DEFTONES : Saturday Night Wrist (chronique)

Publié le par Systool

Les DEFTONES, c'est un peu la règle des trois ans niveau sortie d'albums. Les voici (enfin) de retour avec Saturday Night Wrist, leur 5ème galette concoctée par le mythique Bob Ezrin (PINK FLOYD, Alice Cooper, Lou Reed). Bye bye Terry Date, qui avait suivi les Californiens depuis leur premier effort en 1995 et d'emblée bravo à son successeur, qui nous livre un son à la fois brut de décoffrage et très subtil. Il faut ajouter cependant que les tensions entre les musiciens ainsi que la brouille entre le chanteur Chino Moreno et Ezrin – qui a valu l'éviction du producteur avant la fin de l'enregistrement – ont tenu le haut du pavé dans les discussions de ces derniers mois. Nombreux sont ceux qui se demandent d'ailleurs s'il ne s'agit pas du chant du cygne pour les DEFTONES. Quoi qu'il en soit, concentrons-nous plutôt sur ce Saturday Night Wrist. Le poignet du samedi soir... hum... il existe une expression en neurologie qui s'appelle Saturday Night Syndrome, le syndrome du samedi soir, qui fait référence à la lésion nerveuse qu'un jeune homme peut présenter lorsqu'il s'est endormi avec son bras autour de sa dulcinée ou encore s'il était trop imbibé d'alcool. Connaissant l'humour pornographique des 'TONES, le titre de l'album pourrait ainsi s'avérer une façon détournée de l'appeler « Masturbation crépusculaire excessive ».

Passons l'artwork qu'on qualifiera de classique : ambiances romantico-passées, un peu comme celles de l'album précédent et d'Around the Fur (1997). Le disque débute avec le single Hole in the Earth, un titre pêchu qui nous montre la double polarité des DEFTONES : une ambiance tour à tour nerveuse et aérienne. Les guitares exhibent également cette caractéristique, à savoir une nappe de 6 cordes planante se superposant à un vrombissement sursaturé. On a parfois critiqué le groupe pour ses accointances plus pop qu'à ses débuts, mais ceci se révèle plutôt un bon point si l'on souhaite donner un semblant de variété à un répertoire qui compte désormais plus de 40 chansons. Ainsi la contrastée Beware (que l'on pouvait entendre durant la dernière tournée en date) suit l'agressive Rapture, non sans se terminer sur un bon gros riff à la tonalité aussi basse qu'une attaque de Sarkozy. Ce gimmick est d'ailleurs un peu trop souvent utilisé sur Saturday Night Wrist, n'en déplaise au guitariste Stephen « j'ai un poil dans la main » Carpenter. Cherry Waves, le prochain single, nous fait également voyager sur des sentiers plus accessibles, mais alors que la voix de Chino Moreno peut s'avérer désagréable, notamment au début du refrain, on saluera les arrangements très new wave que le groupe insuffle par ailleurs à plusieurs reprises dans cet album. On sort quelque peu déçu de la collaboration avec Serj Tankian (SYSTEM OF A DOWN) sur Mein. On pouvait d'ailleurs lire dans diverses interviews que sa prestation – se résumant à la phrase the universe breaking us down - a été allègrement tronquée par le chanteur de DEFTONES, désireux de se mettre davantage en valeur.

 

 

Oh! Scarlet Johansson! Ah non, même pas...


La 6ème piste, U, U, D, D, L, R, L, R, A, B, Select, Start – la manip pour le super coup de poing dans PUNCH OUT sur Nintendo? - est en réalité une instrumentale assez calme, tandis qu'on navigue encore dans la guimauve FM avec Xerces. Et comme pour se faire pardonner, les DEFTONES nous assènent le titre le plus agressif de Saturday Night Wrist dans la foulée. Rats! Rats! Rats! comprend en effet des rythmiques saccadées dans la veine de Hexagram (2003), un chant hystérique et un final plutôt barbare. L'album se poursuit avec Pink Cellphone, un titre electro intéressant du point de vue musical, mais navrant pour ce qui est des dernières paroles de l'invitée Annie Hardy, qui se lance dans une critique sur les prépuces non-circoncis qui iraient baigner dans un rectum. Quel talent! Le Parental Advisory ornant la couverture sera au moins mérité! Heureusement, les trois dernières chansons remontent la barre : tout d'abord avec l'excellente Combat, dont l'intro ambiancée précède un riff casse-cou et le jeu puissant du batteur Abe Cunningham, puis grâce à Kimdracula, aux effets vocaux appréciables et aux paroles nébuleuses (I really wish these Snakes were your Eyes). On termine enfin avec Rivière, un titre relativement paisible qui s'éveille à mi-course.


Saturday Night Wrist semble davantage tenir la route que son prédécesseur, mais peine à égaler le niveau de Around the Fur et White Pony. Le chant a gagné en versatilité, les ambiances sont plus variées, mais il est regrettable de noter que certains titres ne font tout simplement pas mouche. Néanmoins, cette alternance entre des titres efficaces mais prévisibles (Combat, Rapture) et des trouvailles plus osées (Kimdracula, Pink Cellphone) saura satisfaire le fan de base sans trop le déboussoler et conquérir de nouvelles petites têtes blondes en mal de décibels.


 

DEFTONES – Saturday Night Wrist (Maverick, 2006)

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- le site officiel du groupe


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Publié dans Metal - Hardcore

Commenter cet article

vince 30/05/2007 22:42

et bah il était moins gros quand il prenait de la coke. Heureusement sa voie est toujours aussi belle.

Systool 30/05/2007 23:25

Ah parce qu'il a arreté? :-)

Sith 07/01/2007 17:29

up, up, down, down... c'est surtout un cheat KONAMI qui l'a utilisé à gogo dans plusieurs de leurs jeux pour obtenir plus de vies ;)

Systool 07/01/2007 18:47

Hello! Oui je pensais bien qu'il s'agissait d'une manip pour des jeux vidéos mais ne sachant pas lesquels, et comme mes connaissances en la matière s'arrêtent à la Sega megadrive, j'ai parlé de Punch Out en plaisantant... merci de nous éclairer sur les origines précises de UUDDLRLR...

Carine 06/12/2006 15:46

Je trouve que les chansons de deftones sont assez inégales quand même mais je reste attachée au groupe depuis que j\\\'ai découvert la chanson "Change (in the house of flies)" sur une BO de film. Cela reste ma chanson préférée, en ce qui concerne ce groupe...

Systool 06/12/2006 20:57

Je pense que "Around the Fur" et "White Pony" sont des albums de bonne qualité, assez constant, ce qui n'est pas le cas des deux derniers albums, en effet...

Sam 14/11/2006 14:36

Tu sais quoi?Bein j'ai écouté jusqu'au bout!! Bon signe, non?? lol lolBIses, SysTool; au plaisir...Sam

Systool 14/11/2006 15:01

Ciao Sam! ah ben oui... si tu as supporté jusqu'au bout, c'est déjà ça ;-)

Le Fox 13/11/2006 15:18

élo !le graphisme de la pochette, certe bien foutu, me rappelle furieusement 'Dry' de Polly Jean ...Non ?

Systool 13/11/2006 18:31

Ciao Le Fox! Oui c'est vrai qu'il y a un air... qui sait? Peut-être que les Deftones sont fans! :-D