CLINT EASTWOOD : Billion Dollar Papy (bio)

Publié le par Systool

Peu d'artistes américains peuvent se targuer d'avoir eu une carrière aussi brillante en tant qu'acteur et réalisateur que Clint Eastwood. Ce natif de San Francisco a en effet tout d'abord marqué le cinéma grâce à ses rôles de justicier à mille lieues des caricatures à la John Wayne, dans des classiques inoubliables comme la Trilogie des Dollars de Sergio Leone. Ses succès suivants, entre la série de l'inspecteur Harry ou encore ses réalisations plus récentes (Sur la Route de Madison, Mystic Rivers, Million Dollar Baby) ont fait de lui un intouchable du cinéma américain, un homme intègre et entier qui interprète souvent des personnages en proie au doute et confrontés à leurs démons.

 

Clint roule sa bosse en travaillant comme bûcheron ou encore dans une station-service, avant de faire une brève apparition dans Tarantula, un navet typé gros monstres qui attaquent la ville comme on en faisait tant durant les années 50. C'est le fantastique Sergio Leone qui lui donnera sa chance en l'engageant dans Pour une poignée de Dollars (A Fistful of Dollars) en 1964. La trentaine accomplie, Eastwood campe un chasseur de tête, L'Homme sans Nom, qui offre ses services à deux bandes rivales. On remarquera que le scénario est calqué sur celui de Yojimbo, une oeuvre majeure du japonais Akira Kurosawa. Le succès de ce western spaghetti ne sera pas immédiat dans les contrées de l'Oncle Sam, puisqu'il n'apparaitra pas avant 1967 dans les salles américaines. Néanmoins, Clint Eastwood rempile pour les suites Et pour quelques Dollars de plus (For a few Dollars more) et surtout Le Bon, la Brute et le Truand (The Good, The Bad and The Ugly) qui mettent plus que jamais en exergue le talent de réalisation de Leone, entre ses fameux plans serrés, ses ambiances pittoresques et la musique omniprésente de Ennio Morricone. Eastwood devient enfin une célébrité grâce à ce personnage taciturne et mystérieux tout aussi cupide que les autres et, fort de cette collaboration avec le regista italien, se lancera dans la production en créant sa propre maison Malpaso qui financera notamment Pendez-les haut et court (Hang 'em high) en 1968.

 

Toute l'autorité de Clint dans cette phrase : "A couple of Steps back..."


La rencontre avec Don Siegel sera un autre événement marquant dans la carrière de Clint Eastwood, puisque les deux hommes sont à l'origine du personnage de l'inspecteur Harry Callahan, flic violent et utilisant des méthodes à la limite de l'illégalité, qu'on retrouvera dans cinq épisodes de qualité variable : L'inspecteur Harry, Magnum Force (de Ted Post), L'Inspecteur ne renonce jamais (de James Fargo), Le Retour de l'inspecteur Harry et L'inspecteur Harry est la dernière cible. A noter qu'Eastwood réalise son premier film en 1971, Un Frisson dans la Nuit (Play Misty for me), un thriller dans le milieu du sexe, mais c'est Honkytonk Man et surtout Impitoyable (The Unforgiven) qui lui valent la réputation qu'on lui connait. Ce dernier film retrace le parcours de William Munny, un tueur et ancien alcoolique qu'on appelle à la rescousse pour liquider un sheriff peu scrupuleux. On y retrouve des thèmes récurrents chez Eastwood : le meurtre, le repenti, la vengeance. Désormais l'américain jouera de moins en moins dans les films des autres, se limitant à apparaître dans ses propres réalisations et composant de manière sporadique la musique, en grand adepte de jazz qu'il est.

