Je tente depuis le mois d'avril 2005 de vous exposer mes passions en matière de musique, surtout rock et jazz, mais aussi mes coups de coeur cinéma et littéraires. Ce blog a une fonction de plate-forme afin que d'autres internautes partageant les mêmes centres d'intérêt (ou étant simplement curieux) puissent interagir. Vous remarquerez qu'il existe des lecteurs qui vous permettent d'écouter gratuitement des chansons (mp3, flash) ou de visualiser des clips. Bon surf, profitez bien et n'oubliez pas qu'un petit mot de votre part est toujours reçu agréablement...
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Dès les premières minutes d’écoute, on est à la fois rassurés - FANTOMAS nous revient comme en 1999 - et quand même un peu désorienté : pas facile de se retrouver dans ce fatras bruitiste. Choeurs satanistes, riffs heavy, hurlements hystériques... Tout ça, on commence à connaître. Mais ajouter des samples de dessins animés des Looney Tunes (genre le coyote qui chute de la falaise...) et des chants enfantins au beau milieu de deux riffs metal, il fallait le faire. Pour couronner le tout, Trevor Dunn nous balance des lignes de basse jazz et on a même droit à des mélodies très cinématiques... On a l’impression d’entendre du Morricone (piste 27) et la BO de l’Exorciste (13 et 30). Comme si l’on n’était pas suffisamment déboussolé, il faut encore se taper des mélodies semblant tout droit sorties d’un Game Boy ou d’une pub de Rhône Poulenc...
FANTOMAS, que beaucoup considèrent comme le groupe le plus imprévisible qui ait jamais existé, nous embarque dans un trip des plus flippants, mais à l’intensité et la créativité constante. En effet, même s’il faut du courage pour enregistrer des morceaux bizarres qui partent dans tous les sens, ceci est à la portée de (quasi) tout le monde. Le talent est cependant nécessaire pour capter l’attention de l’auditeur durant toute la durée d’un album...et FANTOMAS y parvient avec brio.
Il est simplement impossible de décrire convenablement un morceau de FANTOMAS : dire qu’il contient des ambiances de forêt tropicale, de la musique de foire ou un riff à la FEAR FACTORY est bien beau, mais écouter un titre tel que les pistes 6, 10 ou 21 vaut toutes les explications du monde. Identique à Amenaza al Mundo sur la forme (1:30 par piste), le quatrième album de FANTOMAS va beaucoup plus loin en intégrant les éléments cinéma développés sur Director’s Cut et Delirium Cordia et en incluant surtout de nouvelles influences : mêler des samples de cartoon à du metal n’est pas forcément la fusion du siècle, mais c’est sans aucun doute jouissif, efficace et très adapté à la personnalité de Patton, qu’on verrait bien dans le rôle du loup dingue de Tex Avery. Buzz Osborne livre un travail exemplaire en composant certaines parties de guitare aériennes et mélodieuses qui contrastent avec les riffs punk qui parsèment l’album.
A noter le beau travail de Yoshitomo Nara, artiste japonais créant des personnages enfantins et naïfs, chargé de l’artwork de l’album : on a droit à un calendrier de 30 pages du mois d’avril 2005 et ça nous change du calendrier de l’Avant avec son petit chocolat chaque jour. Dans le cas de Suspended Animation, on peut écouter un titre quotidiennement, mais si vous y prenez goût, vous risquez de vous passer l’album en boucle toute l’année... Une question demeure : FANTOMAS réussira-t-il à nous proposer quelque chose de nouveau la prochaine fois? Mike Patton, que certains considèrent comme le Jackson Pollock de la musique (un peintre expressionniste abstrait), a construit le metal moderne avec FAITH NO MORE et l’a destructuré avec FANTOMAS, il saura probablement nous épater encore longtemps...
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