Deadwood (Série TV, David Milch)

Publié le par Systool

On dit que dans l'optique de dépeindre les fondements d'une société, David Milch souhaitait s'attaquer aux origines de Rome. Ce cadre ayant déjà été exploité par la série du même nom (également estampillée HBO), ce dernier s'est finalement attelé à nous narrer les premiers balbutiements de DEADWOOD.

 

Deadwood a été fondée illégalement sur un territoire indien concédé par le gouvernement américain par le traité de Fort Laramie en 1868 au peuple Lakota. En 1874, le colonel George Armstrong Custer annonça la découverte de gisements d'or dans les Black Hills provoquant une ruée vers l'or et la fondation de Deadwood qui devint en 1876 une ville réputée pour ses bandits-manchots et ses maisons closes. En quelques années, la ville devint renommée pour ses prostituées mais aussi pour avoir été le théâtre du meurtre de Wild Bill Hickok et pour être le lieu de sépulture de Calamity Jane.

 

(Wikipedia.fr)

 

Swearengen, le pimp de Deadwood

 

Milch s'est donc basé sur cet embryon de l'histoire américaine pour sa série, diffusée de 2004 à 2006. Il est effectivement question de maisons closes et d'individus sans foi ni loi. Par contre, pas de bandits-manchots à l'horizon (dommage). Deadwood, c'est avant tout Al Swearengen (Ian McShane), le gérant irascible du Gem, un bordel recelant toute la lie de cette proto-société pas encore rattachée aux Etats-Unis. Entouré de ses sbires et de ses putes, il administre le campement d'une main de fer, mais verra d'un mauvais oeil la venue de Seth Bullock (Timothy Olyphant / HITMAN). Bullock, c'est la justice incarnée, un individu ayant fait ses preuves comme sheriff dans le Montana et recueilli la femme et le fils de son frère après son décès au front. Accompagné de son collègue Sol Star (John Hawkes / AMERICAN GANGSTER), un juif autrichien, il met sur pieds une boutique de quincaillerie, la populace ayant grand besoin d'acheter des tamis et des pelles afin de dénicher les précieuses pépites. Mais bien vite, le naturel de Bullock revient au galop (oui, elle est facile) : pourquoi se contenter de vendre des marchandises alors que ce bled du Dakota a besoin de personnes faisant respecter la loi? Inutile de préciser que la relation de Swearengen et Bullock, deux individus aux intérêts opposés, est un point central de DEADWOOD.

 

Nevermind the Sex Pistols, here's the Bullock!

 

Parmi les autres personnages de la série, on citera les figures mythiques de Wild Bill Hickok (Keith Carradine), une des gachettes les plus rapides de l'Ouest, ou encore Calamity Jane (Robin Weigert) qui jure comme un charretier et boit comme un trou. Au sein des habitants notables de la ville, on trouve l'aubergiste fouineur et futur maire E.B. Farnum (William Sanderson), le médecin Cochran (Brad Dourif / Vol au dessus d'un nid de coucou, Les Deux Tours) dont la principale occupation consiste à soigner les MST des pouliches de Swearengen, ou encore Alma Garret (Molly Parker) dont l'époux est venu de New York pour faire fortune dans ces contrées sauvages. Au même titre que les SOPRANOS, la série décrit sans complaisance une faune bien particulière, avec ses conflits d'intérêt et ses relations complexes. Plutôt que de jouer sur le suspense à tout prix et des effets de caméra, les différents réalisateurs – dont on citera Davis Guggenheim, Ed Bianchi ou encore Alan Taylor – se concentrent sur ces portraits dont le substrat historique est souvent véridique et le caractère bien trempé : on marche dans la fange, on pisse dans la rue, on se cuite tous les soirs au bar, mais on dit « Bonjour Monsieur » et « Merci Madame ». D'ailleurs, on a critiqué le fait que certains jurons utilisés (au hasard, cocksucker, l'une des insultes fétiches de Deadwood) ne soient pas en phase avec l'époque, Milch s'étant défendu en prétextant que par la force des choses, les gros mots des années 1870 auraient sonné plus ridicules qu'autre chose.

 

Bénéficiant de critiques plutôt positives, notamment en ce qui concerne la réalisation et le jeu d'acteur, DEADWOOD s'est terminé prématurément au bout de 3 saisons, alors qu'une 4ème était initialement prévue. On a ensuite planché sur des films pouvant clore cette épopée mais l'idée a finalement été rejetée. Néanmoins, vous avez 36 épisodes dont vous délecter si vous appréciez ce genre d'univers crasseux et impitoyables. (C) Systool, 3/2009

 


 

DEADWOOD

USA – 2004 à 2006

Produit par David Milch

Avec Timothy Olyphant, Ian McShane, Molly Parker

Publié dans TV Series

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SysTooL 25/10/2009 17:21


Hello D! Ca faisait un bail!! J'espère que tout va bien pour toi!!

Oui, j'ai également mes périodes "séries", et par exemple ces dernières semaines je traine un peu avec Life on Mars, très sympa au demeurant, mais je suis simplement dans une phase plus...
littéraire!! ;-)

A+ et merci!!


D&D 25/10/2009 03:26


Salut Syst ;-)

Evidemment, j'ai repris plus que du retard dans ma lecture chez toi mais je me rattraperai, je n'en doute pas.
Question série, j'ai un peu mis la pédale douce, et je crois que ça me va bien finalement. J'ai repris lentement et péniblement Lost (j'en suis à la saison 3) puisqu'il paraît que la
saison 5 est remarquable...
Bref, nous verrons, tu donnes envie, comme souvent, avec celle-ci... Mais je crois que j'en ai un peu soupé des séries.
Enfin, ne soyons pas injuste : j'apprécie, mais à petite dose. Je souhaite retrouver du temps pour lire, par exemple.
Tout ça pour dire que je suis décidément un escargot à côté de toi :-)))
Bon dimanche, doc !


SysTooL 29/09/2009 21:19


:-)


comprendre 23/09/2009 09:49


Z'avaient de la gueule les pimps en ce temps là :) Vue en partie cette série, mais j'ai eu du mal à vraiment rentrer dedans. Ambiance originale, bien agréable.


SysTooL 19/08/2009 14:38

En effet, il y a eu une sorte de cassure à partir de la fin de la 2ème saison... les personnages sont devenus moins subtils, l'ensemble un peu redondant... le tout a quelque peu perdu en qualité... même si tout le monde n'est pas d'accord avec ça!