CLASH : London Calling to the Underground (bio)

Publié le par Systool

Une chose est sûre avec les CLASH : ils ne sont pas beaux. Passé ce commentaire purement esthétique et nullement judicieux dans l’approche musicale du groupe, nous ajouterons que les Anglais, outre le fait d’avoir incarné avec d’autres la naissance du punk rock, représentent l’une des formations les plus intéressantes de la fin des années 70, avant que la musique rock ne périclite dans le chaudron informe de la New Wave. Puisant leur créativité comme les premiers punks - les SEX PISTOLS et les RAMONES -  auprès des Dylan, WHO et autres STOOGES, les CLASH avaient l’avantage par rapport au groupe de John Lydon d’avoir une réelle conscience politique (clairement de gauche) et de proposer une musique variée, empruntant autant au rock ‘n roll qu’au reggae.


Mick Jones, guitariste et chanteur, commence dans une formation appelée LONDON SS, avec son ami Paul Simonon (basse) et le batteur Terry Chimes. Vers 1976, c’est Joe Strummer (John Mellor, né à Ankara) qui intègre le groupe renommé alors THE CLASH. Les Londoniens débutent avec une série de concerts en compagnie des SEX PISTOLS, qui font déjà fureur dans le milieu rock en proposant une musique agressive et nihiliste, à l’image des Anarchy in the UK et autres God save the Queen. La prestation des CLASH durant les trois gigs avec les PISTOLS leur permet d’obtenir un contrat auprès de CBS, qui fait paraître leur premier album éponyme au printemps 1977. Cette bombe à retardement contient déjà certains des titres inoubliables du groupe, tels que White Riot, I’m so bored with the USA et Career Opportunities, et bien vite, les CLASH entrent dans le cœur des rockophiles anglais. Par contre, on remarquera que la division américaine de CBS fera peu d’efforts pour promouvoir l’album aux Etats-Unis, ce qui explique en partie la renommée tardive du quartet sur la terre de l’oncle Sam.

Peu après la sortie de ce LP introductif, Terry Chimes quitte le groupe et se fait remplacer par Topper Headon, un musicien de formation jazz et fan de Billy Cobham qui permettra aux CLASH une expansion stylistique notable et qui les suit dans leur White Riot Tour, accompagnés des BUZZCOCKS. Il est temps de se remettre au travail et en 1978, la formation nous propose Give’em enough Rope, deuxième album produit par Sandy Pearlman (BLUE OYSTER CULT). Malgré quelques excellents titres (Safe European Home, Julie’s been working for the Drug Squad et Stay Free), il se révèle quelque peu inégal, même s’il met davantage en avant le côté politique et protestataire du groupe, qui organisera la même année un concert devant 80'000 spectateurs londoniens sous la bannière du Rock Against Racism. Les CLASH décident de partir à l’abordage du continent américain, tournant à deux reprises avec des artistes comme les CRAMPS, Bo Diddley et Screamin’ Jay Hawkins, ce qui montre explicitement ce désir d’émancipation musicale, merveilleusement mis en acte avec London Calling, leur (double) chef-d’œuvre sorti à la fin de l’année 1979. Oscillant sans cesse entre un rock ‘n roll teinté de rockabilly, de reggae et de ska, il comprend certains hymnes punk comme The Guns of Brixton et London Calling, sans oublier les éclectiques Jimmy Jazz et Lost in the Supermarket.


