Michel Houellebecq : Atomes crochus

Publié le par Systool

S'il est un écrivain ayant bouleversé le paysage littéraire francophone ces dernières années, c'est bien Michel Houellebecq. Depuis la sortie de Extension du domaine de la Lutte il y a dix ans, il aligne les succès mais alimente également la polémique en relâchant son avis sur des sujets aussi hétéroclites et épineux que la religion, le clonage ou la sexualité.

 
Né à la Réunion en 1958, fils d'un guide de haute montagne et d'une anesthésiste, il passe son enfance avec sa grand-mère (à laquelle il a emprunté le patronyme). Déjà à l'école ses camarades remarquent son sens de l'analyse hors du commun et le surnomment rapidement « Einstein »... Il faut dire que Houellebecq est un passionné de sciences et qu'il a tout du petit intello tourmenté et solitaire.

 

 

Il s'inscrit à l'école supérieure d'agronomie car, selon lui, c'est le seul endroit où l'on avait la possibilité d'étudier toutes les branches scientifiques majeures. Il obtient un diplôme d'ingénieur en agronomie en 1980. Il se marie la même année et quelques mois plus tard naît son fils Etienne. Suivra un divorce et plusieurs hospitalisations en milieu psychiatrique pour une dépression sévère.

 
En 1985, il rencontre Michel Bulteau (poète à qui l'on doit Le Manifeste électrique) qui publie ses poèmes. Six ans plus tard, Houellebecq nous livre une biographie de H.P. Lovecraft, auteur américain du début du XXème siècle qui s'est illustré dans la description de phénomènes monstrueux et incompréhensibles s'immisçant dans la vie des personnages.


En 1992, son premier recueil de poèmes, La Poursuite du Bonheur, est publié chez les Editions de la Différence et récolte le prix Tristan Tzara.
 
Comme déjà esquissé dans l'introduction, c'est Extension du domaine de la Lutte, son premier roman paru en 1994 qui va le faire connaître au grand public. Dès lors, Michel Houellebecq devient l'un des auteurs français les plus lus de même que l'un des plus critiqués. Il faut dire que ce premier roman a fait l'effet d'une bombe de par les sujets traités et surtout la manière dont Houellebecq l'exprime. Extension du domaine de la Lutte, largement autobiographique, raconte l'histoire de Michel, ingénieur en agronomie désabusé, dépressif et à la personnalité dyssociale. Passé la trentaine, il semble éprouver de la difficulté à trouver des motivations dans son métier. 

 
Quant à sa vie sentimentale, c'est un véritable champ de ruines.



 

Ainsi on peut lire au début du récit :


Les pages qui vont suivre constituent un roman ; j'entends, une succession d'anecdotes dont je suis le héros(...) si je n'écris pas ce que j'ai vu je souffrirai autant – et peut-être même un peu plus. Un peu seulement, j'insiste. L'écriture ne soulage guère. Elle retrace, elle délimite. Elle introduit un soupçon de cohérence, l'idée d'un réalisme.
 

Michel va nous décrire ses relations avec ses collègues, ses rencontres avec les clients, mais surtout son mal-être profond, explicité dans certains de ses actes.

  Méprisant, misogyne, désespéré mais lucide...




En système économique parfaitement libéral, certains accumulent des fortunes considérables ; d'autres croupissent dans le chômage et la misère. En système sexuel parfaitement libéral, certains ont une vie sexuelle variée et excitante ; d'autres sont réduits à la masturbation et la solitude (...) le sexe représente bel et bien un second système de différenciation, tout à fait indépendant de l'argent.

 

Michel Houellebecq collabore également avec différentes revues dont les Inrockuptibles. Il faut ajouter qu'il est un grand fan de Neil Young, des Beach Boys et de Jimi Hendrix. Au niveau littéraire, Charles Baudelaire, Aldous Huxley et Thomas Mann sont les auteurs qu'il cite le plus volontiers comme références. Parmi les écrivains contemporains, Bret Easton Ellis.

