KAAMELOTT (Série, Alexandre Astier)

Publié le par Systool

Avant mon premier contact avec KAAMELOTT, il y a de cela 2-3 ans, on m'avait décrit cette série française comme proche des MONTY PYTHONS. Etant un adepte sans bornes de la troupe britannique, cette remarque avait attisé ma curiosité. Cependant, j'en suis rapidement arrivé à la conclusion que la série créée par Alexandre Astier avait somme toute peu de points communs avec The Holy Grail (Sacré Graal!), le film mythique de la bande de Graham Chapman. Certes, il est question d'Arthur et de ses compagnons chevaliers de la table ronde, mais force est de constater que le parallèle s'arrête là, si l'on excepte deux-trois clins d'oeil. Ainsi, j'ai suivi d'abord sporadiquement les courts épisodes de KAAMELOTT qui passaient en début de soirée sur M6 (oui, en Suisse, on regarde aussi les – mauvaises – chaînes de télé françaises). Et puis je m'y suis mis de façon compulsive. Et ce qui avait débuté comme une curiosité devient aujourd'hui l'une des séries télévisées les plus intéressantes qu'il m'ait été donné de voir.


Le merite en revient en bonne partie à Alexandre Astier, créateur et scénariste exclusif de KAAMELOTT : l'acteur lyonnais s'octroie (évidemment) le rôle d'Arthur, roi de Bretagne, et invite plusieurs membres de sa famille à l'épauler. Ainsi, Lionnel Astier et Joëlle Sévilla, ses parents, interprètent Léodagan et Séli, roi et reine de Carmélide et accessoirement (sic) beaux-parents d'Arthur. Simon Astier, son demi-frère, joue Yvain, fils de Léodagan et Séli et surtout frère de Guenièvre, la reine (Anne Girouard). Si l'on excepte le noble Lancelot du Lac (Thomas Cousseau), on ne peut pas dire qu'Arthur soit bien entouré question chevaliers : il doit gérer une bande de bras cassés tels que Perceval le Gallois (Franck Pitiot), le boulimique Karadoc de Vannes (Jean-Christophe Hembert) ou le peureux Bohort (Nicolas Gabion). N'oublions pas le druide Merlin (Jacques Chambon), qui nous enchante davantage par son incompétence que par ses tours de magie. Cette joyeuse troupe – réunie autour de la table ronde afin de dénicher le Graal – causera au Roi Arthur davantage de tracas que de victoires.



Le format de KAAMELOTT n'est à mon sens pas étranger au succès indéniable de cette série : passé le triple coup de cor, on assiste à une brève introduction, prétexte à une vanne bien sentie. Puis le générique et la partie principale de l'épisode en trois parties. Enfin, une conclusion comprenant les crédits et une dernière réplique sur fond noir. Le tout en trois minutes trente. Ceci a caractérisé l'ensemble de 4 premières saisons (dénommées généralement « livres »), même si Astier a commencé dès la 3ème saison à développer des épisodes doubles (de 7 minutes) afin d'approfondir la trame dramatique. Et oui, car on peut dire que l'intrigue était tout d'abord assez mince et qu'on pouvait finalement visualiser les épisodes de façon aléatoire sans que cela ait une incidence majeure sur la compréhension de l'ensemble. Mais par la suite, Astier a choisi un format plus extensif : le livre V est formé d'une poignée d'épisodes de 40 minutes, où les complots de cour et la trame amoureuse tiennent le haut du pavé, au détriment de l'humour goguenard des débuts.


L'autre grande force, évidemment, est le sens comique de KAAMELOTT : en habile conteur et dialoguiste, Alexandre Astier nous livre des répliques savoureuses, empruntant un franc-parler actuel volontiers populaire mais jamais vulgaire. Le réalisateur semble en outre soucieux de coller au contexte historique de l'époque, intégrant notamment les divergences entre les traditions celtiques et le clergé catholique qui s'implante en Bretagne au Vème siècle, personnifié par le Père Blaise (Jean-Robert Lombard), scribe de la table ronde. De plus, Astier mèle les nombreuses légendes arthuriennes (Excalibur, Viviane la Dame du Lac) avec un imaginaire emprunté aux récits de Dungeons & Dragons, voire même Star Wars.


Afin de fidéliser son public, un auteur intelligent se doit également de créer des personnages attachants et en cela, Astier réussit avec brio. Bien qu'ils possèdent des caractères pour le moins différents – entre le bourru Léodagan et le sensible Bohort, il y a un monde – les figures de KAAMELOTT ont tous ce quelque chose qui les rend irrésistibles. Outre les acteurs précités, on peut mentionner la multitude de comédiens invités de façon épisodique (dont certains ont conservé une place plus durable) : Antoine de Caunes, François Rollin, Virginia Efira, Christian Clavier, Alain Chabat, Yvan Le Bolloc'h et Bruno Solo, Emilie Dequenne ou encore Bruno Salomone, Christian Bujeau et Claire Nadeau.


Une fois la sixième et dernière saison archivée (qui effectue un come-back sur la jeunesse romaine d'Arthur, notamment), l'équipe prévoit un passage au cinéma, sans compter les formes multiples sous lesquelles s'est décliné KAAMELOTT : adaptations pour d'autres pays, bandes dessinées... Mais en attendant, vous avez plusieurs centaines d'épisodes dont vous délecter.


