Bob Dylan : Forever Young (biographie)

Publié le par Systool

Né en 1941 à Duluth, bled paumé du Minnesota, Robert Allen Zimmerman n’en est pas moins une figure « emblémythique » de la scène musicale.

Après des études universitaires d’Art, le jeune Bob décide de se tourner vers une carrière du musicien professionnel. Bercé par le blues de Woody Guthrie et Hank Williams, c’est tout naturellement qu’il débute dans ce créneau, avant de rencontrer Jesse Fuller, à l’origine de son penchant pour des compositions à la guitare et l’harmonica. Nous sommes en 1960 et Robert Zimmerman devient aux yeux du monde Bob Dylan (nom emprunté au poète Dylan Thomas, qu’il affectionne particulièrement).




beau gosse, le petit Bob...

 


En 1961, Dylan déménage à New York City et bien vite, il trouve un public en le nom de la communauté folk de Greenwich Village. On peut noter qu’en arrivant à NYC, Bob Dylan rendra visite à son idole Woody Guthrie, hospitalisé en raison d’une Chorée de Huntington, maladie neurologique, dégénérative et génétique se manifestant par des mouvements involontaires.


L’aura de Bob Dylan grandit de semaine en semaine et en avril de cette même année, il ouvre pour John Lee Hooker. Quelques mois plus, il est repéré par John Hammond, responsable de signature chez Columbia. C’est le début d’une longue collaboration avec le label américain.


Le premier album éponyme de Dylan paraît en mars 1962 et contient principalement des reprises de vieux standards folk et blues. Enfin The Freewheelin’ Bob Dylan, témoin du talent indéniable du jeune homme, sort dans la foulée. Il contient des classiques comme Don’t think twice, it’s all right ou Blowin’ in the Wind. Ce titre sera d’ailleurs repris par PETER, PAUL & MARY qui asseoiront indirectement sa notoriété.


 



 

Dylan tourne avec Joan Baez, chanteuse folk déjà populaire à l’époque, et un idylle naîtra rapidement entre eux.


En 1964, un autre album voit le jour. Il s’agit de The Times they are a-changin’. On sent sur cet opus l’influence poétique de Rimbaud et de Keats et ainsi Dylan se démarque grandement de ses acolytes folk en devenant par ailleurs le chantre d’une génération protestataire et engagée. La même année, c’est Another Side of Bob Dylan qui paraît ; davantage orienté blues et R&B, il indique un changement de direction musicale assez clair. De nombreux groupes sont influencés par Dylan et quitte à le copier, certains préfèrent reprendre directement ses titres, à l’instar des BYRDS avec Mr. Tambourine Man. A la même période, la relation sentimentale de Dylan avec Baez touche à sa fin et le guitariste bouclé s’entiche d’une nouvelle conquête, Sara Lowndes, jeune mannequin qu’il épousera.



 


Inspiré par les représentants de la British Invasion comme les WHO et surtout les ANIMALS, Bob Dylan opte désormais pour un son plus rock’n’roll et Bringing it all back Home, son prochain LP, montre qu’il semble tourner le dos au folk. Cette inflexion est d’autant plus marquée lors de son concert, quelques mois après la sortie du disque, au Festival Folk de Newport, où, déjà adopté par la communauté rock, il bénéficie d’un accueil mitigé de la part des membres folk de l’assistance. D.A. Pennebaker tournera par ailleurs DON’T LOOK BACK, un documentaire sur le musicien retraçant sa tournée anglaise durant l’été 65. Il s’agit d’un excellent témoignage qui lève un voile de mystère sur la personnalité de l’artiste. La chaîne thématique ARTE a retransmis ce docu lors d’une soirée spéciale consacrée à Dylan en 2001. 1965 est l’année de la consécration populaire pour le jeune homme qui place Like a rolling Stone en 2ème position des charts. Ce morceau tout à fait atypique fera couler beaucoup d’encre et sera repris trente ans plus tard par…les Rolling Stones ! A cette même période, de nombreux groupes feront des reprises de Dylan (les BYRDS, encore, les TURTLES), phénomène symptomatique de son influence vertigineuse.

 




Ses prochains albums, Highway 61 revisited et Blonde on Blonde, font partie de ses plus grands succès à la fois artistique et commerciaux. Ce dernier contient entre autres Rainy Day Woman 12 & 35 et Just like a Woman.

En 1965, Bob Dylan engage les HAWKS, un groupe de musiciens l’accompagnant en concert qui se rebaptisera d’ailleurs THE BAND un peu plus tard. L’année suivante, Pennebaker sent le filon et retravaille sur un deuxième documentaire, EAT THE DOCUMENT, et Dylan met une touche finale à un livre ainsi qu’à son prochain album.

C’est alors que survient un événément aussi imprévisible que décisif dans l’orientation musicale ultérieure de Dylan. Le 29 juillet 1966, il est victime d’un accident à moto, près de son domicile à Woodstock. La sévérité du traumatisme fut remise en cause par certains journalistes et biographes rock mais quoi qu’il en soit, le Dylan allumé et sous les feux de la rampe se mue en un être solitaire et reclus. Pendant une année entière, il s’enferme avec son groupe afin de composer de nouveaux titres, dont The Basement Tapes constituent la trace officielle sortie près de dix ans plus tard.