 

 

 
Féru de physique, Houellebecq va aborder le sujet de la mécanique quantique via Les Particules élémentaires, son deuxième roman paru chez Flammarion. Il retrace le parcours de deux demi-frères, l'un chercheur en biologie aux conceptions rationnelles, l'autre en pleine recherche du désir sexuel l'amenant à fréquenter un camping new age... Houellebecq nous décrit la vie plate de ces deux personnages qui peuvent tout à fait être assimilés à l'écrivain lui-même, mais finalement aussi à notre civilisation moderne, constituée d'individus en poursuite constante d'activités plus ou moins excitantes pour combler le vide de leur existance.

 

 
Prenant la physique quantique comme parabole métaphysique de la société moderne, Houellebecq signe peut-être son roman le plus abouti.
 
A la même période, certains de ses poèmes anciens et nouveaux sont publiés dans une nouvelle édition et Michel Houellebecq se marie pour la seconde fois.
 
En 1999, il collabore avec Philippe Harel à l'adaptation cinématographique de Extension du domaine de la Lutte, avec Harel et José Garcia. Le film récolte des critiques mitigées. On déplore le fait que l'histoire soit difficilement appliquable sur grand écran, même si elle distille de manière adéquate l'essence du roman.

 

 

 

 
Houellebecq s'installe en Irlande, où il écrira son troisième roman, Plateforme, en apparence plus positif que les précédents. L'amour paraît la solution face aux vicissitudes de la vie et Houellebecq est convaincu qu'une forme de salut peut naître grâce à ce sentiment...
 
Récemment, l'écrivain a fait parler de lui dans la presse pour certaines déclarations pas toujours indispensables. L’agitateur public a notamment affirmé lors d’une interview accordée à Lire en 2001 : « La religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré ». Plusieurs associations islamiques se sont regroupées et lui ont collé un procès pour haine raciale, incitation à la violence et discrimination des musulmans. Houellebecq se défendit en disant qu’il critiquait la religion et non pas les praticants. Par ailleurs, selon lui, tous les livres sacrés véhiculent davantage un message de haine que d’amour et de partage.

 

 

 

Le passage de l’écrivain chez Fayard pour la coquette somme de 1,3 millions d’Euros a également fait grincer des dents le milieu littéraire français qui a comparé ce transfert à ceux du domaine sportif, plus répandus.
 
Enfin, Houellebecq a rencontré Raël, le chef de file de la secte délirante qui croit aux extra-terrestres et qui prétend avoir cloné plusieurs êtres humains. L’entretien a été qualifié d’intéressant par l’écrivain…

 


Lassé des commentaires de la presse face à chacune de ses déclarations, Houellebecq est allé trouver la paix en s’installant en Espagne, où il a rédigé son roman suivant, La Possibilité d'une île, sorti plus que jamais dans un climat de polémique puisque Fayard n'a livré le script avant sa sortie qu'à des magazines "susceptibles d'émettre des critiques positives"...

 

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clovis simard 18/02/2011 18:49



Bonjour,


Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.
      
Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.


La Page No-7: LA VIE EN ABONDANCE !


LA RÉSURRECTION DU CHRIST ET LA PHYSIQUE QUANTIQUE !


Cordialement


Clovis Simard



SysTooL 14/11/2010 18:30



Hello Gowitt! Comme on dit, ça c'est du commentaire. Je ne reviendrai pas en détail sur ta tirade souvent drôle et à propos. Houellebecq m'a en vérité passablement exaspéré ces
dernières années, si bien que l'article que j'ai écrit "à l'époque" ne doit plus vraiment représenter ma pensée, j'imagine...


 


En tout cas, cela m'a fait bien rire d'apprendre qu'il avait (enfin) gagné son Goncourt... au-delà du fait que Houellebecq le mérite ou pas, il faudrait surtout se questionner sur la
"concurrence" qui y régnait : Virginie Despentes et Maylis de Kerangal... voilà, quoi!



gowitt 14/11/2010 17:31



Pour plagier Pierre Desproges : Houellebecq n’écrit pas que des
conneries, il en dit.


C’est avec une délectation sans nom que j’ai entendu le foutriquet
s’exprimer sur les ondes de France Inter après la réception de son prix Goncourt.


