THE WHO : dégénérescence spontanée (biographie)

Publié le par Systool

Formés de Pete Townshend (guitare), John Entwistle (basse), Keith Moon (batterie) et Roger Daltrey (chant), les WHO (à ne pas confondre avec World Health Organisation = OMS pour nous francophones) ont marqué l’histoire du rock à leur manière. Principalement axée sur la guitare de Pete Townshend, qui se révéle l’un des plus grands compositeurs rock des années 60 et 70, la musique des WHO reprend des racines rhythm n’blues et rock n’roll tout en explorant de nouveaux territoires.

 

 





Ah la sale tête qu'ils ont...
 

Formés vers 1963, les WHO, tout d’abord appelés THE DETOURS, débutent avec des petits concerts au Marquee Club de Londres (devenu dès lors un lieu mythique de la scène rock) et Townshend se fait vite remarquer en accomplissant un acte qui sera repris par tout bon guitariste qui se respecte : pris d’un élan de frustration en raison de la qualité exécrable du son, il détruit sa guitare sur scène. Ce geste (et accessoirement le niveau du groupe…) attire l’attention d’un certain manager, Pete Meaden, qui prend le groupe sous son aile, non sans leur conseiller de changer de nom et d’adopter une tenue vestimentaire unique, à savoir un complet. Ce courant plus stylistique que musical, le mod, fait fureur à cette époque en Grande-Bretagne : il s’agit de revêtir des costumes néo-italiens et de jouer du RnB dans le style des Motown. Les WHO et THE SMALL FACES sont les groupes qui se distinguent le plus dans ce genre.


Après avoir sorti un single, le groupe lâche Meaden et trouve en Kit Lambert et Chris Stamp de nouveaux mécènes. I can’t explain est le premier vrai single que les WHO vont sortir et bien vite, ils bénéficient d’une couverture médiatique conséquente, d’autant que leurs apparitions télévisées sont remarquées : Townshend et Moon laissent parler leur fureur destructrice en maltraitant leur instrument lors d’un show TV intitulé Ready, Steady, Go. Durant cette année 65 qui est celle de la révélation, le groupe sortira deux autres singles, Anyway, Anyhow, Anywhere ainsi que My Generation, qui atteignent une très bonne position dans les charts anglais.


Quelques mois plus tard le premier album, The Who sings my Generation, voit le jour. Monument du mod pop à la rage jusqu’alors inégalée, il contient également des parties très beatlesiennes de même que deux reprises de James Brown, I don’t mind et Please please please. Parmi les inoubliables, citons Out in the Street, My Generation et The Kids are alright.

 



 

Le groupe se remet au travail et le deuxième album, A Quick One, sort l’année suivante. Fruit d’un travail commun, il ne convainc pas autant que le premier effort du groupe. Néanmoins, il faut remarquer que Townshend est déjà à la recherche de nouveauté comme en témoigne A quick one while he’s away, mini-opera de 9 minutes qui laisse présager de l’orientation future qu'il voudrait donner au groupe. Boris the Spider, composée par John Entwistle, nous dévoile son talent indéniable et son penchant légèrement macabre.

En 1967, c’est au tour de The Who sell out de squatter les charts européen et américain. I can see for Miles, l’un des singles, se hisse d’ailleurs à la première place du classement outre-atlantique. Ce troisième album mérite une analyse plus approfondie dans la mesure où il est sous-tendu par un concept global : la parodie des radios pirates. Agrémenté de faux jingles reliant les morceaux, il démontre l’originalité du groupe cherchant à se démarquer petit à petit du courant mod pop qui s’essouffle gentiment.

 



 

Deux ans plus tard, les WHO sont de retour avec un double-album conceptuel, Tommy, le premier album de rock opera ayant été enregistré. Il récolte des critiques favorables autant de la part des journalistes rock que de la presse populaire. Il narre l’histoire de Tommy, un jeune homme sourd, muet et aveugle qui a un don pour le flipper. C’est vrai que dit comme cela, ça paraît bizarre. Et pourtant, cet album quasiment entièrement composé par Townshend propulsera le groupe au rang de super-stars et sera adapté sur les planches de théâtre et au cinéma.


Tommy  recèle plusieurs titres dignes d’intérêt : Pinball Wizard, I’m free, Underture et Sensation, parmi d’autres. A noter en 1970 la sortie du Live at Leeds comprenant My Generation, Substitute et Magic Bus. Le groupe se remet au travail et Townshend se montre plus prolifique et inventif que jamais. Il désire créer une autre œuvre d’opera rock orientée science-fiction. Lifehouse est le nom de ce projet par ailleurs influencé par Meher Baba, un gourou que Pete a rencontré. Malheureusement pour lui, les autres membres sont peu enclins à le suivre sous prétexte que l’histoire manque de cohérence et une dépression majeure frappera le guitariste.


Lorsque celui-ci se rétablit, on décide d’abandonner le projet Lifehouse et de se consacrer à un album plus…palpable : Who’s next. Bien qu’exempt de tout concept métaphysique, cet album se révèlera comme l’un des meilleurs du groupe, si ce n’est le meilleur en absolu. Il contient en effet des monuments tels que Baba O’Riley, Bargain, My Wife (de Entwistle), Won’t get fooled again et Behind Blue Eyes. Ce dernier titre sera repris par Limp Bizkit en 2003. A la fois passionné, drôle et grave, Who’s next demeure un sommet dans la musique rock.

 



 

Son succès critique et commercial pousse alors Townshend à se relancer dans un projet de grande envergure. John Entwistle, se considérant comme peu influant dans le processus de composition, décide de débuter une carrière en solo qui récoltera des opinions mitigées.


