TOOL : Mister Tool (biographie)

Publié le par systool

Alien parmi les aliens, TOOL n'en finit pas de surprendre (et destabiliser) son monde. Influencé par Pink Floyd et King Crimson, deux monstres du rock progressif, il n'en demeure pas moins metal sur la forme.
Une brève présentation du groupe s'impose : au chant, Maynard James Keenan, trippé de la life porté sur le mysticisme. Après des études artistiques - où il a notamment cotoyé Gillian Anderson (X-Files) - il travaille dans un magasin d'animaux domestiques pour lequel il conçoit un design spatial.
Adam Jones est l'autre artiste du groupe. Il a appris à jouer de la guitare avec Tom Morello, futur membre de RAGE AGAINST THE MACHINE et actuellement chez AUDIOSLAVE. De plus, Adam a travaillé comme concepteur d'effets spéciaux sur le plateau de Predator 2 et Jurassic Park.
Le grand échalat Danny Carey (1,95 m) hésitait entre une carrière pro de basketteur et batteur dans un groupe énorme. Le deuxième choix fut probablement le bon. Quant à Paul D'Amour, il occupe la place de bassiste avant d'être remplacé par Justin Chancellor en 1995.


de gauche à droite, Maynard James Keenan (vocals), Adam Jones (guitar), Danny Carey (drums) et Justin Chancellor (bass)



En 1992 sortit le premier album – essai devrait-on dire - OPIATE. En effet il s'agit d'un EP de 7 titres plutôt heavy et destructurés. Ce disque représentait surtout une carte de visite pour le groupe qui commençait à être de plus en plus plébiscité dans le milieu rock de LA. Les textes sont obscurs et sans concessions, la voix hurlante de même que la guitare, tandis que la rythmique solide de la paire D’AMOUR-CAREY concasse tout sur son passage. Témoins en sont Sweat et Jerk-off. On décèle le potentiel du groupe dans le titre Opiate notamment, bien que l’album soit très inférieur aux suivants.
Le deuxième album de TOOL, UNDERTOW, sort fin 93 et récolte assez rapidement de très bons suffrages, alors que l’accueil du premier était plutôt mitigé. Cette fois, le groupe frappe un grand coup (un million et demi de copies aux Etats-Unis) et part à l’assaut de l’Europe, en tournée avec Rage against the Machine. Le public, durant les concerts, demeure littéralement tétanisé face à ce groupe certes inconnu, mais terriblement original et mystérieux. Les clips de Sober et de Prison Sex – que les membres préfèrent appeler vidéos - sont réalisés par Adam et passent de manière sporadique dans les émissions rock comme Headbangers Ball. Le groupe est allé beaucoup plus loin, et c’est peu dire. Alors qu’Opiate était un disque heavy assez banal musicalement, on se trouve, à l’écoute de Undertow, en terrain inexploré.




Le groupe préconise dès lors des plages longues durant lesquelles s’entrecroisent des riffs lourds et une multitude d’idées exploitées au mieux. Quant à la production, elle est très bonne, le groupe étant d’un perfectionnisme presque maladif. Pour ce qui est des textes, ils sont nettement plus travaillés, bien plus sombres et… quasiment incompréhensibles. Adam Jones, outre ses talents de guitariste, nous dévoile ses œuvres arty dans la pochette du disque, l’image commençant à prendre une place prépondérante dans le groupe.




