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Depuis 2005, je vous expose mes passions en matière de musique, surtout rock et jazz, mais aussi mes coups de coeur cinéma et littéraires. Ce blog a une fonction de plate-forme afin que d'autres internautes partageant les mêmes centres d'intérêt (ou étant simplement curieux) puissent interagir. Bon surf, profitez bien et n'oubliez pas qu'un petit mot de votre part est toujours reçu agréablement...

 

 

 

Lundi 18 août 2008 1 18 /08 /Août /2008 14:59

Le jeune John Grady Cole décide de quitter son Texas natal après que son grand-père décède et que l'on vend son ranch. L'optique de devoir trouver du travail en ville ne l'enchantant que modérément, il prend le parti de quitter cette Amérique d'après-guerre et accompagné de son ami Lacey Rawlins, ils partent à l'aventure, direction le Mexique, à dos de cheval, évidemment. Les plaines désertiques leur permettent de communier avec la nature, mais aussi de faire la connaissance d'un certain Blevins, un garçon turbulent qui leur causera bien des ennuis. Cependant, les deux compères trouveront un emploi en tant que cowboys dans une hacienda et John Grady s'éprendra même de la fille du patron. Les récits de Cormac McCarthy ne sont pas ce que l'on pourrait qualifier de « tortueux ». Au contraire, la trame est belle, solide, mais simple. A vrai dire, ce n'est pas tellement l'élément qui marque le plus le lecteur. Non. Les descriptions infinies des paysages, les personnages taciturnes et entiers, voilà ce qui nous touche au premier abord.


Originaire de Rhode Island, le plus petit état américain, perdu là-bas au nord-est, McCarthy a grandi dans le Tennessee et pas mal bourlingué avant de se consacrer à l'écriture. Membre de l'US Air Force (il a même passé deux ans en Alaska), il a ensuite voyagé en Europe avant de retrouver le Sud et de s'installer à Santa Fe, dans le Nouveau Mexique. Littéralement amoureux de cette région, il ne cessera de la dépeindre dans ses romans. De si jolis chevaux, qui représente le premier tome de la Trilogie des Confins (avec De grands Passages et Des Villes dans la Plaine), fait partie de ses écrits les plus fameux, récipiendaire du National Book Award. On y découvre ce style passablement dépouillé, McCarthy ne s'embarrassant pas de la ponctuation habituelle. En effet, il n'y a que des points et bien souvent, l'auteur se contente de relier les différentes idées d'une phrase par de simples « et ». Là où n'importe quel scribouillard passerait pour un autiste, cette méthode permet chez McCarthy d'obtenir une gradation, une sensation d'unité spectaculaire. Cette impression que tout est relié, que dans un souffle, les hommes, les chevaux et la nature ne font plus qu'un. Dire que ces pages sont emplies de poésie relève de l'euphémisme et ce n'est certainement pas pour rien que McCarthy est considéré aujourd'hui comme l'un des auteurs majeurs de ces quarante dernières années, ses romans étant désormais systématiquement adapté à l'écran (cf l'oscarisé No Country for old Man des frères Coen).

 



On est frappé par la concision avec laquelle il parvient à transmettre l'essentiel : un regard, quelques mots balbutiés par ces cowboys qui roulent leur clope ou préparent le fourrage pour leur monture, et nous y sommes.


La plaine d'inondation qu'il traversait était enclose de chaque côté dans des murs de roche volcanique éboulée et au crépuscule les petits renards du désert étaient venus s'asseoir à leur pied silencieux et royaux comme des icônes pour voir la nuit venir et les colombes jetèrent leur cri du haut des acacias puis la nuit tomba sombre comme l'Egypte et il y eut seulement l'immobilité et le silence et le bruit des chevaux qui respiraient et le bruit de leurs sabots qui battaient dans l'obscurité.


Rien à ajouter. Ah si! Une adaptation cinématographique a vu le jour en 2000, réalisée par Billy Bob Thornton, avec Matt Damon et Penelope Cruz. Ou comment transformer un superbe roman en un film aussi plat que les plaines décrites par McCarthy. Le fait que les producteurs aient imposé une durée maximale de 3h a peut-être pesé dans la balance. Je vous conseille plutôt les 300 pages, en tout cas!


Cormac McCarthy – De si jolis chevaux (All the Pretty Horses)

disponible en français aux Editions Points

Publié dans : Books - Ecrire un commentaire - Voir les 17 commentaires
Par Systool - Communauté : Chronique de nos lectures
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Commentaires

Belle trilogie que celle-ci; Le grand passage est particulièrement touchant (à mon sens), avec un final poétique et explosif... Bravo pour ton article, j'espère qu'il encouragera des personnes à lire du McCarthy, cet auteur mérite un long détour...
Commentaire n°1 posté par Bif le 18/08/2008 à 16h25
C'est étrange que tu fasses une chronique sur ce livre car comme par hasard, j'en ai entendu parler aujourd'hui (je ne sais plus où, ni par qui). Qu'importe, ce que tu en dis fait envie, même si le thème abordé n'est pas vraiment mon terrain de prédilection!
Par contre, je tenais quand même à te dire, que des fois j'écoute tes conseilles en matière de littérature (sans parler de musique :).
J'ai acheté et lu "Vente à la criée du lot 49" de Pynchon! Et je dois dire que ce livre est un peu un ovni! Tant par le style (je t'avouerai que j'ai eu un peu de mal avec son style d'écriture), que l'histoire, qui pour le coup est vraiment atypique et drôle...
Par contre, la fin...On reste sur sa faim! Ce livre méritait d'avoir quelques 100 pages supplémentaires :)
Donc, un grand merci...
Pour le moment, j'ai commencé "Les racines du mal" de l'exécrable Dantec ^^
Commentaire n°2 posté par rxqueen le 18/08/2008 à 20h15
Bif : Il faudra bien que j'aille me dégotter les deux autres, je crois, même si NO COUNTRY me fait furieusement du pied ;-)

