Samedi 25 octobre 2008
6
25
/10
/Oct
/2008
07:00
BRIMSTONE HOWL : We came in Peace (Alive Records, 2008)
C'est peut-être bête à dire, mais il me semble que 2008 aura été synonyme de revival rock. Enfin! Une partie non négligeable des bons albums parus cette année emprunte en tout cas une direction musicale
très ancrée dans la tradition 60-70's. Certains s'acoquinent avec BLACK SABBATH et
DEEP PURPLE (BLACK
MOUNTAIN), d'autres fricotent avec le VELVET UNDERGROUND (BLACK ANGELS), d'autres encore rendent un hommage appuyé à un blues rock digne de Jimi Hendrix (BLACK KEYS, THE RACONTEURS). A défaut de contenir l'adjectif « Black », visiblement très à la
mode, BRIMSTONE HOWL peut se targuer d'être l'une des formations les plus prometteuses de ces dernières années,
ralliant une horde d'auditeurs rongeant leur frein depuis la débacle des années LSD. Le quatuor originaire du Nebraska, dont le patronyme, il y a quelques années encore, était THE ZYKLON BEES (il fallait oser...), ne s'embarasse pas d'emprunter les schémas musicaux des RAMONES, du CLASH ou du VELVET (Easy to dream) jusqu'à la caricature : la section rythmique aux allures martiales
introduit souvent le propos, les guitares débarquent en trombe suivies du chant de John Ziegler, tantôt criard,
tantôt déclamatoire (on croirait entendre Jim Morrison sur The World will never know). Encore plus fort, la production semble également sortir tout droit d'un vieux studio new-yorkais :
voix réverbée, six cordes crasseuses, basse au son bondissant. A peine une année après l'acclamé Guts of Steel,
les gugusses délivrent 15 trips qui sauront faire planer le nostalgique qui sommeille en vous. L'affaire est
entendue : si vous souhaitez écouter un album de 1968 sortis quarante ans en retard, le dernier BRIMSTONE HOWL paraît le choix le plus approprié. (4/5)
METALLICA : Death Magnetic (Warner Bros Records, 2008)
Que peut-on dire de plus au sujet de la dernière livraison des Four Horsemen, autoproclamés plus grand
groupe de rock de la planète? L'attente aura été longue puisque le silence radio (ils passent sur les ondes FM?) a duré 4 ans. Mais finalement, quelqu'un attendait-il encore quelque chose de
The Metallica Trust Inc.? Quitte à n'avoir plus rien de neuf à proposer, les excellents businessmen que sont James Hetfield et Lars Ulrich décident donc de revenir à un son
période 86-91, le public ayant quelque peu boudé l'énervé St Anger. That was just your Life, le titre ouvrant le débat, représente en quelque sorte une compilation des meilleurs
titres du combo de Frisco, une entrée en matière à la fois convaincante mais qui mine d'emblée le reste de l'écoute. Se reposer sur ses acquis est la tactique adoptée par la majeure partie des
musiciens occidentaux, donc pourquoi faire un procès à METALLICA s'ils souhaitent revenir à un son plus old school? D'autant que, fait marquant, peu de groupes actuels se
proclament les disciples de Hammett and Co. Etant donné que le créneau est libre, proposons notre produit : ça s'appelle le management. Une pochette qui marque, un nouveau producteur
(Rick Rubin), des solos de guitare (ah ben tiens, ça commençait à nous manquer), une semi-ballade de rigueur (The Day that never comes) et des titres qui font peur
(Cyanide, All Nightmare long, My Apocalypse, The Broken Beat & Scarred). Mais lorsqu'on s'immisce sous la surface, bien peu demeure : rares sont les riffs
véritablement accrocheurs et Hetfield semble parfois à la peine niveau chant. Idem pour les solos de l'ami Kirk, qui ferait mieux de la mettre en veilleuse. Ne parlons même pas du titre
instrumental, Suicide & Redemption, qui consiste en une succession de plans convenus tout juste bons pour figurer sur la prochaine version de Guitar Hero. Y a des jours où
l'on se demande si cette attraction pour la mort – Death Magnetic – concerne également METALLICA. Ce serait peut-être le moment. (2,5/5)
TV ON THE RADIO : Dear Science (Interscope, 2008)
Conquis par la précédente livraison des musiciens de Brooklyn, c’est avec une certaine curiosité
que je me suis apprêté à écouter Dear Science, leur nouveau bébé salué, une fois n’est pas coutume, par la presse musicale américaine.
La musique de TV ON THE RADIO a ceci de particulier qu’elle comprend tant d’influences variées qu’il est ardu de tout assimiler en
quelques écoutes. De plus, Return to Cookie Mountain exhibait une
ambiance pesante et par moments malsaine qui ne facilitait pas les choses. D’après les dires de Kyp Malone et Tunde Adepimbe, les deux vocalistes, il convient désormais d’apporter un semblant de légèreté malgré la récession manifeste et effectivement, dès les
premières paroles de Halfway Home, on se rend compte que l’atmosphère est pour ainsi dire moins plombée, même si le couplet comprend
toujours ce chant si particulier, à la fois déclamatoire et triste. TVOTR intègrent davantage de textures synthétiques, notamment au
niveau des percussions, ainsi que des éléments carrément funky (Crying, Red Dress) ou hip-hop (Dancing Choose). Parmi les highlights, on pourrait
citer la complainte déchirante de Malone sur Stork & Owl, le superbe crescendo de Family
Tree ou encore l’enragée DLZ. Néanmoins, il semblerait que sous son apparence plus accessible,
ce Dear Science peine quelque peu à provoquer un impact aussi fort que le firent ses prédécesseurs par le passé. (3,5/5)
Last Reactions...