DEFTONES : White Pony (2000, chronique)

Publié le par Systool

Représentants pour ainsi dire historiques de la mouvance assourdissante des années 90 (bêtement baptisée neo- ou nü-metal), les DEFTONES ont apporté leur pierre à cet édifice brinquebalant et tape-à-l’œil. Considéré avec Around the Fur (1997) comme l’album fétiche de la plupart des fans du groupe, ce White Pony (2000) nous a montré si besoin était les éléments que Chino Moreno et ses amis ont insufflé dans ce courant musical : les voix aériennes et féminines, les thématiques très «new wave» ainsi que ces murs de guitares qui viennent lacérer les oreilles du pauvre auditeur en manque de décibels. L’ouverture Feiticeira contient toutes les caractéristiques que DEFTONES a utilisé ad nauseam depuis environ dix ans. On remarquera cependant la teneur des textes axés « sci-fi » qui s’avèrent pour le moins surprenants ainsi que les voix menaçantes durant les intermèdes. Ce melting pot de légèreté vocale et de sonorités distordues est également présent sur la deuxième piste, la contrastée Digital Bath. Cette chanson met en évidence le travail du fidèle producteur Terry Date, n’ayant pas son pareil pour donner un son à la fois brut et clair à la guitare de Stephen Carpenter. Ce ne sont pas ses collaborations avec PANTERA ou SOUNDGARDEN qui me contrediront.

Les affaires se poursuivent avec un Elite sans concession. Ici, l’on nous sert une purée metal furieuse et répétitive qui ravira les esgourdes nourries au hardcore new-yorkais. Un beat synthétique sans doute enregistré lors d’une finale de Roland-Garros (pour le son très « ballistique ») introduit la quatrième chanson, la torturée RX Queen. Des lyrics toujours très évocatrices, entre romantisme morbide et larmoiements prépubères, accompagnent des riffs tendus et sombres. A noter l’excellente conclusion signée Frank Delgado, le DJ d’habitude si discret. Les DEFTONES nous resservent une bolée de metal abrasif avec la vindicative Street Carp, sur laquelle la voix de Moreno fait des merveilles. A l’origine un titre destiné au projet TEAM SLEEP de Chino Moreno, la paisible Teenager figure finalement sur White Pony et apporte un semblant de délicatesse qui n’est pas déplaisant. Les boucles d’arpèges et les beats mécaniques de Abe Cunningham (une nouveauté par rapport à Around the Fur) suivent le chant triste de Moreno.



Knife Prty s’avère l’un des clous de cet album : pas tellement en raison de cette alternance constante entre couplets clairs et refrains à fond les ballons, mais plutôt grâce à la voix éthérée et résignée du chanteur. Ce dernier a eu la brillante idée d’inviter la talentueuse et inconnue Rodleen, dont les cris perçants nous glacent le sang à chaque écoute. Le groupe n’hésite pas à nous reproposer une louche de hardcore bourrin avec Korea, sur lequel Moreno met à mal ce qu’il reste de ses deux cordes vocales. On apprécie l’intermède massif qui s’intercale entre deux refrains. L’album touche bientôt à sa fin, mais le groupe ne lève pas le pied, bien au contraire : la superbe Passenger en compagnie de Maynard James Keenan (TOOL), dont la voix s’enlace avec celle de Moreno sur le couplet, est là pour nous le prouver. On notera la qualité du refrain mené par la voix déchirante du chanteur de TOOL et la guitare tonitruante de Carpenter, ainsi que le bridge explosif précédant un final au piano. Change (In the House of Flies), grand classique de DEFTONES et l’un des titres les plus appréciés en live, contient des couplets neurasthéniques suivis d’un mur de guitares qui nous fait sortir de notre torpeur. Pink Maggit, onzième piste de ce White Pony sans faille, vient fermer la marche. Après une introduction fatiguée, le groupe nous assène un riff saignant qui va tourner en boucle à la manière d’un Fireal (sur Adrenaline, 1995) et suivre à la trace la ligne de chant inspirée de Chino « je suis devenu obèse à force de manger des chips dans le tour-bus » Moreno. On remarquera que ce titre a bénéficié d’une refonte orientée rap-metal (Back to School) qui figure en première position sur une édition de White Pony.

DEFTONES continue inlassablement à nous proposer cette musique contrastée qui n’a rien à envier à celles des jeunes loupiots souhaitant ravir le sceptre du neo-metal (futiles considérations…) et même si le groupe présente désormais une certaine peine à se renouveler, il ne fait aucun doute que White Pony saura obtenir une place de choix dans une discothèque aux teintes métalliques.


RESPECT THE ARCHITECT!!!

 

DEFTONES – White Pony (2000, Maverick records)

 



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Dissertation Writing 26/02/2011 13:05



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dissertation 04/08/2009 14:38

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[dd] 11/10/2007 20:40

Si tu savais comme je les adule....

Systool 12/10/2007 13:01

Ben écoute, tant mieux... il est toujours mieux de respecter que d'aduler, néanmoins... au risque de perdre son objectivité ;-)

Arkham09 14/03/2007 18:47

Je n'aime pas vraiment Deftones, mais c'est vrai que "back to school" est un peu un hymne pour moi.

Merci pour être venu sur mon blog et désolé de ne pas avoir pu te répondre plutot mais j'étais en vacances sans ordi.

En tout cas félicitation ton blog est pas mal du tout.

Systool 14/03/2007 18:51

Hello Arkham! Je te remercie d'être passé après tout ce temps et malgré le fait que tu ne sois pas fan de DEFTONES ;-)A+ et encore merci

MuSe 22/02/2007 20:52

Coucou sweet SysT !
Ca a l'air cool ça ! Dis moi par quel album je dois commencer
ENORME BISOU !
 

Systool 22/02/2007 21:00

Ah ben celui-ci (2000) ou Around the Fur (1997), je dirais... sinon le dernier, pourquoi pas : Saturday Night Wrist (2006)A+