En 1996 sort enfin le troisième et décisif album de TOOL, AENIMA. En effet, après le succès d’Undertow, le public et la presse craignaient le pire, se demandant comment le groupe allait trouver l’imagination débridée qui le caractérisait. Stinkfist, le premier morceau, remet tout de suite les pendules à l’heure et se révèle l’un des meilleurs titres du groupe. Le video-clip qui l’accompagne – trois mois de boulot – en donne une dimension supplémentaire. Ce disque, doté d’une « âme », comme Maynard se plaît à le répéter, récolte bien évidemment les faveurs du public, bien qu’encore plus imperméable que le précédent. Septante-sept minutes de musique sombre, lourde et envoûtante. Bizarre également, lorsqu’on remarque que la moitié des titres ne sont pas réellement des morceaux, mais plutôt des intermèdes, des « pauses » entre les longs morceaux (6 minutes en moyenne). Des bruits, des messages (Message to Henry Manback, un homme qui fut un temps colocataire de Maynard ; ce dernier le vira lorsqu’il ne put plus le supporter. Manback, quelques jours après, lui laissa un message sur son répondeur, l’insultant et espérant que Maynard meure un jour d’un cancer…TOOL ré-enregistra le message et sur un fond de piano, composa ce sixième titre pour le moins intrigant), une recette – en allemand – pour préparer les œufs de Satan, à base de sucre, de haschisch, de beurre… Quant aux « vrais » morceaux, ils sont tous originaux, longs et inventifs. La production signée David Bottrill (Peter Gabriel...) est encore une fois impeccable. L’arrivée de JUSTIN CHANCELLOR à la basse n’a altéré en rien l’harmonie du groupe qui a quitté Paul en bons termes (il a fondé depuis LUSK), au contraire la ligne de basse plus libre a apporté une facette intéressante au groupe. Une version limitée sortit tout d’abord, la couverture reflétant une image en hologramme et la pochette un tas de textes traitant de tout et n’importe quoi. On y trouve notamment « Believe in nothing », qui, selon Danny Carey, ne doit pas être pris de manière justement nihiliste ou pessimiste ; c’est au contraire un encouragement à ne pas croire en n’importe quoi et se forger soi-même sa pensée, sans tenir compte des préjugés. Le groupe considère ce disque plutôt optimiste, là où la presse l’a trouvé assez noir et négatif.
La tournée qui suivit fut un véritable succès, sans enlever le voile de mystère qui enveloppe le groupe depuis ses débuts. Tool est impénétrable, critique et sombre vis-à-vis de la presse, à la limite du dédain. La structure presque scientifique des morceaux, l’attitude provocatrice et à la fois sûre sont tant d’exemples de la maîtrise du groupe, devenu culte : adulé par ses fans et respecté dans le milieu rock (voir l'excellent site d'un fan).




Le groupe a mené plus tard un long procès contre sa maison de disque Volcano records, réclamant une liberté artistique totale. Les dirigents de Volcano ont menacé le groupe d’une ardoise de 25 millions de dollars pour rupture de contrat et une décision à l’amiable semble avoir été adoptée: Tool a créé son propre label (Dissectional), distribué par Volcano.
Par ailleurs, Maynard a créé un autre groupe en parallèle, nommé A PERFECT CIRCLE, dont le premier disque, Mer de Noms, est sorti en mai 2000. Il est accompagné de Billy Howerdel, son colocataire (ex-Nine inch nails), de Josh Freese, de Troy Van Leeuwen et de Paz Lenchantin. Se situant dans la veine des Smashing Pumpkins musicalement, APC a obtenu un franc succès des deux côtés de l’Atlantique.




Entre temps, un coffret contenant un CD live et un DVD de TOOL est sorti. Intitulé SALIVAL, il nous donne un bon aperçu de la force et de la magnificence du groupe sur scène (Third Eye, Pushit); il contient également 3 morceaux inédits issus des sessions d’Aenima : deux intermèdes et une reprise toolienne du No Quarter de Led Zeppelin. Quant au DVD, il permet aux fans de posséder ainsi les clips des albums sortis jusqu’ici. Excellement réalisés par Adam, ils nous donnent un bel aperçu de ses talents artistiques.
Le successeur s’est fait cependant attendre. Il est sorti finalement en mai 2001, soit près de quatre ans et demi après AENIMA. Pourtant le groupe est satisfait de cette échéance, puisqu’il n’a réellement travaillé sur l’album que pendant un an (janvier 2000-janvier 2001), en raison des activités et des déboires sus-mentionnés.
Bien que cela paraisse impossible, Tool est allé encore plus loin avec LATERALUS et se trouve désormais à des lieues de la majorité des groupes de rock moderne.