Dans Un Monde Parfait, on suit l'évadé Butch Haynes (Kevin Costner) qui kidnappe un enfant et sera pourchassé par Red Garnett, le policier interprété par Eastwood, tandis que Sur la Route de Madison (également adapté d'un roman de James Robert Waller) met en évidence une facette plus touchante de la personnalité du réalisateur, qui interprète un photographe rencontrant une femme au foyer esseulée (Meryl Streep). On citera encore Minuit dans le Jardin du Bien et du Mal – histoire de meurtre passionnel sur fond de vaudou - qui comprend un casting éblouissant (John Cusack, Jude Law, Kevin Spacey), de même que Jugé Coupable (True Crime) qui aborde la thématique épineuse d'un condamné à mort afro-américain dont le journaliste Steve Everett, un peu trop porté sur la bouteille, veut prouver l'innocence. Ces dernières années, Clint Eastwood a élargi son champ d'action en se distanciant passablement des personnages de justicier – aussi atypiques soient-ils – qu'il a souvent interprété : dans Mystic River, il met en scène Tim Robbins, Sean Penn et Kevin Bacon, trois amis d'enfance se réunissant après la mort mystérieuse d'un enfant. Récipiendaire de quatre Academy Awards, dont celui de meilleur film, meilleur réalisateur et meilleure actrice principale, Million Dollar Baby décrit le parcours étonnant de Maggie Fitzgerald (Hilary Swank), une femme déterminée qui souhaite se lancer dans la boxe. Après de longues tergiversations, Frankie Dunn (Eastwood) et son ami Eddie (Morgan Freeman) lui laissent une chance. Plus récemment, Clint Eastwood a adapté un roman de James Bradley (Flags of our Fathers) ainsi que de Tadamishi Kuribayashi (Red Sun, Black Sand) pour les besoins de deux films narrant le point de vue des soldats américains et japonais durant la sanglante bataille d'Iwo Jima, respectivement Mémoire de nos Pères et Lettres d'Iwo Jima.


Acteur et réalisateur révéré, sex symbol accompli qui aura vécu avec de nombreuses femmes et père de pas moins de sept enfants, Clint Eastwood a également fait parler de lui en raison de ses idées politiques puisqu'il est un membre du parti républicain – même s'il prône des idées plus libertaires – et qu'il a même été maire du village californien de Carmel. On notera encore que cet inconditionnel de jazz et pianiste à ses heures a rendu plusieurs hommages aux grands de la note bleue, puisqu'il a dirigé Forest Whitaker dans Bird, un biopic sur Charlie Parker et qu'il a également produit le documentaire Straight, no Chaser sur Thelonious Monk. Enfin, on notera l'obsession de Damon Albarn, musicien anglais qui a baptisé deux titres de GORILLAZ Clint Eastwood et Dirty Harry et qui évolue désormais dans une formation nommée The Good, the Bad and the Queen. Clint Eastwood a récemment reçu la légion d'honneur de la part du président français Jacques Chirac pour avoir incarné "le meilleur d'Hollywood".

Publié dans Directors

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killabee 05/02/2010 22:07


Salut , je trouve cette photo de client particulierement réussie , sais tu quel est le nom du photographe ? merci pour ta réponse @+


killabee 05/02/2010 22:06


Salut , je trouve cette photo de client particulierement réussit , sais tu quel est le nom du photographe ? merci pour ta réponse @+


FAB 19/12/2007 20:57

Très grand Clint aussi magnifique dans la composition que la réalisation. Certains westerns dits spaghettis sont épiques. Je l'ai trouvé aussi étonnement drôle dans The Space Cow Boys. Bref un Grand avec un G.

Systool 20/12/2007 11:02

Hello Fab!En fait, Space Cowboys demeure l'un des seuls films avec Eastwood que je n'ai pas vu... mais ta remarque me poussera à le visionner la prochaine fois qu'il passe à la télé...

youkou de joie 13/09/2007 15:56

un peu deçue par les lettres d iwo jima que j'ai maté hier soir...

Systool 13/09/2007 19:27

Je n'ai ni vu la partie "américaine", ni Lettres d'Iwo Jima... mais je te dirai!A+ Youkou

D&D 12/08/2007 14:24

Voilà quelqu'un avec qui le terme de "maître" n'est pas galvaudé. Merci pour ce portrait.

Systool 12/08/2007 14:24

Ca, on peut le dire! Merci du passage