 

En décembre 1967, le monde du rock est en ébullition et le psychédélisme bat son plein : les BEATLES ont sorti Sgt. Pepper’s et Magical Mystery Tour, JIMI HENDRIX veut nous faire partager son « expérience » et les VELVET UNDERGROUND inventent le rock moderne. Quant à Dylan, il nous revient avec John Wesley Harding, une collection de morceaux paisibles et country totalement en opposition avec la tendance du moment. Pourtant l’accueil est très favorable et Dylan remettra ça avec Nashville Skyline et Self-Portrait, nettement inférieurs.

 

En novembre 1970, son livre Tarantula est enfin publié et Bob Dylan revient avec New Morning qui remet un tant soit peu les pendules à l’heure. Avide de nouvelles expériences, on le découvre acteur dans Pat Garrett and Billy the Kid de Sam Peckinpah, dont la BO contient Knocking on Heaven’s Door, l’une de ses chansons les plus célèbres. Après une escapade chez Asylum Records (de David Geffen) pour Planet Waves, soit dit en passant son premier album atteignant la cime des charts, Dylan retourne chez Columbia et nous livre Blood on the Tracks (75), largement inspiré par l’échec de son mariage avec Sara Lowndes.

Cet album est également à ranger parmi les plus aboutis de Dylan, tant sur le point musical et textuel.



 

Dylan organise alors une grande tournée appelée ROLLING THUNDER REVUE sur laquelle il est accompagné de grands noms tels que Joni Mitchell, Joan Baez (sans rancune !) et le poète beatnik Allen Ginsberg. Son prochain LP, Desire, est un autre franc succès et dans son tracklisting, on trouve Hurricane, protest song en hommage à Rubin Carter, boxeur noir injustement condamné à la prison pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Norman Jewison en réalise même un film, Hurricane Carter, avec Denzel Washington dans le rôle-titre.


Bob Dylan se remet en selle avec Street Legal (78) avant d’annoncer sa conversion à la foi chrétienne qui les inspirera Slow Train coming et les passables Saved et Shots of Love. Embrassant à nouveau la religion juive, Dylan nous pond Infidels en 1983. Suivront des albums nettement moins mémorables : Empire Burlesque et Knocked out loaded.


En 1988, Dylan, toujours en quête de projets novateurs à défaut de bonnes chansons, crée THE NEVER ENDING TOUR, tournée s’étalant sur une dizaine d’années et plateforme idéale pour ses nouvelles compositions tirées du très bon Oh Mercy (89) et de l’exécrable Under the Red Sky.

Enfin, ces dernières années ont vu Bob Dylan se consacrer à d’autres passions : la peinture ou encore la réalisation d’un film, toujours en projet, regroupant Jeff Bridges, Penelope Cruz, Val Kilmer et John Goodman. Mais les fans du Dylan musicien ne sont pas en reste puisqu’il nous a tout de même livré Good as I been to you (92) et World gone wrong (93), deux albums de reprises folk traditionnelles, mais également Time out of Mind (97) qu’Elvis Costello considère comme son meilleur album et dernièrement Love and Theft (2001).



 

Bénéficiant d’une carrière exceptionnellement longue, prolifique et couronnée de succès malgré quelques passages à vide, Bob Dylan a su imposer son influence incomparable sur nombre d’artistes rock. Parmi les plus célèbres, on citera les BEATLES, et surtout John Lennon, qui opta pour une approche plus introspective à partir de 1965 avec Rubber Soul, ou encore Jimi Hendrix, qui a d’ailleurs repris All along the Watchtower dans une version plus musclée en 1968. La liste est longue et il paraît ardu de juger correctement de la portée d’une telle œuvre, mais Bob Dylan n’en demeure pas moins l’un des musiciens et chanteurs/compositeurs les plus engagés, poétiques et respectés de la musique moderne.


 

Discographie sélective :

- The Freewheelin' Bob Dylan (62)
- The Times they are a-changin' (63)
- Bringing it all back Home (65)
- Highway 61 revisited (65)
- Blonde on Blonde (66)
- Blood on the Tracks (75)
- Love and Theft (2001)

Compilations :

- Bob Dylan : The Ultimate Collection (2 CDs, 36 titres)



 

Publié dans Rock Legends

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Commenter cet article

anyore 24/08/2008 12:53

Je ne connais pas beaucoup beaucoup beaucoup de chansons de lui, mais j'aime beaucoup :). J'irais bien m'acheter un best of un des ses jours^^[j'aime beaucoup l'idée de ton blog, c'est vraiment chouette!]

Systool 24/08/2008 21:02


Hello! Merci de ton passage... je suis content que ce blog t'intéresse!


ClÚM 27/08/2006 15:06

j'aime trop ce chanteur ! lui et Joan Baez... alala que du bon !

Systool 27/08/2006 15:31

Une légende que ce Dylan, c'est sûr...

dahud 28/12/2005 21:19

y a du poids lourd ds cette rubrique!

Systool 28/12/2005 22:05

Un peu, mon neveu...;-)

honorius 14/07/2005 12:08

moi aussi je l'adore Bob...

Zoldickun 28/06/2005 23:33

Rien à dire de très intéressant (la chaleur sans doute) alors je vais me contenter d'un "très bon article".

C'est bateau je sais, mais néanmoins sincère.

À bientôt !