RX : Idées sonores... et pourquoi pas idées de lecture! Je lis ton commentaire avec beaucoup de plaisir... et surtout je suis content de voir que tu as apprécié Vente à la Criée du Lot 49 et d'ailleurs, tu sais, tu devrais plutôt remercier celui qui a écrit le commentaire au-dessus de toi, Bif, car c'est grâce à lui que je me suis lancé dans l'oeuvre de Pynchon... ;-)
Commentaire n°3 posté par SysTooL le 18/08/2008 à 22h29
Merci Bif :)
Commentaire n°4 posté par rxqueen le 18/08/2008 à 22h33
Eh ben je viens juste de me lancer dans "l'obscurité du dehors" du Monsieur, et je dois dire que je suis assez accroché. Un certain classicisme avec de soudaines ruptures, une capacité à cerner cette poésie "redneck". Je vais surement rebondir sur celui-ci ensuite! A+!

Ned
Commentaire n°5 posté par NedLabs le 18/08/2008 à 23h24
Excellent !! Tu imagines ben que je vais de ce pas donner le lien vers ton très bon billet sur mon blog .
Et je ne peux que te conseiller de lire la suite de la trilogie , qui va vers une épure magnifique pour se conclure avec Des villes dans la plaine , qui est peut-être le plus beau livre que j'aie jamais lu ...
Commentaire n°6 posté par daniel le 19/08/2008 à 12h06
Salut SysT, déjà de retour ;-)
Je dois avouer n'avoir jamais eu le courage de lire ce bouquin, après avoir souffert pendant le visionnage du film, une des rares fois où j'ai failli quitté la séance en cours en courant.

@++
Commentaire n°7 posté par Thierry le 19/08/2008 à 12h38
Ned : Poésie redneck, c'est joli, ça! Je dois dire que je suis loin d'être un féru de chevaux et d'histoires du genre, mais avec McCarthy, c'est écrit avec une telle "grâce" que finalement, c'est secondaire...

Daniel : Je te remercie de m'avoir motivé à me lancer là-dedans... et c'est clair qu'outre La Route ou encore No Country for Old Man, la suite de la trilogie est dans ma ligne de mire :-)

Thierry : Ah oui, mais l'adaptation au cinéma n'est pas top... McCarthy te fera sauter au plafond, éventuellement, mais pas pour les mêmes raisons!
Commentaire n°8 posté par SysTooL le 19/08/2008 à 13h10
Pas évident d'adapter des livres si particulier au cinéma...
Par contre cet auteur a probablement inspirer d'excellents documentaires ! 
Commentaire n°9 posté par Sycophante le 21/08/2008 à 10h49
LES ANNEES EST UN CHEF-D'OEUVRE ET C'EST TROP LA HONTE D'AVOIR UN BLOG OU ON PARLE DE LIVRES MAIS PAS DE CELUI-LA !!!!!!
Commentaire n°10 posté par Thom le 02/09/2008 à 20h24
Syco (oups, j'ai manqué ton comm) : je ne sais s'il a inspiré bcp de documentaires, en fait...

Thom : Certes :-)
Commentaire n°11 posté par SysTooL le 03/09/2008 à 21h39
Je crois que je vais suivre le guide : je me dirigerai plutôt vers le livre que vers le film (tu confirmes mes craintes)...
C'est que ça a vraiment pas l'air pas mal... l'oeuvre du McCarthy.
Bonne fin de semaine à toi doc' ;-)
Commentaire n°12 posté par D&D le 11/09/2008 à 01h11
D : Je te propose d'en discuter également avec Bif et Daniel qui connaissent nettement mieux l'oeuvre de McCarthy... en tout cas, vu que tu sembles avoir apprécié No Country, c'est plutôt bon signe...
Commentaire n°13 posté par SysTooL le 11/09/2008 à 14h10
Du même auteur, je n'ai lu que "Méridien de Sang", un long western sanglant au style impressionnant, mais qui m'avait laissé un peu perplexe. Les personnages n'exprimant jamais aucune émotion, passaient tout le récit à tuer toute forme de vie humaine et animale (un vrai carnage...), ce qui m'avait paru lassant passé 200 pages. Je me demandais justement si "De si jolis chevaux" était plus intéressant...
Commentaire n°14 posté par david le 13/09/2008 à 20h49
David : Alors c'est clair que les personnages sont très renfermés aussi dans celui-ci, par contre, il est nettement moins sanglant. Du coup, il devrait peut-être davantage te séduire...
Commentaire n°15 posté par SysTooL le 14/09/2008 à 19h57
c'est exactemetn ce que disait clash ds la critique du film: roman brillant mais adaptation ciné plate et ennuyeuse comme tu le soulignes également ds ta chronique.
Commentaire n°16 posté par eelsoliver le 06/06/2009 à 13h55
Tout à fait!
Commentaire n°17 posté par SysTooL le 06/06/2009 à 13h59
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