Top of the Flops of the Pops of the Blogs : Frank Zappa

Publié le par Systool

Thom a fort gentiment proposé à la communauté de blogueurs « Rock Over-Blog et compagnie » (son vaste lectorat, quoi) de présenter un album considéré comme un classique de la musique rock, la crème de la crème, l'intouchable et inébranlable monument... et de le descendre sans sommation. On retrouve là l'esprit pervers de ce cher Golbeur qui lira avec son sourire sadique les chroniques de ses collègues et néanmoins amis, contraints qu'ils sont de cracher sur des musiciens qu'ils adorent. Jusqu'à présent, il faut bien dire que malgré la qualité manifeste des articles, senso strictu, les sujets n'étaient pas vraiment à la hauteur. Je veux dire, qui oserait en 2008 défendre JOY DIVISION, le VELVET UNDERGROUND ou encore ALAIN BASHUNG (quitte à rédiger un article de mauvaise foi, autant y aller tout de suite)? C'est qui, Bashtruc, d'ailleurs? Autant déverser son venin sur Billy Crawford ou Shym. C'est gratuit. Comme disait Groucho Marx, faire l'amour à sa femme, c'est comme tirer un canard endormi. Je complèterais la sentence en disant : descendre Bob Dylan, c'est comme faire l'amour à un canard endormi. Bien sûr, dans un élan de globalisation, GT a essayé de reprendre toute l'histoire du rock, risible rien qu'à l'évocation de ses noms les plus... illustres, et de la démolir en la comparant aux maîtres du jazz, du blues... et de la Musique classique. C'est comme composer un essai sur Marc Lévy et Guillaume Musso et les placer dans la même phrase que Henry James et Jorge Luis Borges. Oubliez la fracture numérique, accueillez la fracture mélodique. Le Quart-Monde contre Paris Hilton. L'Axpo Super League suisse face à la Champions League (sic). Surtout qu'un musicien, si vous me passez l'expression, comme Frank Zappa, a déjà en 1966 enterré le rock en piochant allègrement chez Stockhausen, Stravinski et d'autres gaillards aux noms imprononçables. Mais ceci ne l'a pas empêché de nous livrer, 25 ANS DURANT, pas moins de 40 albums aussi indigestes que futiles. Comme quoi, en croyant éviter les erreurs des autres, on se vautre d'autant plus. Heureusement qu'il est mort d'un cancer de la prostate à 53 ans, sans quoi il nous casserait encore les oreilles avec sa daube.

 

1966 : l'heure de la reconversion a sonné

 


Il faut dire qu'avec une gueule pareille, il n'avait pas grand chose d'autre à foutre que de s'enfermer chez lui et de composer ses « oeuvres ». Sa diarrhée discographique chronique débuta donc avec Freak Out!, sorte de manifeste poppy débilissime et dont des abrutis comme PAVEMENT se sont gavés jusqu'à l'étouffement. Absolutely Free poursuit le travail de sape avec des merdes comme Brown Shoes don't make it, 7 minutes de calvaire auditif produit avec les pieds, Call any Vegetable et son yodle qui ferait pâlir tout tyrolien qui se respecte ou encore des étrons beatlesiens tels que Status Back Baby. Oui, parce que le moustachu est un comique. Il parodie les autres, incapable de produire lui-même quoi que ce soit de valide. D'ailleurs, osons quelques mots sur ses adjudants, les crétins MOTHERS OF INVENTION, dont certains savaient à peine brancher un ampli et qui avaient tout d'abord choisi le subtil patronyme de MOTHERFUCKERS. Ah c'est fin! Et ça se réclame dignes héritiers de Edgard Varese. Inutile de passer en revue chacune des galettes mal cuites de l'oncle Z, sous peine d'y passer la nuit. Contentons-nous de parcourir rapidement les différentes périodes du mousquetaire ritalien. Ah ben oui, parce que Monsieur, tel les PINK FLOYD ou les BEATLES, est passé par plusieurs phases. Il a évolué. Avouez que ça en jette, hein. Ca fait tout de suite « vrai musicien ». Versatile et tout et tout. Comme l'autre charlot de Bowie ou les neurasthéniques RADIOHEAD.

 


