HELLBOY 2 : Les Légions d'Or Maudites (Guillermo Del Toro, 2008)

Publié le par Systool

Il fut un temps où les hommes et les elfes vivaient dans une certaine harmonie mais la cupidité des premiers a provoqué chez les blondinets une ire qui ne s'est apaisée que lorsqu'ils ont massacré leurs rivaux au moyen d'une armée d'or. Atterré par cette tragédie, le Roi Balor décide finalement de laisser ses guerriers mécaniques en stand-by et de séparer sa couronne en trois parties : l'une reviendra aux humains tandis que les deux autres seront conservées par ses descendants. De plus, les hommes iront peupler les villes tandis que les forêts resteront sous la bonne garde des elfes. Ce conte est narré brièvement par Trevor Bruttenholme, fondateur du bureau de recherche et de défense sur le paranormal (BPRD), à un Hellboy encore jeunot, dans une base de l'armée américaine en 1955. Guillermo Del Toro, toujours aux manettes après un premier volet plus que correct, intègre pour cette scène mythologique des animations avec des personnages en bois semblant sortis d'une pub pour O'Cedar. Suit le générique d'entrée, qui mèle un ensemble de rouages avec la musique quelque peu convenue de Danny Elfman, réminiscence des derniers Burton. Cette fois-ci, Del Toro a choisi de créer un scénario original, là où la trame de HELLBOY premier du nom se calquait grossièrement sur le tome introductif de la bande-dessinée, Les Germes de la Destruction. Ainsi, pour cette deuxième mouture, rares sont les éléments que l'on retrouve dans le comic de Mike Mignola. Au sens large, on a certes droit à une ambiance surnaturelle empreinte de mythologie païenne, mais au fond, le réalisateur a préféré intégrer des sujets qui lui sont chers et qui ne sont pas sans rappeler Le Labyrinthe de Pan : la difficulté que des créatures fantastiques éprouvent face à la folie de l'homme, la guerre, l'acceptation des autres. Déjà abordé dans de nombreuses adaptations de BD, le statut de « superhéros » face à la société (monstre dangereux ou allié?) est également traité alors que Mignola a toujours éludé cette problématique.



Ainsi, après une première moitié de film où fusent les blagues potaches mais où l'action se base trop souvent sur un déballage d'armes en tous genres et de combats acrobatiques surgit un personnage aussi caricatural qu'amusant : le Dr Krauss, scaphandre rempli de gaz et spécialiste en créatures ectoplasmiques. Ce dernier représente peut-être un clin d'oeil à Herman von Klempt, gros méchant nazi dans le comic de Mignola et fusion conceptuelle entre un alien de MARS ATTACK et FRANKENSTEIN. Krauss, malgré son comportement quelque peu formel (il est allemand, et pour un public américain, allemand = ordonné, voire balai dans le cul), va aider les membres du BPRD à combattre le Prince Nuada, fils de Balor souhaitant reconquérir la troisième pièce de la couronne afin de réveiller ces fameuses légions d'or maudites. Au BPRD, c'est d'ailleurs le remue-ménage : Abe Sapien, sorte de grenouille férue de musique classique et de poésie, n'est pas indifférent au charme de la Princesse Nuala, soeurette de Nuada qui possède également un teint cadavérique et un trait horizontal coupant son visage en deux. Hellboy, toujours aussi bourru et massif, éprouve quelques difficultés à stabiliser sa relation avec Liz, s'agissant du genre de conflit qu'on ne règle pas avec un gros coup de poing dans la figure (quoique...).



Sachant que les adaptations cinématographiques sont souvent décevantes, je n'attendais pas forcément grand chose de HELLBOY II, mais les critiques très positives glânées sur le net m'ont tout de même poussé à aller y jeter un oeil, d'autant que Del Toro n'est pas le premier touriste venu. Après une exposition poussive, le film peine à proposer quelque chose de réellement créatif et ce n'est qu'à partir de la scène avec l'arbre géant qu'on constate un semblant d'amélioration. Trop tard. L'accumulation de répliques et de principes simplistes mine l'aspect esthétique soigné du réalisateur mexicain. Le pire, c'est que même les effets spéciaux s'avèrent par moments irritants, à l'image de la nuée de bestioles verdâtres lors de la scène de vente aux enchères. Au même titre que les membres du BPRD tentant de les éliminer à coup de fusil, Del Toro emploie des moyens disproportionnés, privilégiant la surenchère au détriment de la subtilité. En attendant les prochaines réalisations du Sud-Américain (le passage sur grand écran de Bilbon le Hobbit et un probable troisième volet du démon rouge), je vous propose plutôt de vous ruer sur les originaux de Mignola, dont le 9ème épisode vient de paraître.



HELLBOY 2 : Les Légions d'Or Maudites

(Hellboy II : The Golden Army)

USA – 2008

Réalisé par Guillermo Del Toro

Avec Ron Perlman, Linda Blair, Doug Jones













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SysTooL 06/12/2008 10:46

May : Oui, on est assez d'accord... pour Selma Blair, je dirais que je ne l'ai pas vue dans beaucoup de films mais ta remarque me permet de citer une autre chose qui ne fonctionne pas : cet élan dramatique dans le choix entre Hellboy et le monde. Trop rapide et poussif

MAYDRICK 04/12/2008 11:29

MOI, HELLBOY 2 NE M'A VRAIMENT PAS BEAUCOUP CONVAINCU. IL Y A DE GRANDES FACILITES QUI M'ONT ENERVE, CE QUI EST D'AUTANT PLUS DOMMAGEABLE DE VOIR SELMA BLAIR LA-DEDANS. A PLUS, SYSTOOL.

SysTooL 24/11/2008 19:26

Ark : Tu dis tout haut ce que je pense (tout bas) de Del Toro... j'ai apprécié Le Labyrinthe de Pan, mais pas autant que certains qui me l'avaient recommandé... et HELLBOY 2, avec quelques semaines de recul, non, vraiment pas... et IRON MAN, que j'ai vu dans l'avion de retour de voyage, c'est même pire... :-)

Moskau : On a beau avoir des goûts similaires en matière de cinéma, cette fois-ci la pilule n'est pas passée, pour ma part...

D : Je crois qu'il y a un tas d'autres films autrement plus intéressants à voir, tu as raison!

D&D 16/11/2008 16:36

Coucou doc !Euh... Tout bien réfléchi... Je crois que je vais m'en dispenser de celui-là... Ou alors plus tard... Mais là, j'ai trop de choses à voir et cela ne semble décidément pas bien urgent ;-)

Moskau 15/11/2008 23:43

Salut! Pour ma part, j'ai apprécié ce deuxième volet du grand singe. Beaucoup d'humour, un nouveau venu haut en couleur au sein du BRDP. Certes le scénario est un peu convenu et la deuxième partie peut être un peu moins surprenante, mais le plaisir est là. Aussi bon que le premier épisode.