Tout participe à rendre écœurant ce personnage, véritable héros d’une
époque régressive sans espoir. Incarnation héroïque d’une intelligentsia au service d’une pensée diarrhéique, aux concepts approximatifs et à la sensibilité désuète, Houellebecq s’exprime avec la
même médiocrité que son écriture. « Plateforme » restera sans doute le point d’orgue de l’indigence littéraire en même temps que l’annonce d’un temps que nous avons découvert avec
consternation : l’ère de la postmodernité dont le héraut restera Sarkozy.


Il aime, ainsi que les médias qui lui servent de thuriféraires, se
présenter comme « écrivain maudit ». Quelle affabulation, quelle prétention peut nourrir l’ego boursoufflé de cet écrivain ectoplasmique ? Quelle comparaison possible avec un Jean
Genet, un Céline, un Sade voire un Drieu La Rochelle ou un Karl Kraus ?


Ses productions écrites, plutôt que littéraires, sont truffées d’emphases
redondantes et de dissonances stylistiques. Houellebecq use d’un abus forcené d’antépositions et s’octroie une tolérance coupable de verbes faibles. Son utilisation outrancière de verbes imprécis
entraine des facilités conjonctives ; illustration de la carence intellectuelle du prosateur. La ritournelle des groupes ternaires, ajoutée à la cacophonie de qui/que/quand provoquent un état
nauséeux à la limite du recours à l’utilisation du cortège pharmaceutique.


Epargnons au lecteur averti le déchiffrage de son style monotone nous
parvenant dans les bruits du monde comme un souffle glacé à travers la porte entrouverte du néant qu’il n’aurait jamais du quitter.


Outre ce dénuement stylistique, l’inspiration de Houellebecq fleure bon
le transit intestinal.


…Houellebecq brode à l’infini sur la misère affective des pauvres types,
sur la solitude des loosers. Au lieu de donner des couleurs à la puissance du désir masculin, comme l’aurait fait un Christian Laborde, l’auteur de "Plateforme" ne cesse de décrire des
accouplements  fatigués, des scènes de masturbation dépitée, des amours plates et misérables…


Houellebecq est un iconoclaste de salon qui n'a de talent que l'odeur de
la merde dans laquelle il trempe son pieu pour écrire ses histoires nombrilistes de pauvre type sans moral ni morale.


Panégyriste du tourisme et des relations sexuels avec des enfants, ce
fantôme du talent a cru que l’étalage de la turpitude forgée sur son âme crasseuse lui apporterait la légitimité. Bien lui en a pris. La légion des crétins bêlants a crié au génie. Les
journalistes en quête de sensationnel ont encensé ce qu’ils ont vu être une bonne aubaine littéraire. L’ambiance dominante veut qu’on soit pour ou contre Houellebecq. C’est un faux choix,
Houellebecq est inexistant. Peut-on raisonnablement être pour ou contre le vide ?


Le couronnement du cuistre lui est donc venu d’une institution
respectable et respectée par le gotha mondain : « le Goncourt ». Il aura fallu «1 minute et 29 secondes » pour le départager de ses concurrents à l’assaut du prix dont les
ventes prolifiques décerneront au vainqueur le titre envié d’écrivain à succès. Houellebecq est donc devenu celui-ci, adulé des imbéciles dont le QI est comparable à  celui d’un protozoaire. Ecrivain titré d’un système de prêt à penser, Houellebecq sera la mauvaise conscience à bon prix du bobo qui s’encanaillera à dire
« vous avez lu le dernier Houellebecq ? Ravageur n’est-ce pas ? ».


Houellebecq n’aura que traîner dans la merde des âmes boueuses en mal de
transgression ; dont la sienne. Désabusé, mais calculateur, il a séduit, et c’est bien sur ce pouvoir de séduction qu’il serait souhaitable de s’interroger.


Quel aura été l’influence hégémonique des maisons d’éditions dans
l’attribution de ce hochet lucratif ?


Contre l’avis général, il faudrait mettre fin à la production du pédant,
c’est l’autre face de la tolérance. Un jour il faudra se battre pour l’interdiction du droit à la production de galimatias littéraire, comme jadis pour l’abolition de toute
censure.