Quadrophenia (1973), au même titre que Tommy, est un double-album conceptuel retraçant cette fois la vie de Jimmy, un jeune homme nostalgique de la période mod ayant par ailleurs quatre personnalités (d’où le terme quadrophenia, littéralement coupé en quatre). Cette analyse de Townshend est censée représenter les quatre membres du groupe confrontés à leurs racines, leurs divergences et leurs démons. D’une profondeur supérieure à Tommy, Quadrophenia est truffé de compositions originales et innovatives, surtout grâce à l’utilisation répétée de sythétiseurs, comme pour Who’s next.


Dès lors, le groupe va se scinder et chacun vaquer à ses propres occupations. Mais pour Townshend, les WHO ne sont pas une force éteinte et en 1975, un nouvel album, The Who by Numbers, est édité. D’une sincérité désarmante, il parcourt des thèmes tels que l’addiction à l’alcool et les problèmes relationnels avec les femmes vécus ces derniers temps par Townshend. On peut considérer cet album comme différent des précédents dans la mesure où les paroles prennent le pas sur la mélodie, d’habitude omniprésente chez les WHO.

Après une nouvelle pause prolongée, les quatre londoniens se retrouvent pour un dernier album ensemble : Who are you, symptomatique d’un groupe à la fois fatigué, dissocié et en constante hésitation quant à la direction musicale à prendre. Il contient cependant d’excellents morceaux : Love is coming down, Music must change ainsi que le titre éponyme. On se souviendra de cet album comme celui marquant une tragédie destinée à détruire le groupe : le décès de Keith Moon par overdose en septembre 1978. Bien que les WHO continuent à jouer ensemble pendant encore de nombreuses années, ceci sous l’impulsion principale de Daltrey et Entwistle, ils reconnaitront plus tard que la mort de Moon a véritablement signé la fin des WHO en 1978.


En conclusion, il faut ajouter que plusieurs tournées ont été organisées ces dernières années. Pourtant, le succès n’a pas toujours été au rendez-vous et l’image de marque du groupe a été ternie par ces concerts visant principalement à récolter des bénéfices importants. Le décès de John Entwistle en 2002 n'a pas changé la donne.

 

Les hommes partent mais la musique demeure et il n’est pas trop tard pour découvrir ce groupe aux multiples facettes. L’acquisition de The Who sings my Generation, The Who sell out et Who’s next semble inévitable si l’on se considère un vrai fan, mais une collection des meilleurs titres telle que My Generation – The very Best of The Who est un bon départ. Contenant vingt morceaux, il fait la part belle aux trois albums précités même s’il manque certains classiques comme The Kids are alright ou Behind Blue Eyes.

 

 

Publié dans Rock Legends

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Amaël 11/10/2006 20:29

Bonjour,je voulais vous féliciter pour ce super site à propos de ce groupe mythique...J'en profite pour vous informer que je mets en vente sur ebay une édition limitée des who... Un coffret de 9 lp's des who intitulé PHASES...Merci encore et à bientôt.

Systool 12/10/2006 08:37

Bonjour Amaël! Merci pour ton passage et avis aux amateurs des WHO pour ce bel objet que tu mets en vente!
A+

Chtif 28/06/2006 14:21

Ola,
je rajouterais aisément le "Live at Leeds" parmi les disques indispensables du groupe. "Tommy" aussi, tiens...!
pour les retardataires, il faut rappeler que les Who jouent en France ce mois de juillet 2007.  Dépêchez-vous, ça risque d'être (peut-être même déjà...) complet!
Toujours pour les intéressés, une première  chronique des Who (d'autres suivront) :http://chtif.over-blog.com/article-3126489.html
et une autre sur Steve Marriott, chanteur des Small Faces, et sans doute l'un de splus grands chanteurs blancs que l'on ait vu ici-bas...:http://chtif.over-blog.com/article-3138824.html
bye !
 
 

Systool 28/06/2006 15:00

Ciao! Oui, j'ai mis une ligne sur le Live at Leeds, et en plus, je l'ai mis dans le best of des albums live de RockMerci pour les autres précisions et références :-DSysT

bagheera 09/01/2006 22:31

ah les whos, mon groupe préféré !  j'adore le film Tommy et aussi the kids are allright, 'jai les 2 en DVDs, et se sont des incontournables pour moi. ce que j'aime le plus chez eux, c 'est dans les paroles de leur chansons la quete " identitaire" et "behind blue eyes", pour moi, ce n'sest plus une chanson, c'est un hymne, qui m'a meme inspiré ( sans dec ! ) une longue longue histoire, c dire.... a bientot, systool et merci pour cette excellent article, moi qui avait envisagé de parler des whos dans mon blog, autant que j'envoies direct un lien vers le tien ce jour la niarf niarf ! A bientot, laura
Ps ; mon chouchou, j'avoue c'est roger daltrey, a cause des bouclettes, mais keith moon..;a la batterie... aie, je vais refaire une crise de necomusicomanie aigue.... le blog d'un futur medecin transmetterait il des maladies?, comme cela est il possible ???

Systool 09/01/2006 22:35

Les voies du saigneur sont impénétrables... Ah les WHO, un mythe mais j'ai un peu de peine avec leur musique, en fait (!!!)... Par contre, mon chouchou, c'est John Entwhistle le ténébreux... et le problème avec Daltrey, c'est justement ses bouclettes ;-)A+ Bagheera...

bonzo 14/11/2005 21:16

Bonzo qui fait un commentaire sur keith, roger, etc... C'est pas commun ça !!!
Bah, oui, les whos c'est un groupe de légende, musiciens extras, chanteur extra enfin je ne vais pas redire ce que tu fais si bien. J'adore, tout simplement.

toto 30/07/2005 22:48

des rosbifs pur espece,des cockneys gueusifs a souhait...