Difficile de pallier aux attentes d’un public réclamant un successeur digne de London Calling qui, on l’a compris, a mis la barre très haut. Décidant d’aller enregistrer aux Etats-Unis, ils font paraître en décembre 1980 le fameux Sandinista!, un triple album à la qualité fluctuante et aux influences disparates. Le très bon (The Magnificent Seven, Police on my Back) y cotoie des pistes bâclées voire même incomplètes, ce qui peut expliquer la chute des ventes en Angleterre, alors même que les Américains commencent réellement à découvrir les CLASH. Heureusement, le groupe se ressaisit avec sa sortie suivante, Combat Rock, qui s’avère leur disque le plus connu, surtout grâce aux singles Should I stay or should I go et Rock the Casbah. Puisant toujours, mais de manière peut-être moins évidente, dans ces styles musicaux si variés que sont le R&B, le reggae et même le rap et le funk, Combat Rock révèle en vérité l’opposition de Jones et Strummer, le premier souhaitant se diriger vers un rock d’arène digne des WHO alors que l’autre préfèrerait une orientation plus « roots ». Produit par Glyn Johns, collaborateur des STONES, LED ZEPPELIN et WHO, Combat Rock coïncidera avec le départ du batteur Topper Headon qui sera substitué par une ancienne connaissance, Terry Chimes, dont la prestation au sein du groupe sera cependant de courte durée… En effet, il sera débouté quelques mois plus tard, de même que Mick Jones, leader des CLASH avec Joe Strummer, qui s’en ira former BIG AUDIO DYNAMITE. On sent que la structure organique du band tombe en lambeaux et effectivement, les Anglais décident de splitter en 1986, non sans avoir réalisé le mauvais Cut the Crap entre temps.

Malgré d’insistantes rumeurs de réunion, rien ne semble (heureusement) poindre à l’horizon, d’autant que Joe Strummer est décédé en 2002. On connaît en effet les stratégies purement commerciales qui ont torpillé la crédibilité de formations rock légendaires telles que les WHO ou les SEX PISTOLS, justement. Alors autant se régaler avec les classiques du rock que sont The Clash ou London Calling plutôt que de tenter de raviver bêtement une flamme qui a l’odeur du soufre. On terminera comme de coutume en signalant la présence du coffret live From Here to Eternity ou encore le best of The Essential Clash, des voies d’abord tout à fait respectables pour découvrir ce groupe mythique.

 

Publié dans Rock Legends

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SysTooL 24/11/2008 19:32

Le Clash, le boys band punk ultime! :-)

Lili 16/11/2008 16:58

De la grande musique! Pour moi, c'est LE groupe punk. (Et LE groupe tout court) Et c'est bien le seul que je peux écouter en boucle en me disant à chaque nouvelle piste: "celle-là, je l'adore." (Pour moi, pas d'inégalités artisitques chez le Clash, et Sandinista est proprement génial! Mais je manque peut-être de recul. ^^) Et puis, avouons que Paul Simonon était quand même loin d'être vilain!

Mathilde 21/06/2007 08:14

SI ils sont BEAUX!Ce sont les meilleurs représentants du genre beautiful looser,un exemple parfait d'outsiders, accomplis dans ce qu'ils ont fait, et la complétude est un signe de beauté et de perfection...Leurs frimousses sont complémentaires de leur style musical, d'ailleurs, lequel des deux a influencé l'autre?

Systool 21/06/2007 11:35

Complémentaires à leur musique, oui, c'est pas mal, je suis d'accord, Mathilde! :-) Et puis beautiful loser, c'est bien aussi... d'ailleurs on peut être magnifique sans être beau ;-) tout n'est pas qu'apparence

luigi 09/03/2007 22:16

the clash, groupe légendaire!!! engagé, charismatique avec Joe Strummer leader incontournable, ce groupe a bercé ma jeunesse et me colle à la peau, véritablement l'un de mes 5 groupes préférés, il est vrai je suis tombé dedans dès mon plus jeune âge quand en 1982 l'électrophone est entré à la maison, j'en ai des frissons!!!!!!

Systool 10/03/2007 13:43

Ciao Luigi! Je te remercie pour ces souvenirs adolescents... il est clair que découvrir la musique - rock en l'occurence - a également, à sa manière, changé ma vie ;-)

illfurt 07/10/2006 14:48

Génial du punk, tu vrai. Ah que c'est con que c'est une époque révolue.

Systool 07/10/2006 14:56

C'est bien vrai! Merci Illfurt ;-)