La formation de Chicago est un véritable casse-tête pour les chroniqueurs, qui ont essayé tant bien que mal de la
classer sous une appellation ou une autre depuis bientôt vingt ans, la propension du groupe à changer constamment de masque ne facilitant pas les choses. Cinq ans après It's all around
you, quelque peu boudé par la critique, le quintet expérimental fait son grand retour! High Class Slim came floatin' in fait office d'apéritif : une embardée d'electro qui laisse la
place à un orgue délicat avant une déflagration de prog aux teintes krautrock. Le ton est donné. S'ensuivront un jazz destiné à nous emmener dans l'au-delà (Prepare your Coffin), des
gargouillis tribaux (Northern Something) ou encore une mélodie digne d'un générique déglingué de Super Nintendo (Penumbra). La deuxième partie de l'album montre également
quelques inflexions plus rock (Yinxianghechengqi), la basse de Doug McCombs sachant se faire bruyante, même si TORTOISE apprécie toujours autant ces plages contemplatives
(De Chelly) et des structures plus post-rock aux relents atonaux, telles que la conclusive Charteroak Foundation. Ni meilleur ni moins bon que le reste de la production de
TORTOISE ces dix dernières années, Beacons of Ancestorship s'appréhende avec difficulté – à l'image des titres abscons des
morceaux – mais saura satisfaire les plus patients.
3,5 / 5
TORTOISE – Beacons of Ancestorship (Thrill Jockey, 2009)
Le myspace de
TORTOISE
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