ROMANCE KILLER (Kang Doha)

Publié le par Systool

Je dois avouer que je ne connais pour ainsi dire rien de la bande dessinée coréenne. Hormis quelques modestes bases en termes de manga japonais, la BD asiatique était d’ailleurs pour moi synonyme d’inconnu. Mais sous l’impulsion d’un collègue et néanmoins ami, je me suis lancé dans la lecture de ROMANCE KILLER, histoire en deux tomes créée par Kang Doha et parue en 2008 aux éditions francophones CASTERMAN. Doha est l’un des auteurs de manhwa (BD coréenne) les plus en vue de ces dernières années. Il s’est fait notamment remarquer avec la série CATSBY, parue tout d’abord sur internet puis en librairie.

 



L’intrigue de ROMANCE KILLER débute de façon plutôt classique et – avouons-le sans sourciller – un peu caricaturale. R est un tueur à gages. On comprend qu’il s’est forgé une solide réputation dans le milieu, ayant mis de côté ses émotions et exécutant ses contrats avec la froideur d’une machine. Pourtant, un blocage survient alors qu’il doit se débarrasser d’une jeune femme, Elisabeth, dont le meurtre est commandité par son propre mari. Enivré par les senteurs de fleurs décorant la pièce (et par cette femme lascive sur son lit), R faiblit et… finira par épouser Elisabeth! Une fois ce flash-back archivé, on suit R dans sa nouvelle vie : autrefois killer, il est désormais le larbin de sa fleuriste d’épouse et essaie tant bien que mal de satisfaire So-Young, sa belle-fille, jusqu’au jour où il rencontre Miu, une amie de So-Young. Celle-ci s’illustre comme une adolescente espiègle portée sur le vieux. Entendez par là qu’elle a des aventures avec des hommes de plus de 40 ans. Voici le premier rebondissement de cette série qui abordera avec plus ou moins de réussite l’adultère, la vieillesse, les préoccupations des plus jeunes et l’inceste. J’imagine que ce sont des sujets volontiers tabous dans la société coréenne. Ils le sont certainement dans notre propre culture, même si divers auteurs ont abordé ces thèmes depuis fort longtemps. On songe à Nabokov ou encore Moravia. Le personnage central de ROMANCE KILLER peut s’avérer touchant dans ses préoccupations (son attirance pour Miu, le passé indélébile et secret qu’il partage avec sa femme), mais le traitement est par moments si bateau que l’on ne peut s’empêcher de s’en irriter. Sans parler du final certes assez surprenant mais tout compte fait capillotracté.

 



Visuellement, ROMANCE KILLER a peut-être davantage d’attraits : entièrement réalisé avec une palette graphique, il met en exergue des procédés intéressants (l’aspect très photographique de certaines cases, notamment avec cette impression de mise au point sur le personnage et un flou de l’arrière-plan), même si le trait trop net de Doha manque un peu de sensibilité. Il est intéressant de constater que les visages parfois assez comiques du premier tome ont quasiment entièrement disparu du second qui s’avère plus sombre et moins bavare. En somme, une découverte qui ne m’a pas totalement convaincu mais qui a suscité assez de curiosité pour que je me lance dans l’œuvre d’autres auteurs coréens !


Kang Doha – Romance Killer (2 tomes)

Disponible en français aux editions Casterman


(merci Tu)

Publié dans BD - Manga

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SysTooL 08/05/2009 16:22

J'imagine, j'imagine ;-) Pas de soucis!! A bientôt et excellent week-end à toi

Rob 08/05/2009 15:36

Je ne suis pas un grand commen(ta)teur dans l'âme, ce qui ne veut pas dire que je ne lis pas ta prose régulièrement...

SysTooL 08/05/2009 15:06

Mon cher Rob, je désespérais de trouver un sujet qui puisse t'interpeller! :-) Je vois que c'est enfin le cas!!! :-)

SysTooL 08/05/2009 15:01

Mon cher Rob, je désespérais de trouver un sujet qui puisse t'interpeller! :-) Je vois que c'est enfin le cas!!! :-)

Rob 08/05/2009 12:13

Je me suis mis au manga (et aun manwha) il y a peu, et c'est un de mes coups de coeur.J'imagine le calvaire que ça a dû être pour ceux qui suivaient ça sur Internet et qui devaient se contenter d'une page ou deux par jour...Et si l'intrigue est en effet très tordue, je trouve la construction magnifique et les thèmes qui s'en dégagent juste ébouissants.Je vais pas tarder à me mettre à Catsby...