Angels in America : God save the Drag Queens (Mike Nichols, mini-série)

Publié le par Systool


Mike Nichols n’est pas le premier réalisateur venu. Il lui doit notamment Qui a peur de Virginia Woolf ?, Le Lauréat et plus récemment Closer. Il décide en 2003 de porter à l’écran Angels in America, la pièce de Tony Kushner, vainqueur du Prix Pulitzer. Produite par HBO, la mini-série composée de deux parties de près de trois heures chacune regroupe un casting éblouissant : Al Pacino, Meryl Streep, tous deux récompensés par un Golden Globe pour leur prestation, de même que Emma Thompson et d’autres acteurs moins connus comme Jeffrey Wright, Mary-Louise Parker (ces deux derniers récoltant également un Golden Globe des meilleurs acteur/actrice dans un rôle secondaire).


 



Nous sommes à New York, en 1985. Reagan est au pouvoir et le SIDA a émergé depuis deux ans : la communauté homosexuelle est en émoi. Prior et Louis vivent ensemble depuis quatre ans, mais lorsque Louis apprend que son conjoint commence à présenter les premiers signes de l’infection par le VIH, il le quitte.

 

On suit également Joe Pitt, avocat mormon rempli de principes moraux venu s’installer à New York avec sa femme, Harper, accro au Valium. Joe a quitté son Utah natal il y a quelques années et il souhaiterait obtenir une emploi plus stimulant que simple greffier. Roy Cohn, vieux briscard sans scrupules et as du barreau sur le déclin (Al Pacino) va lui proposer un poste à Washington. Il faut savoir que de nombreux assaillants en veulent à la peau de Roy, qui sent que le vent tourne et qu’une protection est nécessaire.

Assez rapidement, les situations s’emballent et les différents personnages sont confrontés à des difficultés croissantes. La maladie est l’une d’elle : Prior ainsi que l’avocat interprété par Al Pacino sont infectés par le VIH et luttent à leur manière contre ce fléau. Le premier, abandonné par son ami, est en proie à des visions mystiques et des idées délirantes de mission, confiée par un ange un peu bizarre (Emma Thompson, qui joue également son médecin).


 



Quant à Roy Cohn, il doit subir les apparitions de vieux démons – Ethel Rosenberg, qu’il avait envoyé sur la chaise électrique en 1950 avec son mari pour "trahison", le hante chaque jour davantage.
D’un autre côté, on suit Joe, à la recherche de sa véritable identité sexuelle, et sa femme qui présente des hallucinations de plus en plus pressantes. La mère de Joe, incarnée par Meryl Streep, va également quitter le Lac Salé pour aider son bambin.


 



Tels sont les principaux thèmes traités dans cette mini-série épique, grandiose, à la fois drôle et tragique, mais ne tombant jamais dans un sentimentalisme larmoyant. L’homosexualité, la religion et la maladie ne sont certes pas les sujets les plus vendeurs ni les plus aisés à traiter mais Mike Nichols, avec sa caméra à la fois bienveillante et audacieuse, s’en sort avec les honneurs en nous proposant de grands moments ainsi qu’un réflexion sur l’Amérique, terre de tous les paradoxes. Belize (Jeffrey Wright), ami homosexuel de Prior et infirmier s’occupant de Roy Cohn, résumera ceci en disant :

 

Je hais l’Amérique (…) je déteste ce pays. Ce n’est qu’un ramassis de grandes idées, de mensonges et de mecs qui crèvent (…) le comique blanc qui a écrit l’hymne national savait ce qu’il faisait en mettant le mot « libre » sur une note si haute que personne peut la chanter. C’était pas par hasard. Le mot « liberté » sonne comme une fausse note dans ce pays.

 

La production américaine est truffée de navets en tous genres, mais heureusement, de très bons films sortent de temps à autre et Angels in America, testament de la vie, de l’espoir et du pardon, est incontestablement l’un de ceux-ci.

Publié dans Movies

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SysTooL 22/04/2009 16:13

Euh, pas toujours (pour preuve les films de ces 3-4 dernières années ne sont pas mémorables), mais souvent, tout de même! :-)

mini camera 22/04/2009 15:09

Al pacino toujours dans les bons projets

Dillingerboy 10/08/2006 16:55

Je viens de la re-re-re-re-regarder hier soir. Tout à la suite et avec délectation. J'ai été fasciné par la prestation de Mary-Louise Parker qui me touche beaucoup. Excellente production de HBO!

Systool 10/08/2006 16:59

Tout à fait. Une superbe mini-série. ML Parker et Jeffrey Wright sont fantastiques... et Al Pacino est un vrai salopard, mdr...

earfalas 20/11/2005 15:34

habituellement, je ne suis pas très série mais celle-ci je dois dire qu'elle m'a marqué et que je l'ai ADORE!!!

Systool 20/11/2005 16:01

Merci pour le commentaire... c'est vraiment une super-mini-série. ça nous change des débilités habituelles...

Miléna 14/06/2005 18:17

Article fait sur Six Feet Under, si ça t'interesse : http://milena.over-blog.com/article-465287.html
à bientôt !