Encore une fléchette gratuite dans l'oeil de Macca et John, avec We're only in it for the Money, qui reprend la pochette et la « philosophie » des 4 garçons dans le vent, version Doctor Pepper's and the Lonely Stomachs Coca Band. Ah parce que tu veux nous faire croire que tu joues gratos, toi? C'est surtout que t'as rien trouvé de plus tranquille à foutre que de gratouiller une guitare. Va jouer de la truelle ou malaxer de la pâte à pizza, pour voir. Les choses se corsent en 1969, lorsque le gaillard commence à sérieusement allonger la durée de ses méfaits. Uncle Meat, par exemple, contient d'inter-minables morceaux de dialogues totalement dispensables d'un film qu'il projetait de réaliser avec ses losers de potes. C'est bien digne de Zappa, ça. Toujours en dêche de thunes, avec des projets foireux dont personne ne veut. Tu t'es jamais dit que si tes pseudo-idées ne dépassaient pas le stade d'ébauches, c'est tout simplement parce que c'était à chier? Non, évidemment, c'est juste que dans le business, c'est tous des pourris. Evidemment, sans quoi, moi aussi, j'aurais déjà écoulé 10 millions d'exemplaires du Gueusif version la Pléiade. L'autre piaf décide alors de jouer du jazz et nous balance des trucs aux noms aussi stupides que lui : Hot Rats, Waka/Jawaka, The Grand Wazoo. Non mais franchement, vous vous imaginez demander une copie de l'album Waka/Jawaka au caissier de ce magnifique disquaire qui s'appelle la FNAC? Il va surtout vous foutre dehors sans ménagement. Bref, la liste est encore immensément longue. Même les amateurs les plus fervents de ce rigolo n'ont jamais écouté en entier tout album paru après 1973. Ils se contentent de dire, d'un ton hautain, Oui, j'adore le troisième mouvement de « Inca Roads » dans la version live à Helsinki en 1988. Pourquoi pas aller jouer à Tombouctou, tant qu'il y est? Au moins a-t-il la décence de se produire assez loin de toute activité humaine. Y en a qui bossent, quand même.


Le plus drôle avec Zappa, c'est qu'il se réclame un musicien, un vrai, et qu'il n'a cessé de taper sur le rock mais au fond, si jamais vous cherchez à vous procurer l'un de ses hideux albums (afin de les brûler, j'imagine), c'est tout de même au rayon ROCK que vous risquez de les trouver. Certes, il faut déjà dénicher un disquaire qui n'a pas froid aux yeux pour oser proposer une telle chiotte. Ouf, les grandes surfaces ont quasiment terminé leur travail d'éradication, si bien qu'on m'informe, dans l'oreillette, que le Poitou-Charentes, l'Aquitaine et le Languedoc-Roussillon sont fiers d'annoncer qu'il n'existe plus aucune copie de tout ce qui concerne Frank Zappa sur leur territoire. Continuons ainsi, mes frères. La lutte est encore longue. Donc, je disais que ce type est un rockeur, par la force des choses. Sauf qu'il n'a même pas une once de transmission synaptique pour adhérer à sa sainte trinité : Sex, Drugs et Rock'n'Roll.

 


Question Sex, on imagine mal comment, muré dans sa (bat)cave, il pouvait avoir la moindre aventure avec un être vivant, quelle que soit l'espèce, d'ailleurs. Il a bien trouvé une femme qui a eu la bonté de lui préparer ses mets favoris : des hot dogs et des sandwiches au beurre de cacahuètes. Monsieur est un fin gourmet. En plus d'affubler ses mioches de noms parfaitement débiles (Ahmet, Dweezil et, cerise sur le gâteau, Moon Unit), il se fera gauler par sa femme qui le surprendra à fricoter avec une obscure claviériste qui a, au passage, composé la mélodie de Camarillo Brillo. Zappa, en plus d'avoir tiré son coup, s'est approprié la chanson. Un goujat doublé d'un mufle, en somme. Bref, avec une moustache pareille et un physique de gringalet, on pouvait difficilement l'imaginer en tombeur de ces dames. Tout au plus tombaient-elles dans le coma après avoir senti son haleine putride de trop près. En effet, ses sbires n'ont pas manqué de se moquer de son hygiène buccale précaire dans Dog breath Variation (tapez Zappa Bad Breath sur Google, pour voir). Il faut dire que le régime café, clope et hot dog n'a jamais été synonyme de réussite.


Au chapitre Drugs, on tombe encore plus bas, puisque Zappa, outre le fait d'être un individu prétentieux et suffisant, se faisait passer pour un officier de la Gestapo dans son studio. Chichon interdit, sous peine de devoir renifler ses aisselles pendant toute la durée du solo de Willie the Pimp (7 minutes). Il aurait été judicieux d'envisager que la personne qui a commis de telles insanités se trouve sous l'effet d'une quelconque drogue. Au moins, il aurait une excuse et pourrait entraîner au passage une horde de hippies éberlués dans son trip mystique. Et bien non. Le type est tout simplement siphonné de nature. Qui sait, peut-être que de telles substances auraient été bénéfiques, provoquant un resetting, comme on dit en milieu psychiatrique (d'où je rédige ces quelques lignes).

 

"Ah, tiens, y a une mouche sur mon manche..."

