INCUBUS : Biographie

Publié le par Systool

Avant de devenir l'une des formations les plus successful du rock alternatif actuel, INCUBUS a bourlingué pendant de nombreuses années dans sa vallée de San Fernando, en Californie. Le quartette formé vers 1991 par le chanteur Brandon Boyd (alors dreadeux), Mike Einziger (6 cordes), Alex Katunich (basse) et José Pasillas (batterie) intègre quelques années plus tard Gavin Koppel (DJ Lyfe puis DJ Kilmore) et envoie ses premières frappes teintées de funk, dans la plus pure tradition d'un RED HOT CHILI PEPPERS d'antan : Fungus Amongus, une entrée en matière peu convaincante, puis un EP de six titres, Enjoy Incubus, qui reprend certains des meilleurs piste de Fungus, dont You will be a hot dancer et Hilikus. Une tournée en compagnie de KORN en 1996 va amener un durcissement sonore pour le groupe californien, comme on peut le noter sur le second album, l'éclectique et électrique S.C.I.E.N.C.E. (1997) qui comprend des éléments heavy (Redefine, A certain Shade of Green), mais également des parties plus calmes (la croonante Summer Romance) ou déjantées : le trip nocturne sous THC de Deep Inside ou encore la ghost track instrumentale où le DJ fait montre de toute son adresse. Parallèlement à une orientation désormais plus mainstream, ce dernier aura d'ailleurs passablement de peine à proposer quelque chose de valide par la suite. Citons encore New Skin, un manifeste furieux mais musical mené par la basse slappante de Katunich et une rythmique effrénée accompagnée par le djembe de Boyd, qui aimait à l'époque jouer les rastas au coin du feu.

 


INCUBUS fait appel à Scott Litt (REM) pour la production de son troisième album, l'excellent Make Yourself (1999) qui asseoiera durablement la réputation du groupe grâce à certains singles qui tapent dans le mille (l'acoustique Drive ou encore la larmoyante I miss you). Exit les délires à la FAITH NO MORE, Boyd s'est coupé les tifs et le quintette propose des structures plutôt carrées sans pour autant éclipser son sens du groove légendaire. Brandon Boyd parvient à fournir une prestation aussi réussie du point de vue vocal que des textes qui se distinguent par un positivisme qui contraste avec les gueules de six pieds de long de la plupart de ses congénères. Malgré les riffs puissants qui introduisent souvent les morceaux (Pardon Me, Clean), la formation conserve une accessibilité manifeste sans pour autant sonner creux. L'album suivant, Morning View (2001), évolue sur un terrain similaire, faisant s'alterner des pièces rugueuses (Circles, Under my Umbrella) et des chansons plus apaisées : les arpèges de Mexico, la décontractée Are you In ou encore Aqueous Transmission, aux effluves tibétaines. Wish you were here et Nice to know you, les deux singles, remplissent honorablement leur office sans chambouler le son INCUBUS, qui lorgne finalement vers une transposition plus musclée des RED HOT période Californication.

 


Avant la sortie de A Crow left of the Murder (2004), le bassiste originel quitte le bateau. Son remplaçant est tout trouvé puisqu'il s'agit de Ben Kenney, talentueux musicien et partenaire de Michael Einziger chez TIME LAPSE CONSORTIUM. Le groupe assume totalement son statut et nous livre une nouvelle fois une collection de titres efficaces produite cette fois-ci par Brendan O'Brien (RAGE AGAINST THE MACHINE, PEARL JAM, STONE TEMPLE PILOTS). On saluera un retour à des plans guitare plus audacieux (Pistola, Zee Deveel), Einziger faisant preuve d'une certaine paresse depuis Make Yourself. Les ballades de rigueur sont prenantes (Southern Girl, Agoraphobia), tandis que la voix puissante et mélodieuse de Boyd est souvent un ravissement, malgré quelques titres irritants (A Crow left of the Murder, Leech). Le dernier album en date, Light Grenades (2006), voit la formation s'assagir quelque peu et apporter quelques finitions à sa musique désormais très calibrée. Anna Molly et Love hurts en sont les deux singles.


Que de chemin parcouru en quinze ans d'activité! Il est clair que l'INCUBUS virevoltant des débuts est bien loin (du moins sur album), mais l'orientation nettement plus « adulte » et pondérée que la formation a choisi saura être appréciée par un public adepte d'une musique plus conventionnelle, mais ne manquant pas forcément de panache...

 

Rah les poseurs...

 


 

Publié dans Rock Classics

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Commenter cet article

SysTooL 26/10/2008 14:48

D : Oui, ce moustachu était un peu la mascotte de l'INCUBUS "early years", puisqu'il apparait en grand sur la pochette de "Enjoy Incubus" (96), en plus petit sur "Science" (97) et dans le livret de "Make Yourself" (99)... puis, un peu comme l'inspiration du groupe, disparait des galettes suivantes... ;-)

D&D 26/10/2008 04:27

Hello doc' :-)Bon ben, là, ça me parle pas vraiment, je dois avouer...Par contre, je crois que je vais me souvenir de la moustache sur la pochette de S.C.I.E.N.C.E. !Ouais, je sais, je suis lamentable...Bon dimanche quand même ;-)

SysTooL 21/09/2008 10:46

C'est sûr que le groupe était assez déjanté à ses débuts et qu'ensuite, ben, ils ont viré vers un son très Rock et carré... calibré pour les radios... Dommage...

david 20/09/2008 18:04

J'aimais beaucoup "Enjoy Incubus" et ses titres funky déjantés (e.g. le génial "Hilikus"). Je regrette que le groupe se soit vachement assagi par la suite. Même si leur musique reste agréable, je trouve qu'elle a maintenant un côté lisse, très "produit" qui ne me touche plus vraiment...Dommage pour des musiciens talentueux...

SysTooL 20/09/2008 12:16

RX : Ma période préférée est également celle de S.C.I.E.N.C.E. et Make Yourself... J'aime bien aussi Morning View, par contre la suite me plait moins également!Thom : Qu'est-ce qu'il a Morning View? :-)