L’ombre a précédé la production de Houellebecq, et elle le suivra.
Houellebecq a été mort avant d’être vivant, et heureusement il retombera dans l’oubli.


Chaque citoyen devrait pouvoir se réclamer d’un droit naturel à
l’intelligence et donc, dans le pire des cas, revendiquer une allocation de soutien à la bêtise. En ce qui concerne le secours à Houellebecq, les preuves ne devraient pas être difficiles à réunir
et participer à l’enrichissement de chacun.


Nous savons tous que ce qui est exceptionnel mérite à peine de vivre, ce
qui est banal ne mérite pas de mourir, M. Houellebecq est si banal qu’il ne mérite même pas de s’appeler Michel.




Eric 31/03/2007 16:41

Bonjour Systool,  allons droit au but, à mon sens Houellebacq est le plus grand artiste vivant et de très, très loin.C\est un génie au sens pur du mot, "les particules élémentaires" est le plus grand bouquin que j'ai jamais lu. Il est d'une telle intelligence, d'une telle lucidité sur la médiocrité inéluctable des rapports humain dans une société de consommation, qu'effectivement pour les esprits bourgeois et étriqués il peut paraître révoltant.Mais il ne décrit rien d'autre que la réalité, ce bouquin a schématisé, théorisé tout un pan d'une réalité sous-jacente que je percevais intuitivement mais qu'il a reformulé dans son style provocateur et désabusé.Régulièrement je me relis des passages, pris au hasard, dans ce bouquin pour m'imprégner de sa vision, et à chaque fois c'est une claque mémorable.Même chose pour "extension du domaine de la lutte", notamment la phrase que tu cites dans ton article, j'ai du la relire des dizaines de fois et chaque fois elle me trouble par son implacable exactitude.Par contre je suis d'accord avec toi lorsque tu estimes que les "particules élémentaires" restent son meilleur livre, dans les deux suivants ils essaient de rester dans la même  veine en donnant un côté épique, ambitieux et multigénérationnel à ses livres mais il n'y parvient que modérément (surtout dans "plateforme)", mais ça reste supérieur à 99,999% de la production littéraire actuelle.Pour finir je rajoute juste une chose pour ses contempteurs: son autopsie de la société post-moderne, à la façon d'un entomologiste, n'a pas d'équivalent dans la littérature contemporaine alors s'il bouscule la doxa qui vous sert de prêt à penser, remerciez -le au lieu de le conspuer.Salut systool, et encore une fois félicitations pour cet article, je sais qu'il est très difficile de dégager le vrai du faux au sujet de ce bonhomme, par contre t'as juste fais une petite erreur, qui ne t'es pas imputable, concernant sa date de naissance: c'est 1956 et non 1958, mais dans les biographies officielles c'est marquées 1958.

Systool 31/03/2007 16:56

Hello Eric! Houellebecq est sans aucun doute un individu complexe, et c'est ce qui intrigue certains et en énerve d'autres... je suis à mon tour plutôt d'accord avec toi. Si ce n'est que La Possibilité d'une Ile, également chroniqué par ici, ne m'avait pas vraiment épaté... merci pour le 56-58, je l'avais également remarqué mais j'ai préféré noté la version "officielle"... ;-)

Jim Trumper 13/10/2006 12:04

Poua poua poua ... comment peut on apprécier les débilités provenant de ce Houelllébéléque qui ne saurait aligner 3 mots sans son dico ??? Ne venez pas me dire que je critique sans connaitre j\\\'ai lu Les particules élementaires, et même un élève du cours elementaire auraient été plus interessant que lui. Son style est pauvre, délibérément surfait et surmédiatisé. Il a un bon agent dans le showbiz et point barre.

Systool 13/10/2006 14:57

C'est un avis, et je ne suis pas forcément opposé à ce que tu as dit... mais on pourrait ajouter : "Et après?"
Malgré tout, c'est une littérature qui peut toucher... même s'il est clair que nombreux sont les écrivains modernes à taper dans le sexe et la violence!