du film est composée par George Harrison, le Beatle tranquille qu’on retrouvait déjà dans une scène de La Vie de Brian !
 
Deux ans plus tard paraît le troisième et dernier film des Pythons, Monty Pythons and the Meaning of Life, toujours très drôle même si la finesse des Britanniques en prend un sacré coup. Les comédiens s’employent à répondre aux questions existentielles par l’intermédiaire de vignettes désopilantes…

 



En 1985, Gilliam crée son film le plus acclamé, Brazil, fresque fantastique et décalée d’un monde totalitaire digne de Kafka et Orwell. Jonathan Pryce interprète Sam Lowery, un statisticien solitaire et rêveur qui se prend pour un super-héros sauvant une belle jeune femme (Kim Greist). Il lui faudra trouver les ressources nécessaires lorsqu’il est mêlé au meurtre d’un citoyen innocent, assassiné par erreur en raison d’un bug informatique, et qu’il fait la rencontre d’un plombier terroriste (Robert de Niro), qui est la cible réelle de la Machine.
 
Il faudra ensuite attendre quatre ans avant de retrouver Gilliam dans sa prochaine réalisation, Les Aventures du Baron de Munchausen, qui nous font suivre les mensonges et illusions de ce baron qui crée des guerres, s’envoie dans les airs avec un canon et se fait gober par une baleine. Le fameux syndrome médical de Munchausen est de la même origine : une mère pense sans cesse que son enfant a une maladie donnée et consulte sans discontinuer différents médecins…
 
Suivra Fisher King qui met en scène Jeff Bridges dans le rôle de Jack, un DJ new-yorkais désabusé qui, de par ses déclarations négatives sur les ondes, provoque le meurtre de plusieurs personnes par un auditeur. Après une longue dépression et sur le point de mettre fin à ses jours, Jack rencontre un sans-abri mystérieux, interprété par Robin Williams

 



Gilliam renoue ensuite avec le fantastique : 12 Monkeys (L’Armée des 12 Singes) nous emmène en effet sur les traces de James Cole (Bruce Willis), un prisonnier en 2035 qui doit faire un voyage dans le passé pour retrouver l’origine de l'épidémie qui a dévasté la quasi-totalité de la population à son époque. Arrivé en 1990, il rencontre une psychiatre (Madeleine Stowe) ainsi qu’un étrange personnage (Brad Pitt) qui semble impliqué dans cette histoire…
 
Fort de ses succès au niveau commercial et de l’adulation de nombreux acteurs célèbres, Terry Gilliam peut continuer à réaliser ses films tourmentés et bizarroïdes et en 1998, il décide d’adapter un roman de Hunter S. Thompson, l’un des plus grands critiques de musique rock. C’est Fear and Loathing in Las Vegas (Las Vegas Parano), trip halluciné dans la Capitale du Jeu mené par un scribouillard déjanté (Johnny Depp) et son ami avocat, le truculent Benicio Del Toro. Il n’est pas vraiment question ici de trame scénaristique alambiquée. Gilliam nous immerge dans les délires sous mescaline, ether, LSD et autres psychotropes que les deux larrons absorbent en quantités industrielles… Un film ultime sur la drogue.

 



Gilliam décide ensuite de mettre à bien un projet qui lui tient à cœur depuis de nombreuses années : l’adaptation du célèbre Don Quichotte. Il faut bien dire que le personnage absurde de Cervantès, combattant des moulins à vent invisibles, est taillé sur mesure pour l’imagination débordante de Gilliam. Malheureusement, il restera dans le domaine du fantasme puisqu’une série impressionnante de mésaventures minera le tournage du film : difficultés d’abord à trouver des fonds, intempéries dévastant le plateau, blessure au dos de Jean Rochefort, qui devait interpréter le fameux Don Quichotte… Ces calamités sont désormais disponibles pour le fan de Gilliam étant donné que Keith Fulton et Louis Pepe ont tourné un documentaire retraçant les péripéties du tournage, Lost in La Mancha.

 



Dernièrement, Gilliam s’est attelé à d’autres sujets qui seront bientôt sur nos écrans : Les Frères Grimm, avec Matt Damon et Heath Ledger, ou encore Tideland avec Jeff Bridges.

 

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Gnette 12/10/2007 16:25

Enfin c'est ce qu'ils nous ont raconté. Mais comme ça déconnait à plein tube, je ne sais pas dans quelle proportions il faut prendre au premie degré ce qu'ils disaient ...Au fait, en me relisant je vois que mes textes sont pleins de fautes. Excuse moi.

Systool 12/10/2007 17:25

Les fautes d'orthographe sont la dernière chose qui compte... ;-)Merci d'être repassé. Tu es toujours le bienvenu

Gnette 12/10/2007 15:28

Terry Giliam, excellent. Super réal même si ces derniers films m'ont moins convaincus (Les frères grimm et Tideland).Petite anecdote : J'ai eu la chance d'assister il y a quelques années à une soirée consacrée aux Monty Python en la présence des deux Terry (Gilliam et Jones). Il ont racontés que Terry Jones rêvit de faire un film avec tout plein de chevaux. Ils nt lancé Sacré Graal mais comme ils n'avaient pas de moyens, ils ont du se résoudre à les suprimer et à les remplacer par les fameuses Coconuts...Bonne continuations et surtout n'oublie pas : Always look on the bright side of life !

Systool 12/10/2007 16:05

Super anecdote... je ne savais pas que c'était parti de là... et pour ce qui est des derniers Gilliam, je me suis résolu à ne pas les voir lors de leur sortie cinéma en raison des critiques très moyennes...

corps accords 01/10/2006 00:27

Merci de cet hommageA l'un de mes pères spirituelsL'irrévérence est parfois cruellePour les imbéciles un peu trop sages(Lui)

Systool 01/10/2006 12:11

C'est joliment dit!;-)

MERENGUE 29/03/2006 17:10

Excellente référence dans le cinéma qui vous en retourne une bonne. Son oeuvre inachevé sur Don Quichotte était du pur bonheur. Quant à son passé de Monty Python, un passé glorieux.

eric 15/02/2006 08:11

brazil est un pur chef d oeuvre avec un vrai message politique. sarko avec toutes les propisitions qu il nous fait nous dessine de plus en plus l univers de brazil