ENKI BILAL : Intégrale Monstre (Ed. Casterman)

Publié le par Systool

J'ai un souvenir ému (ouais, bon, façon de parler) de mon premier contact avec Enki Bilal, ou plutôt son oeuvre. Sa trilogie Nikopol fait partie, en effet, des premières bandes dessinées que j'ai lu, si l'on excepte les classiques de notre enfance. J'ai apprécié le graphisme du gaillard, cet univers sci-fi et ces personnages tout bleus. L'adaptation cinématographique ne présentait cependant pas beaucoup d'intérêt, si ce n'est qu'on voyait Linda Hardy à poil. Graphiquement, il était plaisant de voir cette transposition sur grand écran, mais sans doute par manque de moyens, le tout était par moments assez maladroit, notamment les scènes avec Horus. L'histoire avait subi quelques remaniements / simplifications et le personnage principal, interprété par Thomas Kretschmann, ne m'avait pas vraiment convaincu. Négligé pendant quelques années, c'est finalement la sortie de l'intégrale du Monstre qui m'a permis de renouer avec l'univers du dessinateur d'origine yougoslave. Rappelons que cette tétralogie comprend Le Sommeil du Monstre, 32 Décembre, Rendez-vous à Paris et Quatre?, épisodes parus entre 1998 et 2007 et réunis par Casterman en un gros volume.

 


Le sujet? Il n'est jamais vraiment aisé de résumer une histoire de Bilal. Disons qu'en gros, on suit trois personnages appelés Nike Hatzfeld, Leyla Marzovic et Amir Fazlasic, tous trois nés à Sarajevo en 1993. Le premier, doté d'une mémoire phénoménale, a juré de retrouver ses deux amis, sauf que la situation actuelle est pour le moins précaire : nous sommes en l'an 2026 et une secte nommée Obscurantis Order sème la panique en souhaitant contrôler les fondements d'une société déliquescente : la science, la culture et la mémoire. Sous l'égide d'un certain Optus Warhole, elle utilisera Nike pour mener « à bien » sa mission. Le scénario n'est pas toujours évident à suivre, puisque Bilal ne cesse de passer d'un personnage à l'autre. Pour couronner le tout, on a affaire à des clones de Nike, cependant, la fluidité du rendu visuel est telle qu'on ne perd pas le fil. Ce monde totalitaire en proie à des conflits de religion évoque certains travaux de Dantec, notamment Babylon Babies, et Bilal a l'intelligence d'insérer certaines précisions (les origines du Site de l'Aigle, par exemple) sous forme de coupures de journal qui sont intégrées dans l'histoire, comme a pu le faire Alan Moore dans Les Gardiens.

 


On retrouve les éléments récurrents qui constituent le monde de Bilal : ces mégapoles post-nucléaires (New York, Paris, Bangkok...) avec un trafic urbain aérien, l'affrontement des religions, notamment dans des rencontres de football, ainsi que les petits jeux de l'auteur comme les différents anagrammes de Warhole qui, au fur et à mesure de ses mutations, prend le patronyme de Holeraw puis enfin Rhawloe. Au-delà des conflits, des machinations, de l'incertitude face à un avenir morose, voire carrément flippant, Bilal nous livre surtout une histoire d'amour entre trois personnages qui tentent de pénibles et hypothétiques retrouvailles.


Enki Bilal : Monstre (L'Intégrale)

Editions Casterman

Publié dans BD - Manga

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SysTooL 30/08/2009 20:19

Ah Monster, j'avais commencé à lire ça il y a quelques années... je me suis arrêté après 2 tomes mais j'avais trouvé ça plutôt bon!

Mélie 29/08/2009 01:23

J'aime beaucoup (surtout les plus anciens albums en fait), je savais pas qu'il y avait une intégrale de Monstre d'ailleurs.
A vrai dire je serais plutôt dans Monster ces temps-ci ^^

SysTooL 29/07/2009 17:29

Ben : Et?

Benjamin F 29/07/2009 14:51

Je suis entrain de finir Animalz là ;)

SysTooL 16/07/2009 10:29

Oui, pardon... comme la plupart des gens s'accordent pour dire que ses BD sont meilleures que ses films, tu sais ce qu'il te reste à faire!! Bientôt une petite collaboration pour TASTE, Doc?