Quelques portraits :



Arthur, Roi de Bretagne (Alexandre Astier)


Figure centrale de KAAMELOTT, le Roi Arthur tente avec difficulté de mettre la main sur le Graal après la révélation que lui a fait La Dame du Lac. Par ailleurs, il éprouve passablement de peine à concevoir un héritier, étant plus intéressé par ses nombreuses maîtresses que par la reine Guenièvre.


Léodagan, Roi de Carmélide (Lionnel Astier)


« Vous êtes franchement un bourrin en toutes circonstances », dixit sa femme Séli, qui résume bien ce personnage massif qui s'exprime sans détour. Pour lui, l'essentiel est d'assurer la construction de tourelles, parce que la défense, c'est important et qu'on est pas des tantouzes.


Séli, Reine de Carmélide (Joëlle Sévilla)


Empêcheuse de tourner en rond, Séli excelle lors des repas de famille où les insultes (et les assiettes) fusent à tout bout de champ. Piètre cuisinière – elle tentera de faire avaler des tartes infectes à ses proches – Séli est cependant une conseillère avisée pour Léodagan.


Guenièvre, Reine de Bretagne (Anne Girouard)


Elle détient probablement (avec Perceval) le record de patronymes évoquant la bêtise. La Reine « con comme une chaise » semble par ailleurs ignorer la façon dont on fait des bébés...



Lancelot, Chevalier du Lac (Thomas Cousseau)


(Unique) représentant de la noblesse et du courage, Lancelot est le fidèle bras droit d'Arthur. Néanmoins, il sait être drôle (notamment quand il a des épines dans les pieds). Son idylle cachée pour Guenièvre causera son exil.


Perceval le Gallois (Franck Pitiot)


Personnage mythique de KAAMELOTT, davantage en raison de sa stupidité crasse que de ses faits d'armes, Perceval détient cependant une capacité hors du commun à compter... et à proposer des jeux de cartes improbables


Karadoc de Vannes (Jean-Christophe Hembert)


Après son casse-dalle de minuit, il y a celui de 2h, puis celui de 4h. Entre temps, Karadoc a mis au point une botte secrète pour pallier à son manque de vocabulaire : lorsqu'il entend un terme inconnu dans une phrase de son interlocuteur, il répond « C'est pas faux! ». Imparable, vous dis-je! Et il en fera profiter son ami Perceval


Bohort de Gaunes (Nicolas Gabion)


Esthète et amateur de ballet, Bohort n'a pas vraiment sa place sur un champ de bataille, dans la mesure où il sait à peine tenir une épée dans sa main. Si vous ajoutez à cela sa proverbiale couardise (sauf quand il boit de l'alcool), vous vous trouvez face à l'un des personnages les plus atypiques du château



Merlin l'Enchanteur (Jacques Chambon)


Si vous aviez cette notion d'un Merlin tout puissant et fabuleux, ce n'est en tout cas pas dans KAAMELOTT que vous risquez de le rencontrer. Celui qui a élevé le Roi Arthur sait vaguement fabriquer une potion contre les ongles incarnés et faire pleuvoir des pierres, mais à part cela... Et en plus, il raconte mal les blagues!


Le Père Blaise (Jean-Robert Lombard)


Cet échalat de deux mètres éprouve toujours beaucoup de difficultés à maintenir l'attention des chevaliers autour de la table ronde. D'un naturel plutôt placide, ce scribe peut cependant piquer une crise, surtout quand il doit corriger les approximations narratives de Perceval dans son beau manuscrit


Yvain (Simon Astier) et Gauvain (Aurélien Portehaut)


Crétins invétérés, Yvain et Gauvain sont constamment cul et chemise et ont leur conception tout à eux de ce qui est classe. Le premier est un ado attardé, tandis que Gauvain l'auteur de métaphores pour le moins hasardeuses





Publié dans TV Series

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Commenter cet article

SysTooL 31/03/2009 16:52

Leti : Oui mais il fallait le dire!!!

Léti 31/03/2009 13:49

Je n'ai qu'une chose à dire : PAAAAUUUUUUSSSSEEEE (ou Pose ???)

SysTooL 23/03/2009 16:01

Alors, après une petite recherche, je constate qu'Alexis Hénon joue Galessin, duc d'Orcanie, un personnage assez discret même si présent dès le début de l'aventure et qui prend néanmoins une place plus importante dès le livre IV, puisqu'il dirige avec Lancelot et le Roi Loth la "résistance" face à Arthur...

daniel 23/03/2009 15:55

Je n'ai jamais regardé la télévision alors que  Alexis Hénon habite dans le village voisin du mien ( son fils est dans la classe de ma fille ). Tout le monde l'appelle "le duc " au vilage . Tu vois de quel acteur il s'agit ?

SysTooL 19/03/2009 17:29

Merci pour les compliments sur mon décryptage même s'il est fort succinct, à dire vrai... :-)Les préoccupations actuelles? Oui, c'est un point que je n'ai pas mentionné! Et Astier retranspose en effet certains sujets actuels dans le contexte de l'époque! Et le décalage entre ce vouvoiement et le franc parler, un délice...