Tool fait les choses à sa manière, prenant des risques, composant non pas des morceaux, mais de vrais opera, où une multitude de riffs se chevauchent, où la voix tantôt mélodieuse, tantôt hargneuse de Keenan nous envoute et nous exalte. Preuve en est le premier titre The Grudge, un écueil de 8 minutes sans véritable refrain. Pourtant, après quelques écoutes, on cerne les différents liens entre les parties instrumentales et vocales. D’une manière générale, une écoute attentive et prolongée est nécessaire pour s’immerger dans le monde de TOOL, même si la suffocation nous guette, tant l’émotion et l’aggressivité sont présentes. Le morceau-titre Lateralus est un pur chef-d’œuvre de 9 minutes intenses, envoutantes et destructrices. Quant à l’epic-track de clôture, elle comprend en fait trois morceaux: tout d’abord Disposition, apaisé et mélodique, puis Reflection, hypnotique et étonnant, enfin Triad, un morceau instrumental. Au total: 22 minutes de bonheur, qui pourraient nous faire penser à Echoes de PINK FLOYD, grande référence de TOOL pour l’aspect profond et cérébral des atmosphères. La pochette du disque, minimaliste au possible, contient à peine les informations habituelles (titres des morceaux, production…). Aucune photos, aucun remerciement.
Les tournées de TOOL sont également des moments de plaisir intense. Mêlant les prouesses visuelles de la technologie moderne à des éclairages variés, le groupe fait salle comble partout où il va et ce n’est pas l’entrée en première position au Billboard US de Lateralus qui va changer la donne. TOOL représente en quelque sorte l’un des derniers survivants des Grands des années 90. La plupart, comme Nirvana, Soundgarden et Rage against the Machine ont disparu et d’autres comme Pearl Jam ou Nine inch Nails ont du mal à se renouveler. Quant à Maynard et sa bande, ils ont su garder la tête froide et cherchent sans cesse à proposer une musique nouvelle, même si elle semble de plus en plus difficile d’accès en raison de sa complexité et de sa longueur. (le site officiel de TOOL)

EDIT
: En 2006, un nouvel album, 10'000 Days, voit enfin le jour. Il contient toujours les caractéristiques du son de TOOL, mais nous montre une facette plus humaine du chanteur, qui parle de sa mère récemment décédée après avoir vécu 27 ans (10'000 jours) dans une chaise roulante.

Publié dans Rock Classics

Commenter cet article

mitaboula 30/08/2006 20:31

Curieusement...J'ai beaucoup de mal à rentrer dans Tool...Bon groupe assurément, mais chaque album me parait 'fermé', et j'ai du mal à 'rentrer' dans l'ambiance de chaque album...Très hermetique Tool ? C'est mon impression...Sur ce, bonne continuation ^^ !

Systool 31/08/2006 11:59

Hello Mita! Ah ben je crois que tu as mis le doigt sur l'un des éléments majeurs de TOOL, ce côté hermétique... c'est ce qui fait tout l'intérêt du groupe, justement...

Chtif 27/06/2006 10:43

Miracle, j'y suis enfin arrivé...
désolé pour les foirages, mais le gars qui a inventé ça doit être un pervers absolu...

Chtif 26/06/2006 20:09

ok, comme tu l'auras remarqué, j'ai un peu merdouillé mon trackback... j'espère que tu peux le virer !!!je vais me renseigner un peu plus avant de refaire boulette

Systool 27/06/2006 10:22

Ouais ok... j'ai tenté de t'expliquer ça sur ton blog...

Chtif 26/06/2006 19:09

Merci beaucoup pour tes encouragements systool, ça motive franchement !bon, je t'ai mis en lien net chez moi sans te demander la permission, si jamais tu veux faire de même, ok bien entendu (je ne sais pas si c'est comme ça qu'on propose, mais bon !!)bye

Systool 26/06/2006 19:15

Merci pour le lien, je ferai de même pour toi, bientôt ;-)

Chtif 26/06/2006 18:22

Bonne bio d'un  des rares groupes metal encore écoutables passée la période trouble de l'adolescence !!
j'ai fait  la chronique du dernier album si ça te tente
http://chtif.over-blog.com/article-3113423.html
(oui, c'est le deuxième lien vers mon blog que je pose en 10 mn, mais je n'ai pas encore l'habitude des us et coutumes des bloggeurs, désolé si j'abuse! Rien ne t'empêche évidemment de faire de même chez moi, Systool !)

Systool 26/06/2006 19:04

Ciao Chtif ;-)Super découverte que ton blog, que je conseille à tout amateur de rock :-D