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Je tente depuis le mois d'avril 2005 de vous exposer mes passions en matière de musique, surtout rock et jazz, mais aussi mes coups de coeur cinéma et littéraires. Ce blog a une fonction de plate-forme afin que d'autres internautes partageant les mêmes centres d'intérêt (ou étant simplement curieux) puissent interagir. Vous remarquerez qu'il existe des lecteurs qui vous permettent d'écouter gratuitement des chansons (mp3, flash) ou de visualiser des clips. Bon surf, profitez bien et n'oubliez pas qu'un petit mot de votre part est toujours reçu agréablement...

 

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Mercredi 23 juillet 2008

En marge de la bataille futile et caricaturale entre les côtes Est et Ouest des Etats-Unis, les Sudistes de OUTKAST font figure de pilier du hip hop moderne, faisant leur le principe selon lequel la musique est avant tout une question d'expérimentations et d'émotions et alignant les classiques avec une facilité déconcertante. Big Boi (Antwan André Patton) et Dre (André Benjamin) vadrouillent depuis six ans lorsque paraît Aquemini, une bombe à retardement pleine comme un oeuf : 16 titres sans aucun faux pas pour un voyage aux confins du rock, de la soul et de la psychedelia. Les extraterrestres d'Atlanta nous avaient déjà prévenu avec ATLiens (1996) mais sur ce 3ème opus, l'amalgame de leur deux personnalités excentriques atteint un nouveau sommet. Ready for a Ride?

 



Après l'introductive Hold on, be strong toute en arpèges de guitare et voix lénifiantes, on attaque véritablement la galette des rois du hip hop avec Return of the « G », qui exploite magnifiquement un sample tiré de la BO de Midnight Express, signée Giorgio Moroder. Dre et Big Boi n'ont pas leur pareil pour nous pondre des lyrics incisives et des refrains empreints de mélancolie. Dans une veine plus festive malgré son titre en référence à l'une des premières femmes à s'être battue contre la ségrégation raciale aux USA, Rosa Parks dévoile son hook dansant ainsi qu'une rythmique enregistrée à Flushing Meadow (elle claque comme une balle de tennis, quoi). Mention spéciale à l'intermède ambiance cow-boy et harmonica. Raekwon s'invite sur le cocktail molotov intitulé Skew it on the Bar-B, soient trois minutes qui résument parfaitement la recette de ce que devrait être une tranche de hip hop bien juteuse. La « title track » Aquemini pointe le bout de son nez, en référence au signe astrologique de Big Boi et André : verseau et gémeaux (Aquarius + Gemini = Aquemini), ce qui explicite la relation fusionnelle des deux rappers dont le talent se multiplie du moment qu'ils collaborent ensemble, un peu à l'image de Lennon et Macca. Néanmoins, on constatera que sur le double album Speakerboxxx / The Love Below, datant de 2003, chacun a enregistré de son côté et le résultat s'avère également probant, quoiqu'un peu dispersé pour Dre.

 



Le P-Funk atteint son paroxysme sur Synthesizer, une complainte spatiale sur la superficialité de l'individu et l'aspect éthique du « progrès à tout prix » qui voit invité George Clinton, mentor de PARLIAMENT / FUNKADELIC et influence notable pour OUTKAST. L'album se poursuit avec Slump et West Savannah, deux titres plus old school menés d'une main de maître par Big Boi. On notera d'ailleurs qu'Aquemini contient de courtes saynètes (délires entre potes, conversations téléphoniques) qui viennent s'intercaler entre les chansons, mais qu'à la différence de Stankonia, ces skits ne font le plus souvent pas l'objet d'une piste à proprement parler sur le CD. Le second single, Da Art of Storytellin' (Part 1), exploite une rythmique entraînante et un refrain composé de choeurs soul, tandis que la deuxième partie met en valeur le flow décapant de Dre et Big Boi, accompagnés par une ligne de piano aussi simple qu'efficace. Le dernier tiers de Aquemini est formé de titres qui s'étendent autant au niveau du chronomètre que des territoires qu'ils explorent : sur SpottieOttieDopaliscious, on est bercé par une atmosphère chaloupée et des brass debonnaires, tandis que Liberation n'est rien de moins qu'un long poème récité par le duo d'Atlanta ainsi qu'Erykah Badu, alors compagne d'André Benjamin, ou encore Cee-Lo (la voix de GNARLS BARKLEY), le tout avant une belle improvisation jazz au piano. Le LP se conclut sur la tonitruante Chonkyfire, agrémentée de guitares wah wah et d'un clavier martial qui se mue en piano durant le couplet de Big Boi. Une claque supplémentaire (qui fait le pont avec Gasoline Dreams introduisant l'album suivant) pour un LP qui aurait pu être baptisé « distributeur automatique de baffes » tant la qualité est constante! Ce n'est pas pour rien que Aquemini a bénéficié de critiques dithyrambiques lorsqu'il parait en 1998 et qu'OUTKAST est considéré comme un fer de lance de la scène rap, réussissant le pari toujours difficile de satisfaire à la fois la presse et le public. Quel que soit le domaine musical et même artistique en général, il existe des esprits qui ont su repousser les limites du genre. Au même titre que les BEATLES ou PINK FLOYD, le joyeux lurons d'OUTKAST, de par leur message universel d'amour absolu, de sagesse et d'humour, nous proposent une musique qui va au-delà des sens et des mots. C'est pourquoi il faut parfois se taire... et écouter.


You are now about entering the fifth Dimension, our only Intention is to take you high

(OUTKAST, Chonkyfire)

 


OUTKAST – Aquemini (La Face Records, 1998)


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Ma chronique de Stankonia

 

 



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