Chron'espresso 6 : Zu, The Pains of Being Pure at Heart, Neil Young

Publié le par Systool



ZU – Carboniferous (Ipecac Records, 2009)


Ca me pendait au nez. Depuis le temps que j'entendais parler de ZU mais que je m'obstinais à ne pas leur laisser une chance... Trop expérimental, trop Zornien, trop ci et trop ça... C'est finalement leur signature sur le label Ipecac et la participation de Mike Patton qui me pousse à jeter une oreille à Carboniferous, leur nouvel opus. ZU, c'est du jazz-metal barré made in Italy avec basse, batterie et... saxophone! Quoi, pas de guitare? Ben, non! No problemo, la section rythmique prend bien souvent des allures de rouleau compresseur (Chthonian, Erineys) tandis que le sax de Luca Tommaso Mai se fend de percées noisy à la limite de l'audible (Carbon, Ostia), imitant par moment à merveille une six cordes. Ce qui est certain, c'est que la formation romaine n'est pas ce qu'on pourrait appeler une adepte des tempi en 4/4. La plupart du temps, il faut subir des time signatures totalement improbables, menées par la batterie ahurissante de Jacopo Battaglia dont le son de caisse claire est en nette cassure avec la majeure partie de la prod metal américaine (entendez par là qu'il a une sonorité plus grave). Massimo Pupillo, quant à lui, nous balance ses lignes de basse droniques sans sourciller. Néanmoins, il ne s'agit pas systématiquement d'un délire free jazz métalloïde. En effet, ZU s'octroie également des passages plus atmosphériques, ainsi que la collaboration de Mike Patton sur Soulympics où l'on retrouve le « chanteur » dans un trip à mi-chemin entre FANTOMAS et TOMAHAWK. Al dente! 4/5


le myspace de ZU

 

 

 

 

THE PAINS OF BEING PURE AT HEART – The Pains of being pure at heart (Slumberland Records, 2009)

 

Difficile de faire la part des choses entre un feu de paille et une véritable découverte. THE PAINS OF BEING PURE AT HEART ont été largement encensés par la presse indie américaine lors de la sortie de leur premier effort homonyme, un concentré de pop noisy qui fera immanquablement penser à MY BLOODY VALENTINE et RIDE, en moins expérimental et nettement plus accessible, cependant. Des voiles de guitare brumeux et répétitifs, des harmonies vocales délicates – le chant de Kip Berman étant souvent doublés par la claviériste Peggy Wang-East – donnant à l'ensemble une jolie cohésion. Ceci est plus particulièrement le cas sur la première moitié de l'album, où des titres tels que Young Adult Frictions ou This Love is fucking right atteignent avec facilité l'objectif premier qui est de proposer une musique à la fois prenante et agréable, même si les textes s'avèrent moins naïfs qu'on pourrait le penser. La formule s'essouffle cependant lorsqu'on doit se coltiner pour la 8ème fois cette intro à trois accords saturés, ce qui peut faire surgir de sérieux doutes quant à l'évolution future du groupe. En attendant, THE PAINS OF BEING PURE AT HEART nous livrent un premier opus correct qui n'a pas la prétention de réinventer quoi que ce soit, mais on s'en fout. 3,5/5


Le myspace de THE PAINS OF BEING PURE AT HEART 


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NEIL YOUNG – Fork in the Road (Reprise, 2009)


Une chose est sûre, le Loner est prolifique. Les 60 ans sont passés, mais le guitariste ayant influencé une flopée de rockeurs (au hasard PEARL JAM) est toujours là, nous livrant ses albums avec une précision métronomique. Obama élu à la tête de son pays, Neil Young pouvait peut-être s'assagir et couler des jours heureux dans sa ferme, roulant dans son tracteur alimenté à l'huile de colza. Sauf que la récente crise économique a plus que jamais fait poindre la problématique énergétique dans l'industrie de l'automobile. Young s'en fiche : il a installé un moteur électrique dans sa vieille Lincorn de 1959 et nous balance un album mi-figue mi-raisin sur le sujet, entre nostalgie de l'ancien temps et critique sociale. Fork in the Road possède une pochette assez moche, dans le genre webcam farmer. Pour ce qui est du contenu, il n'y a pas de quoi révolutionner une discographie déjà bien fournie : on peut néanmoins apprécier les choeurs de Fuel Line, le riff de Just singing a Song et la ballade Light a Candle, même si d'autres titres sont plus poussifs (l'introductive When Worlds collide), mais on sait bien que Young, c'est comme le diesel : il a du mal à démarrer, mais une fois lancé, on ne peut plus l'arrêter. 3/5

 

 

 

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SysTooL 12/06/2009 11:35

J't'en prie, D!A+

D&D 11/06/2009 19:37

Tétrofort. Je te l'ai déjà dit, non ?Merci, doc ;-)

SysTooL 11/06/2009 12:37

D : Je vais tâcher de remédier à cela (la 1ère partie du comm!)

D&D 11/06/2009 12:09

Salut doc',Impossible pour moi d'écouter Zu. Bien envie pourtant. Je sais pas ce que je fabrique avec flash mais ça coince. J'y arriverai !Sinon, "webcam farmer" va me faire un petit moment :-)))

SysTooL 15/05/2009 10:53

Alors pour cela, je te propose de demander plutôt à Dominique! Pour ma part, j'avais apprécié Prairie Wind sorti il y a 3-4 ans!