 


Le Rock'n'roll, on en a ma foi déjà parlé. Ajoutons cependant que plusieurs individus fort lucides ont failli interrompre prématurément la torture que Frank Zappa nous a infligés (The Torture never Stops, braillait-il, prophétique). Ainsi, en décembre 1971, au Rainbow Theater (Londres), un quidam le flanque en bas de la fosse alors qu'il interprétait, dans un élan de frustration, sans doute, I wanna hold your Hand des Blattes malades. Le vol plané provoque de multiples fractures cervicales, mais la bête est coriace. Le mieux étant l'ennemi du bien, comme disait Adam Sandler, cette chute causera à Zappa des lésions de la trachée, signifiant que dès ce moment, il chantera encore plus mal qu'avant. Quelques jours plus tôt, les « merdes » de l'Invention manquèrent de griller comme des poulets alors qu'ils s'exhibaient à Montreux. Cette anecdote plut tellement aux pompiers DEEP PURPLE (qui pendant ce temps devaient tringler des groupies dans leur loge, eux!) qu'ils s'en inspirèrent pour la composition du classique Smoke on the Water, confirmant par la même occasion le manque d'opportunisme de Zappa. Ce dernier a malgré tout pu compter sur quelques abrutis pour se maintenir à flot du point de vue économique, puisque c'est la concrétion fécale de Valley Girl ou Dancin' Fool qui lui a permis d'amasser quelques dollars pour payer la location de son studio minable. A noter que, ironie du sort, ces titres ne figurent même pas dans la playlist mp3 des disciples les plus fervents du gourou à moustache. Ces apôtres ébahis vont d'ailleurs jusqu'à modifier le nom de certains fichiers afin de ne pas passer d'emblée pour des psychopathes, honteux des accointances scato-gérontophiles de Zappa. Jugez seulement : Alien Orifice, Porn Wars, Don't eat the yellow Snow, Aerobics in Bondage, Cock-Sucker's Balls, Why does it hurt when I pee?, I have been in you... j'en passe et des meilleures.


Bref, tout ceci tend à démontrer que Frank Zappa ne peut même pas se targuer d'être un musicien de rock, entité pourtant inférieure à la plupart des styles musicaux (comme en atteste ce blog). Imbécile heureux, il osait encore affirmer qu'il n'avait aucune coordination entre ses jambes et ses bras, ce qui a mis fin de façon éphémère à sa carrière de batteur. Encore plus fort, il n'a jamais su jouer de la guitare et chanter en même temps. Quand on sait que des attardés comme Keith Moon et Jimi Hendrix sont considérés comme des références en la matière, on se rend compte du niveau de l'énergumène à l'impériale. Ainsi, Zappa se doit d'être qualifié de brasseur de vide, de vulgaire plagieur se vautrant dans l'illusionisme sonore, le nihilisme mélodique et la vacuité textuelle. Hurlant à qui veut l'entendre qu'il s'inspire des grands compositeurs classiques, il n'a en vérité qu'accumulé des séries de flatulences pestilentielles dont, paraît-il, une fraction conséquente est encore enfouie dans les tréfonds de sa bicoque et inconnue du public. Prions pour qu'un tremblement de terre et une éruption volcanique (à Baltimore, on peut toujours rêver) enfouissent à jamais ces vulgaires éructations dans les profondeurs de la terre.

 

 

La Liste des articles du Concours Top of the Flops of the Pops of the Blogs

Publié dans Rock Legends

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Systool 12/06/2010 11:48



Dommage que tu t'arrêtes à un constat primaire et épidermique. Si tu avais pris le temps de lire les commentaires, plusieurs de mes articles sur Zappa ou le fonctionnement du Top of
the Flops, tu aurais saisi qu'il s'agissait d'un article ironique, puisque je suis un grand fan de Zappa, en réalité... il faut juste savoir prendre un peu de recul de temps en
temps...



L'ironie est pourtant un élément majeur de la musique de Frank Zappa, dommage que tu sois passé totalement à côté... et que tu sois vulgaire, par ailleurs!



Scalix 11/06/2010 22:22



Mon dieu, quel ramassis de conneries. Tu ne connais rien à la musique. You're an asshole, comme dirait Frank Zappa



SysTooL 30/05/2009 11:23

Oui, comme tu l'auras compris, il s'agissait d'un "bête" exercice de style et si cela a suscité une réaction de ta part, c'était finalement mon intention. Donc, en résumé, Zappa est probablement le musicien que j'admire le plus. Je ne dirais pas la même chose au niveau, ne l'ayant jamais trouvé (et lui non plus) très bon...Par contre, ton "article de merde" m'a un peu vexé... ;-)

pwiffumpf 30/05/2009 07:26

j'avoue que ça m'a secoué de lire une critique aussi destructive (j'ai même pas été capable de lire jusqu'au bout!), Zappa est un de mes chanteurs préférés.Sur le coup je me suis dis qu'il fallait riposter à cette injustice! mais avant de faire j'ai lu les commentaires en rapport à cet article de merde et ça m'a rassuré de voir que tu ne pensais pas vraiment tout ce que tu as écrit. Et pourtant même si c'était le cas, tu aurais tout à fait droit à ton opinion.Ceci étant dit, il n'a pas toujours été très accèssible et pour être honnéte je n'aime pas tout ses albums (mais presque!). Musicalement, il s'est toujours foutu de tout se qui se faisait autour de lui.En fait, c'est probablement ce qui me plait le plus chez Zappa...

SysTooL 18/08/2008 14:44

D : Non, pas l'intégrale car avec Zappa, c'est tout bonnement impossible... je sais pas combien de dizaines d'albums sont parus... et ça continue, avec qu'il est mort il y a quinze ans... mais effectivement, lors de la rédaction de cet article, je me suis par moments presque taper sur les doigts pour ne pas écrire certaines choses ;-)