DILLINGER ESCAPE PLAN : Miss Machine (chronique, 2004)

Publié le par Systool



ANTECEDENTS : DILLINGER ESCAPE PLAN (DEP) fait partie de la grande scène hardcore new-yorkaise. Les débuts sont tonitruants : ils sortent un EP de 3 titres en 98 et leur premier album, Calculating Infinity, qui voit le jour un an plus tard, leur vaut le titre de pionniers du math-core. Serait-ce parce qu’ils font partie de l’infime minorité des métalleux qui savent compter ? C’est probable. Plus sérieusement, dès la première écoute d’un morceau de DEP, on est déjà abasourdi, mais on se rend compte ensuite de la maîtrise technique des lascars. Les « time signatures » sont peu orthodoxes et vraiment complexes, les cassures de rythme et de tonalité fréquentes. Ajoutons à cette équation des éléments jazzy et de légers bruitages électroniques et nous y sommes. Calculating Infinity n’a pas simplement créé des émules. C’est une toute nouvelle scène qui s’est formée et dans laquelle de nombreux groupes à la qualité variable se sont engouffrés. Après une tournée couronnée de succès, où le groupe a cotoyé Mr. BUNGLE et CANDIRIA, le chanteur de l’époque, Dimitri Minakakis, quitte le bateau. Il en avait probablement marre d’être toujours enroué.



En 2001, le groupe enregistre un EP de 4 titres avec au micro… Mike Patton, qui n‘avait d‘ailleurs pas tari d‘éloges sur la valeur du groupe et avait justement enrôlé nos amis sur sa tournée avec Mr. Bungle. Rappelons qu’il n’est autre que le chanteur des défunts FAITH NO MORE, actuellement membre de nombreux groupes (FANTOMAS, TOMAHAWK…) et véritable boulimique de la musique. Cette collaboration était transitoire, n’en déplaise à certains fans qui croyaient naïvement que Big Mike puisse rester plus longtemps... Le groupe trouve à cette époque un successeur à Minakakis : un dénommé Greg Puciato, gros balèze aux capacités vocales notables et accessoirement cracheur de feu (sic).
Le DEP nouvelle mouture embarque sur la tournée 2002 de SYSTEM OF A DOWN. Après un break, ils reprennent le chemin des studios.

CHEF D’ACCUSATION : Alors, qu’en est-il de ce deuxième opus? Le plus simple est d’insérer le CD dans le lecteur et de l’écouter le plus longtemps possible avant de presser sur STOP en s’exclamant : « Non! J’en peux plus... C’est trop violent! ». Je l’ai écouté jusqu’au bout (si si!) et même plusieurs fois... Disons-le tout de suite : Miss Machine est une tuerie! Les caractéristiques qui ont fait le succès de DEP sont toujours présentes, certes, mais en plus de cela le groupe privilégie la nouveauté, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Preuves en sont les déments Sunshine the Werewolf et Unretrofied (aux accents anastasiesques!?!). Le groupe parvient davantage à capter l’attention de l’auditeur qu‘autrefois, il a accentué le contraste entre les différentes parties d’un morceau et on peut même remarquer une certaine variété. Greg Puciato n’a rien à envier à son prédécesseur ; au contraire, il s’impose véritablement et possède une tessiture plus large, ce qui lui permet d’intégrer de nouveaux éléments à la musique déjantée des New-Yorkais. Les musiciens sont simplement monstrueux, si bien qu’il est vraiment difficile de décrire leur talent : rapides, techniques, schizo.
A l’écoute de l’album, on peut percevoir des influences assez diverses et manifestement pas incompatibles avec le hardcore pur beurre : Tomahawk (Baby’s first Coffin et Highway Robbery) ou encore Faith No More avec Setting Fire to sleeping Giants, qui mérite soit dit en passant le prix du titre le plus bizarre, ainsi que la palme d‘or dans la catégorie « Une certaine Ecoute». L’escapade avec Patton en 2002 a eu une influence certaine sur le processus de composition du nouvel album ! Quant au cinquième titre, Phone Home, il ne ferait pas tache dans la discographie de Nine Inch Nails, la similitude en est même troublante ; c’est Trent Reznor qui s’est pris les doigts dans son piano pendant le refrain...Les fans purs et durs (sous-entendre ceux qui n’aiment pas le changement) se consoleront avec Panasonic Youth, Van Damsel ou The perfect Design.




VERDICT : En conclusion,

- DEP ne devrait pas décevoir la majorité de ses fans. Miss Machine reste une furie quasi-continue, cependant plus maîtrisée et nuancée que les anciens standards.

- Un « must have » pour tout fan de metal qui se respecte mais qui ne respecte pas ses voisins.

- Une belle introduction au genre pour les curieux qui désirent définitivement perdre l’usage de leur oreilles.

(lien vers le Site officiel de DEP)




A LIRE EGALEMENT...

chroniques de Plagiarism EP (2006), Irony is a dead Scene EP (2002)





Ze making of MISS MACHINE

Publié dans Metal - Hardcore

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J
oui je me suis dit
"pourquoi ne pas poster un bon anniversaire ici tiens...."


tchussssssssssssssss
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S
Yes Juke! Cool de ta part!
F
qu'est-ce qu'un EP ???
 
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S
Un mini-album (quelques titres, genre 4-6 titres)... La chronique demain, d'ailleurs!
F
bien d'accord! au début, je trouvais que cet album de DEP agressait un peu les oreilles, mais au final, je l'ai trouvé bien plus mélodique que le précédent, et, à force d'écouter, j'ai adoré!
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S
MDR Je me demandais si un jour quelqu'un viendrait mettre un commentaire sur ce groupe que je trouve vraiment excellent... Et bien enfin!!!!Merci Flow... stay Tuned, un EP sera bientôt dispo (avec des reprises de Soundgarden, Justin Timberlake et autres...)