En termes de superhéros, il faut tout de même avouer qu'un tas de ferraille, c'est nettement moins séduisant qu'un
BATMAN, SUPERMAN ou même un X-Man. C'est d'ailleurs en partant de ce postulat (faire apprécier aux lecteurs un
personnage a priori peu attrayant) que Stan Lee, créateur d'une flopée de comics, a conçu IRON MAN. Lee a poussé le vice
encore plus loin puisque l'individu caché derrière la créature est un brillant et un brin arrogant scientifique, Tony Stark, qui s'est illustré dans l'armement. Vraiment, tout ça semble bien mal parti. Il faudrait cependant être aveugle pour ne pas remarquer que les producteurs en panne
d'inspiration continuent à brasser les fonds de tiroir pour y dénicher une nouvelle adaptation, si bien qu'on arrive au point où même le moins populaire des comics aura droit à sa projection dans les salles sombres. C'est à Jon
Favreau – aperçu dans son propre rôle via un épisode des SOPRANOS
– qu'on a confié la lourde tâche de s'attaquer à l'homme d'acier, non sans retransposer l'histoire dans un contexte plus actuel. Exeunt les Vietnamiens, ce sont
désormais des Afghans qui vont capturer le pauvre Tony Stark alors qu'il effectue une petite virée dans la région pour présenter ses modèles de roquette révolutionnaires. Contraint de construire
cette arme pour le compte de ses geoliers, Stark va (subtilement) mettre au point une armure qui lui permettra de s'échapper. Here is the
Pitch.
Je sais pas ce qui m'a pris de voir ce film, les gars... désolé...
:-)
Cela va sans dire, mais le choix de Robert Downey Jr
dans le rôle du personnage principal constitue sans doute le seul argument qui explique la présence de la chronique que vous avez sous les yeux. Déjà, la plupart
des adaptations des comics de Stan Lee puent des pieds : entre DAREDEVIL et LES QUATRE FANTASTIQUES, on avait
déjà de quoi faire la grimace. Bien entendu, le cas de SPIDERMAN représente
l'exception, même s'il y a passablement de déchets sur l'ensemble de la trilogie. Outre les relents d'américanisme à peine voilés (on tente de nous faire apprécier un individu qui crée des armes
de guerre destinées à éliminer de méchants « terroristes » qui malmènent des familles innocentes), on est surtout frappés par la faiblesse de la trame ; ainsi, on passe le plus clair du
temps à contempler un Robert Downey Jr qui apporte des finitions à son joujou. Ce n'est que passé la moitié du film qu'un méchant se profile enfin : son collègue Obadiah Stane
(Jeff Bridges) qui a mal supporté que Stark cesse toute activité belliqueuse après sa capture pour se concentrer
sur... sur quoi, au juste? Certes Gwyneth Paltrow est toute mimi en secrétaire attentionnée et la BO du film
sera appréciée par les amateurs de rock (AC/DC, SUICIDAL
TENDENCIES et évidemment, le mythique Iron Man de BLACK SABBATH en conclusion), mais cela est très insuffisant. Prions pour que
MARVEL STUDIOS, qui a financé le film à la hauteur de 140 mio de dollars, n'aietpas en tête de produire une suite (en fait, si!) et que l'excellent Downey Jr aille cabotiner
ailleurs.
IRON MAN
USA – 2008
réalisé par Jon Favreau
avec Robert Downey Jr, Gwyneth Paltrow, Jeff Bridges
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